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vendredi 15 janvier 2016

Promenade photographique à l'exposition N°5 de l'UMAM 70

Dans le cadre des 70 ans de la création de l'UMAM par Matisse et Bonnard, l'UMAM présente sa cinquième exposition à la Galerie Depardieu à Nice. Une présence importante le soir du vernissage pour les œuvres de Nacer, Jean-Philippe Pernot et Simon Couvin.
Trois photographe se sont promenés...

L'exposition est visible jusqu'au 13 février à la Galerie Depardieu, à Nice, 6, rue Docteur Jacques Guidoni.


Nacer - Photo Alessandro Biancheri

Nacer - Photo Alessandro Biancheri

Nacer - Photo : Christian Gallo

Jean-Philippe Pernot - Photo : Guy Morin

Simon Couvin - Photo : Christian Gallo
Nacer - Photo Alessandro Biancheri
Simon Couvin - Photo : Christian Gallo
Jean-Philippe Pernot- Photo Allessandro Biancheri
Nacer - Photo : Christian Gallo
Simone Dibo-Cohen, la présidente de l'UMAM - Photo : Christian Gallo

Christian Gallo, le vice-président ou "ne tirez pas sur le Ficanas". Photo d'Alessandro Biancheri

dimanche 3 janvier 2016

Nice : UMAM 70 ans. NACER - L'invitation #5

Dans le cadre des 70 ans de la création de l'UMAM par Matisse et Bonnard, l'UMAM présente sa cinquième exposition à la Galerie Depardieu à Nice.

Nasreddine Bennacer est né en Algérie. Artiste plurimédias touchant aussi bien à la photographie qu'à l'installation, à la peinture comme à la sculpture, il vit et travaille aujourd'hui à Paris.
L'aigle le lion et la souris
monotype et dessins sur papier Japon marouflé  sur papier arche154/114cm - 2015
Nasreddine Bennacer est un artiste engagé. Dès ses débuts, son travail repose sur l'expérimentation plastique de la rhétorique du rapport de force meurtrier qui agite le monde contemporain. Et comment armer son discours en critiquant la pulsion belligérante de nos sociétés ? En utilisant les armes elles-mêmes pour parler. De façon répétitive, lancinante, l'artiste nous met face à nos angoisses de spectateurs civilisés dans des démocraties humanistes. Kalachnikovs, grenades et autres délicatessen des outils de guerre deviennent dans l'espace de la toile ou du support ses jouets de prédilections à la dissection et l'exposition des rapports humains dominés par la pulsion de mort.
Sans titre,
Dessin sur papier Japon marouflé sur papier archive - 66x50cm - 2013
Dans cette nouvelle exposition, Nasreddine Bennacer rejoue pertinemment cette réflexion de l'homo homini lupus, jusqu'à s'amuser à transmuter l'arme en lui mettant au poing un cœur ou un cerveau, comme les reliques déchues de l'âme et de la raison. Les fleurs du Mal résistent. Mais elles cohabitent également avec la réappropriation des fables de notre enfance. Mise en scène du dess(e)in de Maître Corbeau jalousé pour son pétrole ; les jeux du chat et de la souris où lion et aigles se disputent le pouvoir ; le tapis volant est de ronces cousues. Les armes offensives se juxtaposent aux suggestives.

Chaos - Technique mixte sur toile - 130x166cm - 2015    
Nasreddine Bennacer a changé d'arme. Passant du littéral au littéraire ; désarmant le visuel pour armer le symbole. L'agressivité de l'arme au sens propre disparaît au profit de la subtilité de l'arme au sens figuré, comme si l'artiste souhaitait désormais "plaire pour instruire". Dans ce placere docere de la fable, c'est ainsi le passage pertinent du langage direct, immédiat et réaliste des armes meurtrières de la vie contemporaine au langage métaphorique et allégorique du conteur d'histoires. Et la nouvelle naïveté des titres lui sert de probatoire.

