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mardi 5 mai 2015

De l’art accessible en très (très) grand.

L’art contemporain est souvent lié à la monumentalité. Mais qui peut s’offrir de telles œuvres ? Pourtant, pour ceux qui n’apprécient plus les chromos de soleil couchant des iles du Pacifique sur les murs de leur séjour, il y a une solution nouvelle qu’ils peuvent partager avec les palaces, les palais des congrès et les lieux d’exception. Imaginez sur votre mur une œuvre contemporaine inédite qui peut même être lumineuse.

Le groupe Atlantis, installé à Carros, est connu pour l’impression sur tout support quelque soit la dimension (jusqu’à 80 mètres !). Ce sont ces palissades de chantier, ces affichages temporaires à la devanture des lieux d’exposition ou tout simplement les camouflages d’échafaudages. En collaboration avec l’UMAM (Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne), qui va fêter ses 70 ans l’année prochaine, une sélection de grands artistes contemporains vous permet aujourd’hui d’acquérir des reproductions de certaines œuvres sélectionnées et conçues à la dimension du lieu que vous souhaitez aménager. Les artistes sont d’ailleurs rémunérés pour chaque édition. Chaque tirage est numéroté et signé par l’artiste.

Vincent Descotils, Claude Gilli, Bernard Langestien sur un mur en faux béton.
De la dernière biennale de l’UMAM, ont été sélectionnés Tom Herck avec un impressionnant vitrail monté sur un caisson lumineux, Miryan Klein, Catherine Duchêne et Johan Fournier, Yions Schwenke, Vincent Descotils, Daniel You, Bernard Langestein. Ont été rajoutés le célèbre Claude Gilli, Sylvie T., Natalia Nnatkin et Alain Hanel.

Un décor total :

Mais ce n’est pas tout, car ces œuvres et d’autres décors peuvent être imprimés également sur des cloisons vitrées, sur le sol, sur les plafonds. Des adhésifs peuvent être posés sur des murs, de même que l’impression sur tissu, en masquant toutes les aspérités. La salle de présentation des œuvres au groupe Atlantis de Carros est même recouverte de murs en béton, qui sont en fait du tissu…

Tom Herck (caisson lumineux)
A cela s’ajoutent des œuvres en plexiglass, en verre, des intégrations murales de dispositifs sonores. De quoi ravir tous les architectes et les décorateurs d’intérieur.

L’UMAM a souhaité participer à cette conception de l’art populaire. Car il ne doit pas seulement s’exprimer dans les rues pour le plaisir des passants, mais également être acquis par les amateurs et les professionnels. Les choix effectués de ces grands artistes et les qualités d’impression vont permettre un véritable renouveau de l’habitat.

Contacts : http://www.groupe-atlantis.com/fr/ Tél. : 04 92 27 00 44

Christian Gallo - © Le Ficanas ®
Etaient présents à l’inauguration pour l’UMAM : Simone Dibo-Cohen, Christian Gallo, Guy Maurin, Dominique Tardler.

jeudi 9 avril 2015

« Souvenir du 14 juillet de ma jeunesse » offert par Claude Gilli

Claude Gilly est issu d’une famille niçoise dont on trouve des traces dans les archives de la ville dès le XVe siècle. En 1955, il entre à l’Ecole des Arts Décoratifs de Nice et se retrouve aux cotés de France Raysse et fera ainsi la connaissance de son époux, Martial Raysse. C’est aussi là qu’il rencontre Nicole Rondoni, étudiante en section Décoration-Volumes. Pendant l’été 1957, autre rencontre décisive, avec Albert Chubac qui l’initie à l’art moderne et à tout un langage de liberté, Claude Gilli va mûrir son propre vocabulaire.

Les années 1959-1960, sont une période charnière dans son travail, période des Tirs et des peintures OAS. De ces dernières, faites de toile, de fil de fer et d’ampoules électriques, il ne reste pratiquement rien. Elles ont été détruites en même temps que les travaux réalisés pour l’Ecole des Arts Décoratifs, lors d’un autodafé symbolique le 31 décembre 1962, sur la plage de Saint-Laurent-du-Var.

Les années 1963-1965 sont l’époque des œuvres en bois découpés et peints. La série des nuages, formes rondes et douces que Gilli découpe à la petite scie à main et à métaux, puis à l’aide de la scie électrique offerte par Arman, chagriné de le voir peiner sur les panneaux de contre-plaqué avec des outils inadéquats.


En 1966, il présente ses premières coulées où des pots de peintures déversant un liquide épais, toujours en bois découpé, créent une dynamique mur-sol spectaculaire.

Il abandonne, pour un temps la couleur, en 1968, en employant des Plexiglas transparents avec une volonté d’explorer la non-couleur, de révéler la poésie de la transparence.

En 1969, une promenade sur le marché du cours Saleya, provoque chez Gilli un véritable choc : un cageot renversé laisse échapper un flot mouvant d’escargots en quête de liberté. Les formes aléatoires des empreintes humides laissées sur le sol, le pousse à provoquer des mises en scène : de retour dans son atelier, il soumet ces gastéropodes à des provocations. L’escargot vivant devient alors son outil privilégié. Il dédiera d’ailleurs à ces escargots, un char monumental dans le cadre du carnaval de Nice 1994.

C’est en 1985 qu’il réalise une sculpture monumentale en acier pour le Palais des congrès de la Ville de Nice. Cet évènement le conduira à s’engager dans une nouvelle voie, celle de la réalisation de sculptures en acier.

