Louis Nègre
Maire de Cagnes-sur-Mer
Le Conseil Municipale
l'exposition de
Gérard Taride
NOTES INTERDITES
Simone Dibo-Cohen,
commissaire d'exposition,
commissaire d'exposition,
Frédéric Masquelier,
Maire de St Raphaël et président d'Esterel Côte d'Azur Agglomeration, le Conseil Municipal
et
Simone Dibo-Cohen
Présidente de l'UMAM
Commissaire d'Exposition
Salle d'exposition RAPHAËL,
Centre culturel Georges Ginesta
Place Gabriel Péri, St Raphaël
Exposition ouverte du 10 février au 4 mai 2024 - Entrée libre
Renseignements : 04 98 11 89 00
Du 10 février au 4 mai 2024, Saint-Raphaël accueille les œuvres du plasticien, performeur et réalisateur Cédric Tanguy. Après sa participation remarquée à l’exposition d'art contemporain « ExodeS » à l’été 2022, l’artiste renouvelle son expérience raphaëloise pour un solo show.
Fresques photographiques monumentales, installations, photos, sculptures : une quarantaine d’œuvres seront à découvrir au Centre culturel. Rencontre avec un artiste prolixe et passionnant !
C’est suite à ma participation à l’exposition collective « Exodes », proposée à la ville de Saint-Raphaël par Simone Dibo-Cohen, présidente de l’UMAM (Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne), que je renouvelle cette expérience raphaëloise, pour un solo show à nouveau commissionné par Simone Dibo-Cohen. Je suis accaparé depuis des années par des commandes publiques pour des municipalités, ayant pour but de faire participer l’habitant à des projets pédagogiques socioculturels qui mettent en valeur le patrimoine et ses occupants.
Je cherche à présent à redévelopper ma démarche artistique personnelle, à retrouver des thématiques qui me tiennent plus à cœur. Le titre de cette exposition, « Décors en corps, des corps encore ! » est assez évocateur. On y retrouve les thèmes de la représentation humaine, du portrait et du paysage, hybridant le selfie, le soi et sa posture avec son environnement. Les œuvres présentées se déclineront sur plusieurs axes autour de la représentation du corps, (portrait ou silhouette humaine) et du décor : Corps en chantier, en construction, en croissance (adolescence). Corps en ruine, en destruction, en décrépitude, (vieillesse). Corps en reconstruction, en transformation, en mutation…
Cette exposition pose un regard poétique et allégorique sur nos jeunes et sur nos aînés, la mémoire, les effets du dérèglement climatique, et la fin d'un monde.
Léonard de Vinci, Hubert Robert, Arnold Böcklin, et une autre référence incontournable, une fois de plus très présente dans ce projet, l'inévitable Caspar David Friedrich auquel je rends hommage tous les ans dans au moins l'une de mes créations.
Trois grandes installations mélangeant photos, volumes, caissons lumineux, dont une installation avec les portraits de 12 séniors, majoritairement de la résidence Domitys ; 3 grandes fresques photographiques monumentales représentant une cinquantaine de jeunes du Lycée Saint-Exupéry pour la plupart ; une statue d'environ 3m30 de haut présentant un costume sculptural, ainsi qu’une série de photos de grandes dimensions et d’autres de plus petits formats.
En grande majorité oui, mis à part 4 ou 5 œuvres qui serviront d'introduction. Étant donné que mon mode de fonctionnement s'appuie souvent sur un processus de création similaire à l'effet d'un jeu de dominos, à savoir qu'une œuvre répond à l'autre et que s'instaure ainsi une certaine chronologie, les premières pièces visibles dans la scénographie permettront de mieux comprendre le reste de l'exposition.
À chaque vernissage, j'aime voir mes efforts récompensés en ressentant la satisfaction des participants au projet. Les voir euphoriques se découvrant dans une œuvre, c'est toujours gratifiant, surtout quand ils reviennent avec leurs amis ou leur famille et que par effet boule de neige, ils veulent à leur tour participer à un futur projet. J'aime susciter cet effet boule de neige, quand le jeu de domino ne s'arrête pas là. J'ai vécu 9 ans sur la Côte d'Azur, jusqu'en 2012. À chaque fois que j'ai quitté une région, j’ai été rappelé 10 ans après pour y organiser un grand come-back. Il est temps que cette expo ouvre la porte vers un retour dans le sud, qu'elle puisse servir de tremplin pour lancer une nouvelle série de solo shows sur la Côte d'Azur. Comme je n'aurai pas le temps de concrétiser toutes les idées que j'avais en tête pour cette exposition, ni de représenter tous ceux qui ont été photographiés dans la rue, "Un décor en corps, Acte II" va devoir s'imposer. Mais où ? Je l'ignore encore.