Marie Soitelle

VERNISSAGE :  Jeudi 14 janvier 2016 de 16h à 21h
Exposition jusqu’au 13 février 2016

Galerie Depardieu - 6, rue du docteur Jacques Guidoni (ex passage Gioffredo) - Nice

dimanche 12 avril 2015

Carte blanche à Simone Dibo-Cohen à Marseille

La galerie Bartoli de Marseille a offert une carte blanche à Simone Dibo-Cohen, la présidente de l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne. L’UMAM fêtera les soixante-dix ans de sa fondation l’année prochaine par Matisse et Bonnard. Simone Dibo-Cohen a donc choisi des artistes contemporains et vivants pour les exposer à Marseille.

Stéfano Bombardieri : ce sculpteur jouit d’une solide réputation non seulement en Italie où il vit mais dans le monde entier. Il expose dans les grandes galeries d'art et a participé à plusieurs reprises à la Biennale de Venise. L’artiste utilise les grandes dimensions pour nous délivrer un message qui va au-delà des sujets représentés, et par le biais du paradoxe il nous parle d’un monde complexe et désordonné. Ses œuvres, qui oscillent entre hyperréalisme et surréalisme, invitent à une certaine réflexion philosophique. Les sujets qu'il aime sculpter viennent souvent du monde animal: baleines, rhinocéros, crocodiles ou éléphants, suspendus ou piégés, écrasés par des montagnes de bagages. L’œuvre de Bombardieri évoque le temps et sa perception, mais aussi la douleur et la mort.

Stéfano Bombardieri
Ivana Boris : L’essentiel de son travail photographique n'est pas réalisé en atelier mais à l'extérieur, dans des lieux qui la fascinent et qui l’interrogent. C’est un acte de poésie contre une approche rationnelle de la nature. Le site archéologique en Asie, les grands espaces, les volcans, les marches dans le désert, dans les Alpes et la chaine Himalayennes, le littoral, la mer, la traversée de l’océan,… C’est une implication physique d’Ivana dans la nature, son frottement direct avec le terrain est généreux et sans condition ; une relation énergétique s’engendre entre les éléments et elle-même. Un travail de concentration, un véritable corps à corps avec un espace défini qu’elle va devoir restituer à sa propre vision.
Une relation intime entre l’artiste et l’espace ; la photographie est ressentie intensément par le spectateur et donne envie de pénétrer au-delà de l’image pour tenter de la comprendre et de s’y fondre.
Ivana Boris
Matteo Carassale : C’est un photographe accompli qui collabore avec les plus importants magazines italiens et étrangers de voyage, cuisine, intérieurs et jardins. Doté d'une sensibilité particulière pour calibrer la lumière et l'ombre, il a la grande capacité de capter les instants, en transformant un simple événement en quelque chose d'absolument extraordinaire. L’artiste, qui possède un langage narratif très contemporain, sait aller au-delà de la réalité et toujours nous surprendre. Ses images savent nous transmettre le goût de la vie en passant par l’ironie, la tendresse ou encore la poésie ; elles sont toujours spontanées et invitent le spectateur à la rêverie et à la réflexion.

Matteo Carassale
Yves Hayat : « J’avoue m’intéresser à la manipulation du réel et à ses images imaginées. Mon travail aux confins de la photographie plasticienne, de l’installation et de la Figuration narrative propose des visions où la part de théâtralisation fait corps avec le projet. Véritable consommateur visuel, je photographie, télécharge, retouche, recadre… bref je mets en scène. » Yves Hayat expose quatre portraits de Simone Dibo-Cohen.

Miryan Klein : Des nuées de papillons qui s’ébattent sur la toile de tous petits tableaux juxtaposés les uns à côté des autres, certains animés grâce à des mini-écrans numériques, dans un magnifique effet de pyrotechnie picturale. « Ce sont mes humeurs de chaque jour, transposées là, comme un kaléidoscope intérieur… » Frank Davit

Miryan Klein
Martin Miguel : Une première caractéristique du travail de Miguel porte sur le système des oppositions plastiques qu’il met en œuvre : dur/souple, brut/travaillé, liquide/sec, formes contraintes/formes libres, maîtrisé/aléatoire, coloré/non coloré… Miguel questionne l’espace et les objets de l’espace: - espace plastique, dont il met en cause la construction traditionnelle (très peu de toiles tendues sur châssis dans son œuvre) - espace réel dont il se sert - espace naturel ou humain auquel il renvoie ou dont il intègre les objets - espace du regard, qui implique le spectateur.

