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dimanche 29 mars 2015

Vente de la collection Ferrero

COLLECTION JEAN FERRERO : « SES AMIS ARTISTES DE L’ECOLE DE NICE »

Paris – C’est sous le marteau de Francis Briest qu’Artcurial dispersera, le 1er avril prochain, une partie de la collection de Jean Ferrero, l’un des grands témoins de la vie artistique de la Côte d’Azur de la 2nde moitié du XXe siècle. Cet ensemble de plus de 200 œuvres de l’Ecole de Nice a été rassemblé par un homme amoureux de l’art et des artistes avec qui il a tissé de profonds liens d’amitié. On retrouvera les incontournables de ce mouvement artistique, dont plusieurs œuvres de Ben, Arman, Bernar Venet, Claude Gilli et du voisin marseillais César.

BEN : "C’est Jean qui a attrapé l’art par la queue" - 2000 - acrylique et bois peint sur panneau,
Collection Jean Ferrero, 52,5 x 72,5 cm (estimation : 4 000 – 6 000 € / 4 500 – 6 500 $)
 L’École de Nice rassemble environ 30 artistes ayant vécu et créé dans la région niçoise, au cours de la seconde partie du XXe siècle. Certains appartiennent à des mouvements artistiques établis, comme Arman et Martial Raysse (Nouveau Réalisme) ou Ben (Fluxus), tandis que d’autres échappent aux classifications, comme Bernar Venet, Claude Gilli...

Jean Ferrero, installé à Nice, se lie d’amitié avec ces artistes locaux qui l’autorisent à les photographier lors de leurs créations. Il possède aujourd’hui des archives impressionnantes de portraits qui dépassent le cadre de l’Ecole de Nice. On y croise Man Ray, Lucio Fontana, Marc Chagall, Pierre Soulages, Jean Cocteau, Martial Raysse... Pas un artiste travaillant sur la Riviera, et même au-delà, n’a échappé à son objectif.

Jean Ferrero est un collectionneur passionné. Il se définit lui-même comme « un mauvais marchand rongé par le virus de la collectionnite ». Mais c’est son ami Ben qui en dresse le portrait le plus complet, dans une œuvre de 1971 : « Ici habite Ferrero / né le 1er Mars 1931 / cinéaste de vedettes, berger, photographe d’hommes nus – collectionneur avide d’art moderne – aime l’argent – la viande de cheval cru – les femmes des autres – parle trop. » Cette description synthétise à la fois la personnalité attachante et exubérante de Jean Ferrero, mais énumère aussi ses multiples vies.

Fils d’immigré italien, Jean Ferrero est un autodidacte. Après une enfance modeste, il multiplie les petits boulots avant de se tourner vers la photographie. D’abord comme photographe de rue, il tire le portrait des passants. Puis il commence à trouver ses propres sujets. Il capture des images posées de ses partenaires de boxe et d’haltérophilie, abordant le thème du nu masculin en extérieur. Rapidement, ces clichés connaissent une diffusion internationale. Les commandes de magazines internationaux se multiplient et constituent une source importante de revenus entre 1955 et 1975, lui permettant d’acquérir un grand nombre d’œuvres. Parallèlement, il travaillera comme photographe de presse pour Nice Matin, La Stampa et surtout la revue XXe siècle, pour laquelle il réalise de nombreux reportages sur des artistes célèbres, ce qui lui ouvre les portes du monde le l’Art.

Le sport constitue un socle fondateur dans la vie de Jean Ferrero. C’est grâce au sport qu’il trouvera ses premiers modèles, et c’est dans les clubs de la Côte d’Azur qu’il rencontrera les artistes et deviendra leurs amis. Cet homme généreux entretiendra des relations privilégiées avec la plupart des artistes de la région. On retrouve ainsi dans sa collection, à coté des œuvres caractéristiques, des travaux plus personnels, plus intimes, comme les œuvres de César réalisées dans l’appartement de Jean Ferrero, en compagnie de la fille du collectionneur. Ben fait également partie de sa garde rapprochée, dès leur rencontre en 1965. Il réalisera plusieurs fois son portrait, preuve de leur attachement mutuel.

C’est en 1970 que Jean Ferrero finit par ouvrir sa première galerie, sur le port de Nice. Il s’inspire de ce qu’il a pu découvrir à Soho lors de ses voyages à New York, et crée la première galerie en appartement de la région. Quelques années plus tard, il se relocalisera près de la Promenade des Anglais, dans un espace imposant de 300m2 qu’il dirigera jusqu’en 2003.

Sa devise, « l’art, quel qu’il soit » explique l’éclectisme de sa collection. A 84 ans, Jean Ferrero souhaite aujourd’hui se consacrer à son œuvre photographique. Le 26 février 2014, il fait don à la ville de Nice de 853 œuvres parmi lesquelles des pièces d’Arman, Ben, César ou Moya ainsi que des œuvres figuratives, et décide de vendre environ 200 œuvres chez Artcurial.

