vendredi 6 décembre 2019

Exposition Greco au Grand Palais, Paris

Exposition : du 16 octobre 2019 au 10 février 2020

Greco




Grego de son nom Domenikos Theotokopoulos, Grand Maître de la Renaissance fut le premier peintre du siècle d’or espagnol. Il deviendra même le grand représentant de l’école espagnole du 16ème siècle. Ce qui ne l’empêcha pas d’être un temps oublié car « sa peinture » ne correspondait plus aux goûts de l’époque. Ce sont les impressionnistes et les avant-gardes qui sauront, en quelque sorte, le remettre au « goût du jour ». Ils en feront leur prophète, si ce n’est « leur camarade sur les bancs indisciplinés de la modernité ».

Sa vie d’artiste fut hors du commun. De Crête à Venise, de Venise à Rome, de Rome à Tolède, il a défendu avec obstination sa vision de l’Art. Gréco explosera réellement lorsqu’il arrivera à Tolède ; l’Espagne sera son « Eldorado ». En effet, à Venise comme à Rome , la réalité du marché de l’art lui laissera peu de place pour pouvoir s’épanouir et vivre de son art. C’est pourtant ses passages dans ces villes italiennes qui lui permirent de devenir le Grand Maître que l’on connaît aujourd’hui : dans sa conquête de l’art, Greco fut stimulé et inspiré par Titien et Tintoret.

Après son passage à Rome, Gréco s’expatrie donc en Espagne. Grâce à un mécène, Diego de Castilla (son fils Luis, était un ami du Greco), il signe deux contrats. Ce qui lui permit de montrer l’étendu de son art. Une des commandes (« La sainte Face », « l’adoration du berger », « l’assomption de la vierge ») étant destinée au couvent de Santo Domingo el Antigo ; l’autre « le partage de la tunique du Christ « pour L’Expolio de la sacristie de la cathédrale.

La Sainte Face

L'Adoration du Berger

L’Assomption de la Vierge
Le Partage de la Tunique de Christ

À Tolède, Gréco s’adonnera à son art à la fois pour répondre aux grosses commandes mais aussi aux petites commandes, mais il passera hélas beaucoup de temps en procès en raison des mauvais payeurs, qui, suite à la livraison de l’œuvre négocieront les prix à la baisse.

Soixante-quinze œuvres sont présentées dans cette exposition du Grand palais. Toutes sont sur des murs blancs accrochées avec des cimaises laissant ainsi les couleurs flamboyantes prédominer ; ce qui nous permet, nous « simples visiteurs » de nous rendre compte de la puissance de sa palette.

Comme on peut le découvrir ou redécouvrir, au fur et mesure du fil de l’exposition, Gréco, a peint beaucoup d’icônes, des tableaux sur bois (le bois fut probablement son matériel préféré et de prédilection), des tableaux dont le thème central était la religion comme par exemple « la mise au tombeau du Christ » ou « la piéta » mais aussi beaucoup de portraits (il est aussi connu pour cela).


Portrait du Cardinal Nino de Guevara



Au sein de l’exposition, on retrouve l’emblématique série « Le Christ chassant les marchands du temple ». On peut ainsi se rendre compte de l’évolution du travail du Gréco, même si, cette évolution n’est que très nuancée. En effet, seul un œil avisé peut voir quelques petites différences notamment dans le style et la technique. Sur ce même thème, l’artiste se réinventa à chaque nouveau tableau

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Christ chassant les Marchands du Temple 

l’ouverture du cinquième sceau
Christ en croix adoré
La Cène




Contemporain de Caravage, Grand Maître de la Renaissance, Greco est aussi un peintre moderne, la dernière œuvre présentée, dans cette exposition, (« l’ouverture du cinquième sceau » dit aussi « la vision de Saint-Jean) en est la meilleure illustration. Une œuvre qui à coup sûr remporterait un franc succès à la FIAC.



L’exposition se tient au Grand palais jusqu’au 10 février 2020.


Célia Mores, membre de l'UMAM

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