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| Patri-matri-moine de Saint-Raphaël |
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| Sainte Simone |
Exposition: du 8
Dix ans après sa dernière exposition à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Ron Mueck revient pour nous faire découvrir de nouvelles oeuvres, mêlées à de plus anciennes, toutes aussi magistrales les unes que les autres (dans tous les sens du terme). Il faut dire que ses oeuvres sont particulièrement fascinantes voire dérangeantes pour certaines…
En effet, ses oeuvres, pour la plupart, à l’exception de quelques unes, ont des dimensions déconcertantes, comme cela fut le cas, en 2001, pour sa sculpture, Boy (1999), présentée à la 49e Biennale de Venise et qui représentait un adolescent accroupi de cinq mètres de haut.
Mais revenons, à son exposition actuelle à la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Une des pièces majeures est sans aucun doute, Mass (crée en 2017). Il s’agit d’une installation monumentale d’une centaine de crânes qui s’amoncellent de manière semble-t-il désordonnée, de part et d’autre de la salle principale de la fondation. Le visiteur déambule entre les crânes, regardant les quelques différences (car oui il y a des différences), preuve, pour lui, qu’il s’agit d’un amas d’individus….Une impression de catacombes sans être dans les sous-terrains où d’habitude elles se trouvent.
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| "Mass" Ron Mueck, (2017) |
Parmi les autres oeuvres marquantes présentées, il y a celles, comme A Girl (2006) et Baby (2000) sur l’anatomie du corps humain, criantes de vérité. Au point que l’on se pose la question, s’il ne s’agit pas de « sculptures animées » et qu’une fois le dos tourné, le nouveau-né comme le jeune
garçon vont retourner à leurs préoccupations…
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"Baby" Ron Mueck (2000)
Pour ma part, en dehors de Mass, deux oeuvres m’ont interpelée.. Il s’agit de Untitled (Three dogs) (2023) et Man in a Boat (2002). Ces oeuvres laissent libre cours à l’imagination du visiteur, laissant une multitude d’interprétations possibles selon la perception qu’il en aura… En effet, percevoir c’est donner
une signification aux choses, aux objets, aux situations. Or cette perception, en dehors du traitement sensoriel brut des informations visuelles, se fait aussi selon nos attentes, notre culture et même notre état d’esprit du moment…
La sculpture Untitled (Three dogs) (2023) représentant trois chiens de taille monumentale. Ils peuvent, selon notre interprétation, notre passé, nos peurs, tout aussi bien, paraître menaçants et faire référence à « nos peurs enfantines ». Mais aussi ils peuvent paraître protecteurs comme des gardiens, voire de gargouilles qui nous protégeraient contre le mal. Les « jeunes » (et moins jeunes) fans d’Harry Potter peuvent y voir les monstres contre lesquels le jeune sorcier doit se battre afin de faire « triompher » le
bien contre les "forces du mal » de celui dont on ne prononce pas le nom Voldemort.
La sculpture Man in a Boat (2002) est entourée de mystère, d’autant qu’elle est présentée seule dans une pièce relativement sombre. Elle est même, j’ose le dire, angoissante. Où va cet homme sur sa barque avec ce regard dans le vide tourné vers l’horizon? Vers un avenir meilleur ? Un avenir sombre ? Vers l’incertitude ? Après tout, sait-on ce que nous réserve demain? Ou est-il en train de faire son voyage vers l’au-delà afin de rejoindre le royaume des morts, faisant ainsi référence, de manière imagée, à la mythologie égyptienne et à sa « barque sacrée ». D’après les « récits », le voyage en barque était nécessaire pour passer d’un monde à l’autre.
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"Man in a boat" Ron Mueck (2002)
Enfin, une fois n’est pas coutume, cela mérite donc d’être signalé, Ron Mueck a accepté de présenter une oeuvre encore inachevée. Il s’agit de This Little Piggy (2023).
L’exposition Ron Mueck ne laisse pas indifférent. Elle fait référence aux différentes facettes de notre personnalité, ou plutôt de notre moi intime, voire de notre « ça » pour reprendre la terminologie de Freud. Mais ceci est peut être, seulement, dû à la signification que j’ai voulu lui donner… Il se peut que la vérité soit ailleurs…. Mais dans le monde de l’art contemporain, il est encore possible de laisser libre cours à ses interprétations, car, comme pour la vérité, il n’y a pas une seule explication possible mais il y en a plusieurs….