Exposition : 29 mars, de 14h à 18h, le 30-31 mars, de 11h à 19h
Vente : Mercredi 1er avril 2015 à 16h00
Artcurial - 7 rond-point des Champs-Élysées - 75008 Paris

ARMAN : "COLERE DE CONTREBASSE" - 1971
Combustion de contrebasse brisée dans résine polyester et plexiglas - 200 x 160 x 22 cm 
Collection Jean Ferrero - Estimation : 170 000 – 220 000 € / 190 000 – 250 000 $
Les « Colères froides » d’Arman – visant le plus souvent des instruments de musique – incarnent une tendance destructrice dans l’œuvre de l’artiste, qui apparait comme l’antithèse de sa tendance préservatrice incarnée par les « Accumulations ». Les « Colères froides » se situent dans la tendance des happenings dont s’emparent les Nouveaux Réalistes.

Chaque éclat de l’objet a été inclus dans une composition, de sorte à ce qu’il ne soit pas simplement le témoignage de la performance de l’artiste, mais également une œuvre à part entière résultant d’une action destructrice qui se révèle paradoxalement créatrice.


CESAR - "EXPANSION MOBILOIL" - 1968
Mousse polyuréthane et boîte de conserve sur panneau
Pièce unique 86,50 x 66 x 20,50 cm
Collection Jean Ferrero - Estimation : 10 000 – 15 000 € / 11 000 – 17 000 $
Durant la seconde moitié des années 60, César découvre les propriétés de la mousse polyuréthane qui gonfle de manière impressionnante au contact de l’air, avant de sécher. Ce déferlement de matière se trouve aux antipodes des « Compressions ».


Claude GILLI : "L'OFFRANDE" - 1964
Bois et métal peints - 191 x 79 x 8 cm - Collection Jean Ferrero
Estimations : 8 000 – 12 000 € / 9 000 – 13 500 $
Cette œuvre synthétise deux des voies artistiques principales explorées par Claude Gilli à partir des années 1960 : les découpages et les ex-voto.
Aux yeux du galeriste Jacques Matarasso, ce type d’œuvre allait sans doute faire un « malheur » sur la scène artistique new-yorkaise, que Claude Gilli s’apprêtait à aller conquérir aux côtés d’Arman. Mais une sclérose en plaque le contraint à rester à Nice d’où son œuvre rayonnera malgré tout, notamment grâce au soutien précieux de Jacques Matarasso et Jean Ferrero.

dimanche 9 février 2014

Berggreen, le leg fait au Mamac.

Henrik Berggreen était un collectionneur danois qui, à l’âge de 68 ans, s’installa dans le Var. Une galerie azuréenne va lui confectionner une collection d’œuvres d’artistes contemporains créées entre 1997 et 2010. Pourtant Berggreen conservera des œuvres qu’il possédait au Danemark en particulier Jan Voss, Jean Messagier et Bernard Rancillac.

Ce sont soixante-dix œuvres qui tombent dans l’escarcelle du Mamac et une partie de ces dernières sont exposées en compagnie d’autres qui viennent des réserves du musée.

La présentation réalisée par Gilbert Perlein crée dans chaque salle du premier étage une ambiance particulière et sensible bien en accord avec les œuvres présentées.


Jean-Charles Blais, Sans titre, 1985. Gouache sur papier. 61 x 69 cm (74 x 82 cm avec cadre).
Courtesy MAMAC, Nice, © ADAGP, Paris. Photo Muriel Anssens




Dans la première salle un ensemble d’œuvres de Jean-Charles Blais qui était peu représenté jusqu’à présent au musée. Il est devenu célèbre avec son aménagement de la station de métro de l’Assemblée nationale à Paris et ses collages, papiers découpés et ses gouaches sont bien représentés dans l’exposition. A signaler une très belle vidéo que la galerie a vendu au Mamac intitulée « Sig » où le trait, projeté sur un mur se déforme sans cesse laissant apparaître les contours simplifiés d’un visage.

Elle a d’ailleurs constitué une très remarquable collection à Henrik Berggreen puisque l’on découvre de très belles œuvres d’Alberola où l’on voit apparaître les seuls visages de l’exposition dont un singe ; il est vrai que la représentation des visages dans l’art est rare dans l’Europe du nord protestante qui y rechigne souvent.

Tous les autres artistes sont de qualité et typique des années 1960-2000. Jan Voss, Bernard Rancillac, Ben, Claude Viallat, de très belles sculptures de Bernard Pagès, François Morellet (en particulier son néon rouge de 2006, captivant).


Noël Dolla, Murs d’école,1999. Charbon de bois et tarlatane sur toile. 200 x 200 cm.
Courtesy MAMAC, Nice, © ADAGP, Paris. Photo Muriel Anssens
C’est avec John Armleder que vient la surprise ; le Mamac a ménagé une ambiance digne des sixties avec des œuvres pourtant plus récentes comme « Furniture-sculpture » qui date de 1994 et composée de deux toiles blanches et de trois fauteuils vert bleu et rouge. Est-ce une allusion aux canapés de Huis Clos dont on sait que l’un est vert, l’autre rouge mais dont on n’a jamais connu la couleur du troisième ?


