vendredi 16 janvier 2015

L'UMAM présente NACER au Lab 44

Nous vous proposons, à partir du 29 janvier, un artiste qui vient de remporter un succès considérable à l’exposition d’art contemporain de l’été dernier à Cagnes-sur-Mer sur la Côte d’Azur, Nacer.

Nacer est un artiste engagé ; aucune de ses œuvres ne laisse indifférent le spectateur.
Nacer produit des œuvres complexes exprimant un regard acéré sur la société. Son travail touche différentes techniques (peintures, sculptures, photographies, vidéos et installations).
L'emploi récurrent de deux couleurs principales, le noir et le blanc, renforce le contraste des espaces. Son écriture épineuse au couteau sur plexiglas donne parfois une violence sourde à ses réalisations. Nacer s'autorise l'abstraction comme la figuration.

Sans doute, l'œuvre livre-t-elle dans sa force et ses émotions, l’ambivalence personnelle de l’artiste, où la révolte intérieure face à l'éthique bafouée laisse place à la compassion du citoyen pour son contemporain et à l'espoir que l'art ouvrira les chemins de la conscience.

L’exposition de Nacer au LAB 44 est un prélude à ses futures expositions à Beyrouth et Marseille, programmées pour 2015.

Simone Dibo-Cohen - Présidente de l’UMAM - Commissaire de l’exposition

Patinage artistique sur sable - Technique mixte 29X15 cm- 2014

Nacer, l’artiste des mouvements de l’époque.

Lorsque Simone Dibo-Cohen et l’UMAM prévoient d’exposer Nasr-eddine Bennacer, dit Nacer, à la galerie Lab 44 à Paris, ils ne se doutaient pas des évènements qui allaient secouer la France et le monde deux mois plus tard. Pourtant, quand il fut exposé l’été dernier à la biennale de l’UMAM au château-musée de Cagnes-sur-Mer, il va réellement troubler les visiteurs par la violence de ses œuvres. Artiste prémonitoire ? C’est certain !

Pourtant avec son sourire charmeur et son œil rieur, Nacer nous explique, en parlant de son travail d’une violence et d’une actualité inouïe, qu’il exprime de l’amour et de la paix. « Il y a beaucoup de piques dans les toiles car les gens se protègent de plus en plus », puis il rajoute « La solution entre les gens et entre les peuples est de redynamiser l’organe qui est le plus noble en nous : le cœur ». Les évènements vont hélas confirmer sa perception du monde.

Nasr-eddine Bennacer est né en 1967 en Algérie ; il travaille en France, à Paris, depuis plus de vingt ans. Il s’interroge en permanence sur l’évolution des relations entre les civilisations et les cultures et surtout sur l’ambiguïté qui existe entre les hommes au niveau de leurs relations.

Le dimanche 11 janvier 2015 a ouvert les voies de la conscience de nos concitoyens. C’est exactement l’ambition que développe Nacer depuis des années, mais au travers de l’art. Artiste ambivalent, il utilise la puissance et l’émotion. Ses œuvres sont sans aucune complaisance et utilisent la photographie, la peinture mais aussi la vidéo, des installations et des sculptures qui ne peuvent laisser indifférent. En 2013 il a créé pour le Cabaret Organique une installation vidéo qui interroge sur le statut de la femme dans les religions.

La qualité de son travail impressionne. Ses sculptures sont d’un fini parfait, séduisant, et ses peintures d’une finesse étonnante. Il crée des œuvres que l’on a envie de s’approprier du fait même de leur qualité. La coïncidence entre un pays en mouvement et l’œuvre de Nacer est incontestablement une chance pour l’art contemporain français.

Christian Gallo - Vice-président de l’UMAM - © Le Ficanas ®

Les fleurs du mal - bois, métal et épine de roses - 27X86cm - 2010

Artistes pourfendeurs d’idées reçues.

L’un des rôles d’une galerie d’art contemporain est notamment d’offrir à des créateurs un lieu d’expression libre où leur réflexion lucide et sensible peut raconter au visiteur dans sa plus grande diversité socio-culturelle l’état du monde et de l’humanité, sans concession aux bienséances, aux morales castratrices, au bien-pensant, aux pouvoirs politiques et aux puissances économiques qui maltraitent la liberté et bâillonnent la pensée individuelle.