Celia Mores,
Membre de l’UMAM
Fondation Cartier pour l’art contemporain
261, Boulevard Raspail
75014 Paris, France
| Image : Gouri Mounir - "Naufrage (Shipwreck)" |
Le mot exode (ex : en dehors, hodos : route) pourrait être traduit comme « en dehors de la route », ce qui est paradoxal car l’exode, c’est ce qui met sur les routes. En fait, ce mot a pris plutôt le sens de « hors de soi », hors de son pays. Au delà de l’arrachement à sa terre natale et des souffrances de la route, l’exode implique la perte de repères, de modes de vie, de senteurs, de couleurs, de goûts.
Après le nomadisme des chasseurs-cueilleurs, c’est à l’époque des premières cités néolithiques hiérarchisées et regroupant un grand nombre de personnes que sont probablement nés la xénophobie et le rejet de populations.
Le livre de L’Exode est le deuxième livre de la Bible, il raconte la fuite dans le désert de tribus juives persécutées et esclavagisées ayant choisi un dieu différent que celui imposé en Égypte. C’est le récit de leur errance sous la conduite de Moïse, porteur du message de Dieu, qu
i doit les mener dans un pays « débordant de lait et de miel ».
Du livre de L’Exode se détachent trois grands thèmes : l’oppression incitant au départ, la route et ses dangers et l’arrivée dans de nouvelles terres, souvent hostiles, où il faudra s’adapter ou qu’il faudra conquérir.

Si l’exode puise ses origines à l’aube des temps humains, il est toujours dans l’actualité et risque de l’être de plus en plus avec la montée des eaux due au réchauffement climatique
Si l’image dominante de l’exode est actuellement celle de la traversée de la Méditerranée (très présente dans l’actualité), la plupart des déplacements de population ont eu lieu plutôt à pied, lors de marches interminables, alourdies de bagages, de charrettes, objets qui symbolisent le déplacement...La ville de Saint-Raphaël dans le Var propose un parcours d'art contemporain dans 8 lieux différents sur le thème difficile des exodes. Jusqu'au 30 septembre, 85 artistes de 15 nationalités différentes donnent leur vision de ces parcours humains souvent tragiques.
Un bateau surchargé comme un radeau de survie ! Des migrants qui déambulent sans visage avec une seule valise emportant avec eux leur monde d’avant… c’est l’une des nombreuses œuvres exposées à la Villa des Myrtes.
Le parcours d’art contemporain, visible dans huit lieux à Saint-Raphaël, rassemble une belle diversité de la création artistique.
A l’origine, l’exposition devait évoquer l’anniversaire de la guerre d’Algérie et les Harkis. Mais très vite, l’équipe municipale a décidé de généraliser ce thème à l’ensemble des migrations. C’est pourquoi ce parcours se nomme ExodeS avec un S majuscule.
Mais comment réussir à figurer ces traversées tragiques de la Méditerranée ou des océans du bout du monde ? La mairie de Saint-Raphaël a mandaté Simone Dibo-Cohen pour réunir le maximum de talents. 85 artistes ont répondu à ce thème imposé qui entre en résonance avec l’actualité comme avec le passé.
| Romain Langlois, La mer rouge, performance le soir du vernissage |
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| Simone Dibo-Cohen |
Visionnaire non, malheureusement on ne peut pas parler d’exode sans parler de politique. L’exposition présente 85 artistes engagés de 15 nationalités différentes. Leurs œuvres sont sincères et réactives. Soit l’œuvre est dans le thème de prédilection de l’artiste, soit ce sujet a inspiré à l’artiste une réflexion d’ordre politique, religieux ou climatique, qu’il eut à cœur personnellement de développer et a aiguisé son envie de créer.
Non pas vraiment, les statuts de l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne de 1946 établis selon le souhait de Bonnard et Matisse s’adressaient, il y a plus de 75 ans, aux artistes de moins 40 ans. Ils ont été modifiés, adaptés à notre époque. Ouverts à d’autres disciplines.
Pour moi, ExodeS est une suite logique à l’exposition de 2019, « Liberté, liberté chérie » à l’ancien bagne, l’Espace Lympia de Nice. Lorsque le maire de Saint- Raphael m’a informée de son désir de célébrer l’indépendance de l’Algérie, il y a 60 ans, pour nous le thème a été retenu d’emblée.