Bernard PAGÈS  - Pal en cuivre, 2004 / Pal au fil de cuivre III, juin 2005
Photo Muriel Anssens

Et ensuite une demi-salle pour Noël Dolla dont il faut signaler la Croix de 1974 achetée par le Mamac dont les couleurs lie de vin et bordeaux donnent une profondeur telle que l’on croirait voir une apparition. A signaler également Pascal Pinaud et ses œuvres très fraiches.

C’est une belle collection que nous présente le Mamac, visible jusqu’au 1er juin ; il serait intéressant de voir le musée s’adresser également à d’autres galeries pour monter ses expositions.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®
Présents : Simone Dibo-Cohen, Christian Gallo




François MORELLET - Lamentable, 2006 
Courtesy galerie Catherine Issert, Saint-Paul de Vence © ADAGP, Paris, 2014 / Musée des Beaux-Arts, Angers

mardi 24 décembre 2013

La Galerie Ferrero donne 853 oeuvres à la ville de Nice

Le conseil municipal de la ville de Nice a approuvé lundi à l'unanimité la donation d'une importante collection d'oeuvres d'art -estimée à 2,5 M EUR- appartenant au galeriste Jean Ferrero, comprenant notamment des dizaines d'oeuvres d'Arman, César et Ben, entre autres artistes de l'"Ecole de Nice".

"Cette collection représente un intérêt historique certain pour la connaissance de l'histoire de l'Ecole de Nice et ce seul motif justifie que la Ville l'accepte", a estimé le maire Christian Estrosi, rendant hommage à Jean Ferrero, "acteur important de la vie artistique niçoise des cinquante dernières années".


Le galeriste Jean Ferrero, aujourd'hui âgé de 83 ans, a fait don à la ville de 48 oeuvres d'Arman, 37 de César, 33 de Ben notamment. L'ensemble de ces oeuvres sera exposé dans l'ex-Forum de l'urbanisme de Nice, au coeur de la vieille ville.

Parmi les oeuvres données, dont la valeur a été estimée par un cabinet d'experts parisien, L'"Estafette" de Ben, véhicule-musée dans lequel l'artiste a longtemps sillonné les rues de la ville dans les années 1970-1980, ou encore "Le Concerto de Pékin", seule oeuvre réalisée en Chine et en direct par Arman.

Jean Ferrero avait notamment émis comme conditions pour cette donation que les oeuvres soient "exposées au public à Nice dans un lieu dédié" et qu'elles ne puissent être ni dissociées, ni commercialisées.

"Mon rêve était de faire ce musée, un lieu où l'on puisse faire beaucoup d'expos autour de '60 ans de salades niçoises'", a plaisanté l'ancien galeriste, interrogé au téléphone par l'AFP. Cette collection a cependant été mal évaluée par les experts et vaudrait "plutôt autour de 4 à 5 millions d'euros", a-t-il assuré.
Source : http://culturebox.francetvinfo.fr/

vendredi 7 juin 2013

Jean Mas attaque !

Un communiqué publié par Jean Mas :

« J’aime et j’attaque : la réciprocité d’un acoquinement ‘Ben/Onfray’ »
Ben ne doute de rien puisqu’il l’énonce. Il est ‘nonce’ comme ambassadeur de lui-même.
Nous avons bien perçu un soir de vernissage de Ben ses légères ‘lapsusations’, avec un Michel ‘Or frais’, vite assimilées à un orfraie ! Drôle d’oiseau - de proie - qui tourne au-dessus du milieu de l’art !
Bon, chacun y trouve son compte à bon ‘conte’, car il faut les écouter, l’un avec son dénigrement systématique de la chose Psy, l’autre avec son jeu de l’égo.

Ils en font tous deux leur beurre, en tartinant d’art et de philo le pauvre quidam qui n’en peut mais !  Et là, je retrouve mon ‘Peu’, ma lettre P qui me soutient pour dire la compassion que j’éprouve à leur égard.
Chacun fait son lit de l’inconséquence et de l’ignorance de l’autre. Car douter, c’est surtout poser la problématique du concept et du lieu « d’où tu es » (d’où t’es ? De quel lieu parles-tu ?).
On fraie avec Ben pour toucher aux limites du bornage, et pour, à l’épreuve d’un questionnement, se trouver dans le radotage d’une pensée.
Chacun d’eux, étirant son domaine, essaie de se faire entendre. Mais c’est en tendre que je les perçois, eux qui ne doivent point craindre le doute, mais la goutte du pied au débordement du vase ! Aussi, je les aime bien, comme deux grands enfants…


Notez bien : en ma qualité d’ismaélite, je revendique au nom de ma tribu (Massa), le lieu de la tradition, celui du doute, dénommé ‘massa’ (voir Moïse, le rocher…).
A ce titre,  suis-je dûment autorisé à revendiquer le Doute et à m’exprimer en son nom, étant le seul artiste à le porter en moi, à l’incarner.
Ben fait feu de tout bois, Onfray ramasse les cendres !
A l’Ecole de Nice, on s’amuse toujours bien !

Artistiques salutations,
Jean Massa /Mas »


Jean Mas expose en ce moment au service culturel de Beausoleil.