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mercredi 28 octobre 2015

Noël Dolla au Palais de Tokio

Lors de l’été 2013, la VILLA ARSON à Nice invite Noël Dolla à réaliser une exposition.
Celui-ci choisit de présenter une exposition monographique et collective à la fois, exposition dans laquelle il invite près de 80 artistes, pour la plupart amis et compagnons de route, récents ou plus anciens. Sous le titre « Entrée libre mais Non obligatoire », cette exposition couvrait une grande partie des espaces de la VILLA ARSON, soit près de 23 000 m2. Pétri de surprises, le parcours était destiné à bousculer les modalités traditionnelles de présentation des oeuvres.

Dans le livre éponyme coédité par BLACKJACK éditions et la VILLA ARSON le travail de l’artiste est agencé de manière organique, à travers un jeu d’associations intuitif et subjectif. La mise en écho des œuvres se moque de la chronologie comme du cloisonnement par médium. Pour autant, le livre n’élude pas l’histoire de cet artiste que l’on dit Supports/Surfaces, comme si cette aventure se réduisait à un courant, à un « -isme ». L’ ouvrage est l’histoire sur 442 pages d’un déracinement toujours recommencé, d’un territoire artistique improbable, singulièrement ancré au cœur d’une trajectoire assumée.




Enfin, à l’initiative de L’ÉCLAT, Marianne Khalili-Roméo et Robert Kudelka ont réalisé, toujours sous le même intitulé, un film consacré à Noël Dolla. L’artiste s’exprime sur son engagement de peintre, d’enseignant et d’homme dans la société. Film sans commentaire, ni analyse, la parole de l’artiste construit un récit qui a pour matière son art et sa vision politique, sa façon de se situer dans l’histoire et de défendre une position singulière dans l’art contemporain.
Ces dimensions ont donné tout son sens à une oeuvre plastique gigantesque, entreprise depuis 1967.

La rencontre sera introduite par Jean de Loisy (président du Palais de Tokyo) et Jean-Pierre Simon (directeur de la Villa Arson).

Mercredi 4 novembre de 19h à 21h
Accès sur présentation du ticket d’entrée du Palais de Tokyo PALAIS DE TOKYO Salle 37 – 13, avenue du Président Wilson 75 116 Paris.

dimanche 9 février 2014

Berggreen, le leg fait au Mamac.

Henrik Berggreen était un collectionneur danois qui, à l’âge de 68 ans, s’installa dans le Var. Une galerie azuréenne va lui confectionner une collection d’œuvres d’artistes contemporains créées entre 1997 et 2010. Pourtant Berggreen conservera des œuvres qu’il possédait au Danemark en particulier Jan Voss, Jean Messagier et Bernard Rancillac.

Ce sont soixante-dix œuvres qui tombent dans l’escarcelle du Mamac et une partie de ces dernières sont exposées en compagnie d’autres qui viennent des réserves du musée.

La présentation réalisée par Gilbert Perlein crée dans chaque salle du premier étage une ambiance particulière et sensible bien en accord avec les œuvres présentées.


Jean-Charles Blais, Sans titre, 1985. Gouache sur papier. 61 x 69 cm (74 x 82 cm avec cadre).
Courtesy MAMAC, Nice, © ADAGP, Paris. Photo Muriel Anssens




Dans la première salle un ensemble d’œuvres de Jean-Charles Blais qui était peu représenté jusqu’à présent au musée. Il est devenu célèbre avec son aménagement de la station de métro de l’Assemblée nationale à Paris et ses collages, papiers découpés et ses gouaches sont bien représentés dans l’exposition. A signaler une très belle vidéo que la galerie a vendu au Mamac intitulée « Sig » où le trait, projeté sur un mur se déforme sans cesse laissant apparaître les contours simplifiés d’un visage.

Elle a d’ailleurs constitué une très remarquable collection à Henrik Berggreen puisque l’on découvre de très belles œuvres d’Alberola où l’on voit apparaître les seuls visages de l’exposition dont un singe ; il est vrai que la représentation des visages dans l’art est rare dans l’Europe du nord protestante qui y rechigne souvent.

Tous les autres artistes sont de qualité et typique des années 1960-2000. Jan Voss, Bernard Rancillac, Ben, Claude Viallat, de très belles sculptures de Bernard Pagès, François Morellet (en particulier son néon rouge de 2006, captivant).