Cette fois-ci, il s’agit d’une exposition exceptionnelle, d’envergure internationale, dépassant le territoire méditerranéen. Il m’a même été difficile de refuser bon nombre d’artistes tellement le sujet les avait motivés et leur travail était pertinent. Cela reste un regret mais à moment donné, il faut savoir clôturer les inscriptions.
Plutôt témoignage, non, pas une mise en garde sauf pour le climat car beaucoup d’artistes se sont penchés sur le réchauffement climatique avec ses conséquences. C’est un constat. ExodeS est une manifestation culturelle, émotionnelle et percutante au service de l’histoire de toutes les sociétés depuis la naissance de l’humanité dans son berceau africain. Conscient de l’importance de cette exposition, le maire m’a accordé tous les espaces que je souhaitais avec en plus des containers pour donner une identité contemporaine. Des lieux non attribués à des expositions ont été remaniés, repeints, cloisonnés, sécurisés pour le public et les œuvres.
Au départ je vais chercher des artistes qui sont dans le thème, en fonction de leur travail d’ensemble, ou même d’une œuvre en particulier. Ensuite j’élargis mon champ aux artistes dont j’aime le travail en règle générale, je leur demande de créer s’ils sont motivés par le thème. Quoiqu’il en soit les œuvres doivent être créées en fonction des lieux. Après avoir choisi tous les artistes et leur travail, reste celui de la mise en scène. Je travaille sur plan en faisant des visites sans cesse dans les lieux que je vais occuper. Le plus dur reste à faire quand les œuvres sont là, c’est la scénographie.
La difficulté pour cette exposition c’est le nombre de lieux. Tous sont différents, certains éloignés des autres auxquels il faut donner un esprit, une âme. L’intérêt est que le public puisse apprécier la diversité et la pertinence des œuvres et que toutes soient mises en valeur, et de façon équitable et eurythmique.
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| RANCINAN Gérard Le radeau des illusions Photographie |
Déjà par les artistes algériens pour être en accord avec le souhait de la municipalité, puis par les œuvres qui m’avaient interpellée, « Le radeau des illusions » de Gérard Rancinan, l’installation « Road to exile » de Barthelemy Toguo, qui vient d’être exposée au quai Branly et… petit à petit …
L’espoir, dites-vous ? Regardez ce qui se passe en Ukraine, ce que l’on n’aurait jamais imaginé qui puisse se reproduire. L’espoir, dites- vous ? Le climat… j’ai des doutes…. Et puis… qui n’a pas vécu un exode quelquefois heureux …peut être ?
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| TOGUO Barthélémy Road to exile Installation © Xavier CLAYES Courtesy Bandjoun Station et Galerie Lelong & Co. |
De prendre du temps pour parcourir cette exposition qui conjugue œuvres en plein air et espaces aménagés, chaque lieu à une ambiance différente. Et flâner au bord de mer et sur l’esplanade Bonaparte pour y découvrir les sculptures monumentales. Et y amener les enfants pour qu’ils apprennent. Prendre soin de remarquer la beauté et la qualité des œuvres et le message que porte chacune d’elles.
Cette exposition, le maire, Frédéric Masquelier, l’adresse au public de Saint- Raphaël et d’ailleurs. Il a de grands projets culturels de haut niveau pour sa ville, avec déjà une programmation de conférences de grande qualité. Saint- Raphaël est en passe de devenir le pôle culturel incontournable de la région paca. Afin de laisser la marque de cette exposition, l’inscrire dans le souvenir de la ville et dans le circuit artistique, deux vidéos sont prévues, l’une making off et l’autre de l’exposition installée.
J’aimerais partager cette exposition avec toutes les équipes de la municipalité. J’ai rencontré des personnes bienveillantes et impliquées, avides de connaître et de comprendre les œuvres, sans elles, le projet n’aurait pu aboutir. Elles se reconnaitront. Je voulais les en remercier ici.
Conseils pratiques : réservations et renseignements :
Tél : 04 98 11 89 00 et 04 94 19 25 75 et https:/ville-saintraphael.fr/exodes
Billet d’entrée: 10 euros, valable une semaine, tarif jeunes 5 euros, gratuits pour les plus jeunes, voir cartes d’invalidité et autres, et les horaires des 8 lieux d’exposition, fermeture hebdomadaire le lundi, nocturne le jeudi soir, visite commentée sur rendez-vous.
NDLR: Article reproduit de l'original publié dans Performarts le 13/06/22 par Brigitte Chéry