De tous temps et de toutes civilisations bon nombre d’artistes ont été les pourfendeurs d’idées reçues et les garde-fous des dérives sociétales. Aujourd’hui comme hier ils constatent, signalent, alertent, crient pour que l’homme puisse accéder à davantage de bonheur et continuer d’avancer libre dans son propre chemin avec le respect des belles valeurs de l’autre, qu’il soit son voisin, son compatriote, son frère d’humanité.

De tous temps des artistes ont été moqués, décriés, menacés, emprisonnés, et tués pour les idéaux progressistes qu’ils affichaient. On a cru assassiner leur parole. Et leur parole est restée et restera pour toujours vivante. Elle est là, sous nos yeux, dans les villes et dans les campagnes, dans les musées ou les endroits les plus reculés du monde, dans un langage universel et lisible par tous qui apporte le mieux vivre et aide à supporter les difficultés et la souffrance.

Comme aux périodes les plus sombres de l’histoire, ici et sur d’autres continents, l’Art, dans les formes les plus diverses de son expression, est en danger. Des œuvres sont détruites, des musées pillés, des lieux de culture disparaissent. Des responsables politiques suppriment les aides à la création, à l’innovation, parfois par inculture, souvent par mercantilisme ou clientélisme au nom des puissances de l’argent et de la sécurité à tout va ! Dans une volonté d’uniformiser la non-pensée !

La nouvelle galerie parisienne LAB44 avec la programmation de Simone Dibo-Cohen, présidente de l’UMAM, Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne, créée en 1946 par Henry Matisse et Pierre Bonnard, fait le choix de montrer l’Art qui dénonce et qui propose en ouvrant son espace à des plasticiens de toutes origines. Car s’il ne faudra jamais oublier les attentats monstrueux de Paris visant à décapiter le parler du journal Charlie Hebdo il y a aussi, partout sur notre planète, des artistes souvent mal connus qui témoignent malgré les menaces, sans aucune protection et dans l’indifférence quasi générale.

L’Art n’a pas de frontière, son histoire en atteste. Les artistes sont des citoyens du monde et véhiculent des idéaux auxquels chaque homme libre aspire. Delacroix en fut un exemple avec son œuvre allégorique « la liberté guidant le peuple ». Les artistes ne sont pas dangereux mais représentent un danger pour les extrémismes de tous bords, confessionnels et politiques, qui savent qu’une œuvre est immortelle et porte un message balayant d’un trait, d’une couleur, d’une forme leurs théories fanatiques énoncées au nom de principes qui n’ont de source que la folie et le désir de puissance.

L’Art n’est pas violent. Il raconte la violence. Et si l’œuvre nous choque parfois c’est parce qu’elle montre la violence d’une réalité que nous refusons de voir parce qu’elle bouscule le confort égoïste dans lequel nous voulons ronronner. L’artiste ne dit pas ses révoltes, ses colères, ses craintes ou ses espoirs au nom d’une confession religieuse, d’un régime politique, d’un groupe financier mais tout simplement au nom de chaque humain avec sa conviction et sa sensibilité qui souffre de toutes formes de dérives.

Le choix fait à la galerie LAB44 est exemplaire et courageux. Il ne s’inscrit pas dans une démarche de profit et ne mise pas sur une spéculation rentable à long terme. Il mise tout simplement sur l’Art indispensable à la survie de notre société pour un avenir de chacun plus serein. Soutenons la galerie LAB44, dès maintenant, par une visite à l’exposition de NACER, un artiste d’origine algérienne de parole et de talent.

Toy - Assemblage - 35 X 35 X 6 cm - 2014

Dominique Tardler - Ex animateur de l'Atelier du Centre Georges Pompidou


VERNISSAGE : 
Jeudi 29 janvier - 19 heures

EXPOSITION : 
30 janvier - 15 mars 2015

44 rue des Tournelles - 75004 Paris
Tél. : 01 42 74 57 22

Dossier en ligne : 

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