Martin Miguel
Mirial : Anthony Mirial a l'art au bout du doigt, celui qui déclenche les visions oniriques de la peinture pixélisée à travers des œuvres troubles, ô combien émouvantes, dérangeantes pour certaines mais extraordinairement novatrices, dans des clairs obscurs à la manière d'un Georges de La Tour moderne. Il sublime nos négligences, nos déviances, ce qui dérange, et comme par magie relève tout à coup de la sainte apparition, insufflant quelques instants d'éternité. Anthony Mirial est à l'aube de sa vie d'artiste et fait pourtant preuve de grande fécondité et maturité artistique. L'originalité de son approche laisse présager une vraie trace sur le fil de l'histoire de la photographie au XXIe siècle.

Mirial
Adrien Porcu : …Une chrysalide anthropomorphique pendue à une branche d’arbre, évoquant paradoxalement la mort – le travail d’Adrien Porcu joue sur deux tableaux, de même que chaque être, y compris bien entendu l’artiste lui-même, se révèle être, corps et âme, le théâtre de conflits intérieurs. Humour, douceur ou poésie se voient contrebalancés par une connotation plus ou moins explicite de violence, symbolique voire physique. Car la pratique de l’artiste, du dessin à la sculpture, a progressivement intégré une dimension corporelle forte, jusqu’à basculer dans le genre de la performance, rendant manifeste une nécessité de mettre son propre corps en jeu, en scène, voire en péril. La façon dont Adrien Porcu «se fait violence» en s’incorporant à son œuvre participe d’une ferme volonté de s’y engager personnellement et de percuter le spectateur... Anne-Lou Vicente.



Adrien Porcu
Macsime Simon : « Macsime colle des bouts bout à bout, nous sommes des bouts remplis de bouts, sans fin... »
Macsime Simon
Nacer : Nacer produit des œuvres complexes exprimant un regard acéré sur la société. Son travail touche différentes techniques (peintures, sculptures, photographies, vidéos et installations).
L'emploi récurrent de deux couleurs principales, le noir et le blanc, renforce le contraste des espaces. Son écriture épineuse au couteau sur plexiglas donne parfois une violence sourde à ses réalisations. L'artiste s'autorise l'abstraction comme la figuration.
Sans doute, l'œuvre livre-t-elle dans sa force et ses émotions, son ambivalence personnelle où la révolte intérieure face à l'éthique bafouée laisse place à la compassion du citoyen pour son contemporain et à l'espoir que l'art ouvrira les chemins de la conscience.
Nacer

Galerie Bartoli – 81, rue Sainte 13007 Marseille

Vernissage mercredi 22 avril de 17 à 21 heures



lundi 26 janvier 2015

Lab 44, la galerie qui réveille l’art

Un mois et demi, déjà… C’était à l’approche des fêtes de fin d’année 2014, dans l’ambiance prometteuse d’un mois de décembre festif et lumineux, pour la mini-rétrospective.

Chic, une nouvelle galerie d’art venait de naître dans un berceau prédestiné à l’expression artistique : le Marais.


Chic, comme on les aime ici, chez stylish-arty : décor revu de fond en comble, murs blancs, plafond et poutres dans la même tonalité immaculée, escalier aux marches annonciatrices de nouvelles rencontres au niveau supérieur…

Chic, la toute première exposition du 44, rue des Tournelles : pour le grand soir, celui du premier venissage, l’art du maître du tirage en noir et blanc, Richard Aujard, avait convié le fin du fin de la planète people en grand format. Pour son exposition “Famous”, le public allait pouvoir remonter dans le temps et redécouvrir Béatrice Dalle du haut de ses début, ou encore Eric Cantona au sommet de son art de prendre la pose, à la limite du méconnaissable, visage tatoué…



Choc, ce premier rendez-vous avec l’art de la photo, le fut, à l’initiative d’une commissaire d’exposition hors du commun, fuyant les sentiers battus, les faux-semblants, les discours convenus: Simone Dibo-Cohen, créative et charismatique galeriste au long cours, présidente de l’UMAM (union méditerranéenne pour l’art moderne, fondée en 1946 par Henri Matisse). Femme de conviction, à la forte personnalité, elle sait dénicher les noms qui feront sensation, parmi les artistes confirmés comme dans la jungle des talents émergents.