Noël Dolla, Murs d’école,1999. Charbon de bois et tarlatane sur toile. 200 x 200 cm.
Courtesy MAMAC, Nice, © ADAGP, Paris. Photo Muriel Anssens
C’est avec John Armleder que vient la surprise ; le Mamac a ménagé une ambiance digne des sixties avec des œuvres pourtant plus récentes comme « Furniture-sculpture » qui date de 1994 et composée de deux toiles blanches et de trois fauteuils vert bleu et rouge. Est-ce une allusion aux canapés de Huis Clos dont on sait que l’un est vert, l’autre rouge mais dont on n’a jamais connu la couleur du troisième ?


Bernard PAGÈS  - Pal en cuivre, 2004 / Pal au fil de cuivre III, juin 2005
Photo Muriel Anssens

Et ensuite une demi-salle pour Noël Dolla dont il faut signaler la Croix de 1974 achetée par le Mamac dont les couleurs lie de vin et bordeaux donnent une profondeur telle que l’on croirait voir une apparition. A signaler également Pascal Pinaud et ses œuvres très fraiches.

C’est une belle collection que nous présente le Mamac, visible jusqu’au 1er juin ; il serait intéressant de voir le musée s’adresser également à d’autres galeries pour monter ses expositions.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®
Présents : Simone Dibo-Cohen, Christian Gallo




François MORELLET - Lamentable, 2006 
Courtesy galerie Catherine Issert, Saint-Paul de Vence © ADAGP, Paris, 2014 / Musée des Beaux-Arts, Angers

dimanche 30 juin 2013

Arson : l’histoire d’amour de Noël Dolla

La villa lui consacre son exposition de l’été et Dolla la transforme en une histoire d’amour. Professeur et directeur de l’école, il n’y exerce plus depuis quelques années et subitement il en éprouve un manque. Mais un manque de l’extraordinaire bâtiment conçu par l’architecte Michel Marot en béton et en galets traversé par des coursives, recouvert de terrasses et de pièges à lumière. Alors Noël Dolla décide d’occuper tout l’espace avec ses œuvres et celles de ses amis pour faire partager son histoire d’amour.


Dès le départ il encombre l’entrée de parapluies rouges, «je reste résolument rouge», pour empêcher le visiteur de pénétrer dans la villa. En effet le parcours commence sur le côté, par la façade est. C’est «un joyeux bordel qui met tout à l’envers. Le parcours commence par le futur» déclare-t-il. Des fauteuils en bois émaillent le trajet et tout à coup nous tombons sur des « Étais d’été » soutenant les plafonds qui n’en n’ont nul besoin. Ces étais sont collés avec des plumes échappées d’un oreiller, et dominés par des blocs de paille d’où surgissent des plantes grasses poussant la tête en bas. Subitement pour nous faire découvrir les casquettes en béton en nous faisant lever la tête, Dolla a collé des bandes de papier blanc : «j’ai joué à Michel-Ange». 



La promenade nous amène alors à l’extrémité sud de la villa, sous les bâtiments où Dolla a accroché des boites de pois chiches, qu’il prévoit bien utiles en temps de guerre. Un hommage peut-être à Manzoni, en supposant que c’était là un moyen de remplir celles de ce dernier. Mais le but est de nous faire remonter par cette allée superbe où les cyprès centenaires font face aux murs de galets.

Si Dolla n’exprime pas là son histoire d’amour avec le bâtiment, pourquoi nous inciter à effectuer ce trajet ? N’a-t-il pas fait peindre les portes des ateliers de l’école, fermés l’été, en laissant un petit trou pour nous inviter à découvrir les salles abandonnées ? Cela s’appelle « Etant donné les vacances, eau et gaz à tous les étages ». Pour nous inciter à aller sur la plus belle terrasse, il y a érigé une œuvre de neuf mètres de haut intitulée « Tout les mots du monde », équipée comme un paratonnerre.