Après avoir convoqué le talent et la force de l’image choc façon Richard Aujard, à partir du 29 janvier, Simone Dibo-Cohen accueillera aux cimaises du Lab 44, un autre créateur qui lui est cher et en lequel elle croit beaucoup : Nasr-Eddine Bennacer, dit Nacer, qu’elle aime à décrire comme “un artiste engagé”, à l’expression multiforme, utilisant aussi bien la peinture que la sculpture, la photo, ou la vidéo pour dire, dénoncer, crier, s’indigner, lutter pour la paix, livrer à sa manière, un hymne à l’amour.

Né en 1967 en Algérie, de ses débuts à aujourd’hui, il n’aura de cesse de s’interroger sur les relations entre civilisations, d’explorer, mettre en exergue l’ambiguïté des hommes dans leurs relations, comme à travers son exposition “War games”, d’interpeller sur le statut de la femme dans les religions. Lorsque Simone Dibo-Cohen choisit cet artiste pour sa deuxième exposition, rue des Tournelles, deux mois avant les événements qui ont endeuillé la France, elle ne se doute evidemment pas, qu’il y aura un avant, un après “Charlie”, ni ce 11 janvier, qui rassemblerait une France debout, dans la rue et même au-delà de ses frontières…

Choc, le choix de Nacer, s’avèrerait encore plus symbolique qu’il n’y paraissait initialement.

Aussi, on ne saurait que trop conseiller d’aller à la rencontre des oeuvres de ce messager du coeur, à condition d’y prêter un oeil attentif. Un esprit grand ouvert.

LC - STYLISH-ARTY.COM
THE TRENDY BLOG BY LC

"War games", Nacer. Lab44, du 29/01/15 au 15/03/15. 44,rue des Tournelles 75004 Paris

vendredi 16 janvier 2015

L'UMAM présente NACER au Lab 44

Nous vous proposons, à partir du 29 janvier, un artiste qui vient de remporter un succès considérable à l’exposition d’art contemporain de l’été dernier à Cagnes-sur-Mer sur la Côte d’Azur, Nacer.

Nacer est un artiste engagé ; aucune de ses œuvres ne laisse indifférent le spectateur.
Nacer produit des œuvres complexes exprimant un regard acéré sur la société. Son travail touche différentes techniques (peintures, sculptures, photographies, vidéos et installations).
L'emploi récurrent de deux couleurs principales, le noir et le blanc, renforce le contraste des espaces. Son écriture épineuse au couteau sur plexiglas donne parfois une violence sourde à ses réalisations. Nacer s'autorise l'abstraction comme la figuration.

Sans doute, l'œuvre livre-t-elle dans sa force et ses émotions, l’ambivalence personnelle de l’artiste, où la révolte intérieure face à l'éthique bafouée laisse place à la compassion du citoyen pour son contemporain et à l'espoir que l'art ouvrira les chemins de la conscience.

L’exposition de Nacer au LAB 44 est un prélude à ses futures expositions à Beyrouth et Marseille, programmées pour 2015.

Simone Dibo-Cohen - Présidente de l’UMAM - Commissaire de l’exposition

Patinage artistique sur sable - Technique mixte 29X15 cm- 2014

Nacer, l’artiste des mouvements de l’époque.

Lorsque Simone Dibo-Cohen et l’UMAM prévoient d’exposer Nasr-eddine Bennacer, dit Nacer, à la galerie Lab 44 à Paris, ils ne se doutaient pas des évènements qui allaient secouer la France et le monde deux mois plus tard. Pourtant, quand il fut exposé l’été dernier à la biennale de l’UMAM au château-musée de Cagnes-sur-Mer, il va réellement troubler les visiteurs par la violence de ses œuvres. Artiste prémonitoire ? C’est certain !

Pourtant avec son sourire charmeur et son œil rieur, Nacer nous explique, en parlant de son travail d’une violence et d’une actualité inouïe, qu’il exprime de l’amour et de la paix. « Il y a beaucoup de piques dans les toiles car les gens se protègent de plus en plus », puis il rajoute « La solution entre les gens et entre les peuples est de redynamiser l’organe qui est le plus noble en nous : le cœur ». Les évènements vont hélas confirmer sa perception du monde.

Nasr-eddine Bennacer est né en 1967 en Algérie ; il travaille en France, à Paris, depuis plus de vingt ans. Il s’interroge en permanence sur l’évolution des relations entre les civilisations et les cultures et surtout sur l’ambiguïté qui existe entre les hommes au niveau de leurs relations.

Le dimanche 11 janvier 2015 a ouvert les voies de la conscience de nos concitoyens. C’est exactement l’ambition que développe Nacer depuis des années, mais au travers de l’art. Artiste ambivalent, il utilise la puissance et l’émotion. Ses œuvres sont sans aucune complaisance et utilisent la photographie, la peinture mais aussi la vidéo, des installations et des sculptures qui ne peuvent laisser indifférent. En 2013 il a créé pour le Cabaret Organique une installation vidéo qui interroge sur le statut de la femme dans les religions.

La qualité de son travail impressionne. Ses sculptures sont d’un fini parfait, séduisant, et ses peintures d’une finesse étonnante. Il crée des œuvres que l’on a envie de s’approprier du fait même de leur qualité. La coïncidence entre un pays en mouvement et l’œuvre de Nacer est incontestablement une chance pour l’art contemporain français.

Christian Gallo - Vice-président de l’UMAM - © Le Ficanas ®

Les fleurs du mal - bois, métal et épine de roses - 27X86cm - 2010

Artistes pourfendeurs d’idées reçues.

L’un des rôles d’une galerie d’art contemporain est notamment d’offrir à des créateurs un lieu d’expression libre où leur réflexion lucide et sensible peut raconter au visiteur dans sa plus grande diversité socio-culturelle l’état du monde et de l’humanité, sans concession aux bienséances, aux morales castratrices, au bien-pensant, aux pouvoirs politiques et aux puissances économiques qui maltraitent la liberté et bâillonnent la pensée individuelle.

De tous temps et de toutes civilisations bon nombre d’artistes ont été les pourfendeurs d’idées reçues et les garde-fous des dérives sociétales. Aujourd’hui comme hier ils constatent, signalent, alertent, crient pour que l’homme puisse accéder à davantage de bonheur et continuer d’avancer libre dans son propre chemin avec le respect des belles valeurs de l’autre, qu’il soit son voisin, son compatriote, son frère d’humanité.

De tous temps des artistes ont été moqués, décriés, menacés, emprisonnés, et tués pour les idéaux progressistes qu’ils affichaient. On a cru assassiner leur parole. Et leur parole est restée et restera pour toujours vivante. Elle est là, sous nos yeux, dans les villes et dans les campagnes, dans les musées ou les endroits les plus reculés du monde, dans un langage universel et lisible par tous qui apporte le mieux vivre et aide à supporter les difficultés et la souffrance.

Comme aux périodes les plus sombres de l’histoire, ici et sur d’autres continents, l’Art, dans les formes les plus diverses de son expression, est en danger. Des œuvres sont détruites, des musées pillés, des lieux de culture disparaissent. Des responsables politiques suppriment les aides à la création, à l’innovation, parfois par inculture, souvent par mercantilisme ou clientélisme au nom des puissances de l’argent et de la sécurité à tout va ! Dans une volonté d’uniformiser la non-pensée !