 

Puis on pénètre dans le bâtiment, on traverse trois salles vintage pour voir 250 tableaux de lui et de ses amis, alignés sur des étagères, cheminement d’une rétrospective où se mélangent ses passions et ses souvenirs. Plus loin, ce sont des oeuvres d’artistes américains de sa collection personnelle, et enfin une salle où Dolla expose ses grands tableaux dont sa dernière création posée par terre, avec une terrasse en bois qui permet de la découvrir «Les Dents de ma mère, pour un million de dollars», où il déclare sérieusement que cela en est réellement le prix. 


Ces amis sont nombreux sur les cimaises de la villa Arson, mais si on se contente de se placer devant une œuvre pour en porter un jugement, on risque de louper l’essentiel de cette promenade traversée par une rupture dans les lignes de l’avant-garde historique. Ce joyeux bordel, au sens de Pierre Bourdieu, témoigne de cinquante années de recherches et de passions. Une histoire d’amour…

Christian Gallo © Le Ficanas ® - Photos Christian Gallo

mardi 11 juin 2013

Une exposition mono/polygraphique de Noël Dolla, une flânerie joyeuse dans le dédale architectural de la Villa Arson.


Entrée libre mais non obligatoire dit la volonté de Noël Dolla de sublimer les 23 000 m2 de la Villa Arson avec la complicité amicale de nombreux artistes. Briser la règle de la bonne ordonnance du point de VUE UNIQUE, perturber les modalités d'exposition des oeuvres d'art par une alchimie "d'invasions" et de "débordements" de la totalité des espaces de l'école nationale supérieure d’art, des galeries du centre d’art, des jardins et terrasses qui ne formeront plus qu’un lieu UNIQUE d’expérimentation artistique.



Avec la collaboration de : Élodie Antoine et Marianne Khalili Roméo
Et la participation complice, artistique et technique de : Stéphane Accarie, Kaloust Andalian, Patrick Aubouin, Pascal Broccolichi, Thierry Chiapparelli, Sandra D. Lecoq, Jean-Baptiste Ganne, Ulrike Gruber, Robert Kudelka, Arnaud Labelle-Rojoux, Patrice Lorho, Stéphane Magnin (atelier de répliques Autoprogettazione, 1974, Enzo Mari), Arnaud Maguet, Bérénice Mayaux, Philippe Mayaux, François Paris, Pascal Pinaud, Florian Pugnaire, David Raffini, Philippe Ramette, Jérôme Robbe, Guy Scarpetta, Gauthier Tassart, Rémi Voche, Tatiana Wolska, ...
Artistes invités : Polly Apfelbaum, David Diao, Lydia Dona, Jacob El Hanani, Craig Fisher, Roland Flexner, Mary Heilmann, Shirley Kaneda, Jonathan Lasker, Fabian Marcaccio, Saul Ostrow, David Reed, ...
Et la petite collection de Noël et Loupio Dolla : David Ancelin, Ghada Amer, Olivier Bartoletti, Ben, Joseph Beuys, Caroline Boucher, Julien Bouillon, Victor Burgin, Louis Chacallis, Pierre Descamps, Marc Devade, Daniel Dezeuze, Eric Dietman, Cheryl Donegan, Öyvind Fahlström, Malachi Farrell, Dominique Figarella, Grégory Forstner, Karim Ghelloussi, Giorgio Griffa, Philippe Gronon, Jan Groover, Gulla Gunnarsdóttir, Aïcha Hamu, Vivien Isnard, Pierre Joseph, Rachel Laurent, Natacha Lesueur, Virginie Le Touze, Sol Lewitt, Made in Eric, Robert Malaval, Henri Matisse, Elisabeth Mercier, Mathieu Mercier, Maryline M’Gaïdes, Olivier Mosset, Omer Orselli, Bernard Pagès, Jean-Luc Parant, Philippe Perrin, Francis Picabia, Pino Pinelli, Edouard Prulhière, Martial Raysse, Paul Rotterdam, Georges Rousse, Patrick Saytour, Gérard Titus-Carmel, André Valensi, Didier Vermeiren, Jean-Luc Verna, Claude Viallat, Andy Warhol, ...

Une création sonore collective - co-production Villa Arson et CIRM (Centre national de création musicale) - par Pascal Broccolichi, François Paris, ainsi que Diane Blondeau, Maïa Blondeau, Simon Léopold et Simon Nicolas.
Exposition du 30 juin au 21 octobre 2013
Vernissage public le 29 juin à 17h