La nouvelle galerie parisienne LAB44 avec la programmation de Simone Dibo-Cohen, présidente de l’UMAM, Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne, créée en 1946 par Henry Matisse et Pierre Bonnard, fait le choix de montrer l’Art qui dénonce et qui propose en ouvrant son espace à des plasticiens de toutes origines. Car s’il ne faudra jamais oublier les attentats monstrueux de Paris visant à décapiter le parler du journal Charlie Hebdo il y a aussi, partout sur notre planète, des artistes souvent mal connus qui témoignent malgré les menaces, sans aucune protection et dans l’indifférence quasi générale.

L’Art n’a pas de frontière, son histoire en atteste. Les artistes sont des citoyens du monde et véhiculent des idéaux auxquels chaque homme libre aspire. Delacroix en fut un exemple avec son œuvre allégorique « la liberté guidant le peuple ». Les artistes ne sont pas dangereux mais représentent un danger pour les extrémismes de tous bords, confessionnels et politiques, qui savent qu’une œuvre est immortelle et porte un message balayant d’un trait, d’une couleur, d’une forme leurs théories fanatiques énoncées au nom de principes qui n’ont de source que la folie et le désir de puissance.

L’Art n’est pas violent. Il raconte la violence. Et si l’œuvre nous choque parfois c’est parce qu’elle montre la violence d’une réalité que nous refusons de voir parce qu’elle bouscule le confort égoïste dans lequel nous voulons ronronner. L’artiste ne dit pas ses révoltes, ses colères, ses craintes ou ses espoirs au nom d’une confession religieuse, d’un régime politique, d’un groupe financier mais tout simplement au nom de chaque humain avec sa conviction et sa sensibilité qui souffre de toutes formes de dérives.

Le choix fait à la galerie LAB44 est exemplaire et courageux. Il ne s’inscrit pas dans une démarche de profit et ne mise pas sur une spéculation rentable à long terme. Il mise tout simplement sur l’Art indispensable à la survie de notre société pour un avenir de chacun plus serein. Soutenons la galerie LAB44, dès maintenant, par une visite à l’exposition de NACER, un artiste d’origine algérienne de parole et de talent.

Toy - Assemblage - 35 X 35 X 6 cm - 2014

Dominique Tardler - Ex animateur de l'Atelier du Centre Georges Pompidou


VERNISSAGE : 
Jeudi 29 janvier - 19 heures

EXPOSITION : 
30 janvier - 15 mars 2015

44 rue des Tournelles - 75004 Paris
Tél. : 01 42 74 57 22

Dossier en ligne : 

mercredi 21 mai 2014

Biennale 2014 de l'UMAM : Nacer

Nacer produit des œuvres complexes exprimant un regard acéré sur la société. Son travail touche différentes techniques (peintures, sculptures, photographies, vidéos et installations).

L'emploi récurrent de deux couleurs principales, le noir et le blanc, renforce le contraste des espaces. Son écriture épineuse au couteau sur plexiglas donne parfois une violence sourde à ses réalisations. L'artiste s'autorise l'abstraction comme la figuration.

Sans doute, l'œuvre livre-t-elle dans sa force et ses émotions, son ambivalence personnelle où la révolte intérieure face à l'éthique bafouée laisse place à la compassion du citoyen pour son contemporain et à l'espoir que l'art ouvrira les chemins de la conscience.

“Ego 2” - Technique mixte, installation - Galerie Mark Hachem
Nacer produces complex works of art expressing his sharp vision of society. He resorts to various techniques – paintings, sculptures, photos, videos, and installations.

His systematic use of two main colours – black & white – emphasizes the evident contrast between spaces. The spiny expression of his knife on plexiglass sometimes produces a form of latent violence in his works. His artistic expression varies between abstract and figurative art.

The strength and emotions inherent to the bulk of his work undoubtedly reflect the ambivalent character of Nacer’s vision of life. A vision in which the inner boiling anger, due to the perpetual violation of all forms of ethics, progressively allows room for a compassionate look at the fellow citizen and for the hope that art will enlighten the way towards consciousness.

A PARTIR DU 6 JUIN A 18 HEURES AU CHATEAU-MUSEE GRIMALDI DE CAGNES-SUR-MER
Le catalogue de l'UMAM sur : http://fr.calameo.com/read/003292440ff70bb9ee66d