Il vient d'offrir « Souvenir du 14 juillet de ma jeunesse » à la ville de Nice.

dimanche 29 mars 2015

Vente de la collection Ferrero

COLLECTION JEAN FERRERO : « SES AMIS ARTISTES DE L’ECOLE DE NICE »

Paris – C’est sous le marteau de Francis Briest qu’Artcurial dispersera, le 1er avril prochain, une partie de la collection de Jean Ferrero, l’un des grands témoins de la vie artistique de la Côte d’Azur de la 2nde moitié du XXe siècle. Cet ensemble de plus de 200 œuvres de l’Ecole de Nice a été rassemblé par un homme amoureux de l’art et des artistes avec qui il a tissé de profonds liens d’amitié. On retrouvera les incontournables de ce mouvement artistique, dont plusieurs œuvres de Ben, Arman, Bernar Venet, Claude Gilli et du voisin marseillais César.

BEN : "C’est Jean qui a attrapé l’art par la queue" - 2000 - acrylique et bois peint sur panneau,
Collection Jean Ferrero, 52,5 x 72,5 cm (estimation : 4 000 – 6 000 € / 4 500 – 6 500 $)
 L’École de Nice rassemble environ 30 artistes ayant vécu et créé dans la région niçoise, au cours de la seconde partie du XXe siècle. Certains appartiennent à des mouvements artistiques établis, comme Arman et Martial Raysse (Nouveau Réalisme) ou Ben (Fluxus), tandis que d’autres échappent aux classifications, comme Bernar Venet, Claude Gilli...

Jean Ferrero, installé à Nice, se lie d’amitié avec ces artistes locaux qui l’autorisent à les photographier lors de leurs créations. Il possède aujourd’hui des archives impressionnantes de portraits qui dépassent le cadre de l’Ecole de Nice. On y croise Man Ray, Lucio Fontana, Marc Chagall, Pierre Soulages, Jean Cocteau, Martial Raysse... Pas un artiste travaillant sur la Riviera, et même au-delà, n’a échappé à son objectif.

Jean Ferrero est un collectionneur passionné. Il se définit lui-même comme « un mauvais marchand rongé par le virus de la collectionnite ». Mais c’est son ami Ben qui en dresse le portrait le plus complet, dans une œuvre de 1971 : « Ici habite Ferrero / né le 1er Mars 1931 / cinéaste de vedettes, berger, photographe d’hommes nus – collectionneur avide d’art moderne – aime l’argent – la viande de cheval cru – les femmes des autres – parle trop. » Cette description synthétise à la fois la personnalité attachante et exubérante de Jean Ferrero, mais énumère aussi ses multiples vies.

Fils d’immigré italien, Jean Ferrero est un autodidacte. Après une enfance modeste, il multiplie les petits boulots avant de se tourner vers la photographie. D’abord comme photographe de rue, il tire le portrait des passants. Puis il commence à trouver ses propres sujets. Il capture des images posées de ses partenaires de boxe et d’haltérophilie, abordant le thème du nu masculin en extérieur. Rapidement, ces clichés connaissent une diffusion internationale. Les commandes de magazines internationaux se multiplient et constituent une source importante de revenus entre 1955 et 1975, lui permettant d’acquérir un grand nombre d’œuvres. Parallèlement, il travaillera comme photographe de presse pour Nice Matin, La Stampa et surtout la revue XXe siècle, pour laquelle il réalise de nombreux reportages sur des artistes célèbres, ce qui lui ouvre les portes du monde le l’Art.

Le sport constitue un socle fondateur dans la vie de Jean Ferrero. C’est grâce au sport qu’il trouvera ses premiers modèles, et c’est dans les clubs de la Côte d’Azur qu’il rencontrera les artistes et deviendra leurs amis. Cet homme généreux entretiendra des relations privilégiées avec la plupart des artistes de la région. On retrouve ainsi dans sa collection, à coté des œuvres caractéristiques, des travaux plus personnels, plus intimes, comme les œuvres de César réalisées dans l’appartement de Jean Ferrero, en compagnie de la fille du collectionneur. Ben fait également partie de sa garde rapprochée, dès leur rencontre en 1965. Il réalisera plusieurs fois son portrait, preuve de leur attachement mutuel.

C’est en 1970 que Jean Ferrero finit par ouvrir sa première galerie, sur le port de Nice. Il s’inspire de ce qu’il a pu découvrir à Soho lors de ses voyages à New York, et crée la première galerie en appartement de la région. Quelques années plus tard, il se relocalisera près de la Promenade des Anglais, dans un espace imposant de 300m2 qu’il dirigera jusqu’en 2003.

Sa devise, « l’art, quel qu’il soit » explique l’éclectisme de sa collection. A 84 ans, Jean Ferrero souhaite aujourd’hui se consacrer à son œuvre photographique. Le 26 février 2014, il fait don à la ville de Nice de 853 œuvres parmi lesquelles des pièces d’Arman, Ben, César ou Moya ainsi que des œuvres figuratives, et décide de vendre environ 200 œuvres chez Artcurial.

Exposition : 29 mars, de 14h à 18h, le 30-31 mars, de 11h à 19h
Vente : Mercredi 1er avril 2015 à 16h00
Artcurial - 7 rond-point des Champs-Élysées - 75008 Paris

ARMAN : "COLERE DE CONTREBASSE" - 1971
Combustion de contrebasse brisée dans résine polyester et plexiglas - 200 x 160 x 22 cm 
Collection Jean Ferrero - Estimation : 170 000 – 220 000 € / 190 000 – 250 000 $
Les « Colères froides » d’Arman – visant le plus souvent des instruments de musique – incarnent une tendance destructrice dans l’œuvre de l’artiste, qui apparait comme l’antithèse de sa tendance préservatrice incarnée par les « Accumulations ». Les « Colères froides » se situent dans la tendance des happenings dont s’emparent les Nouveaux Réalistes.

Chaque éclat de l’objet a été inclus dans une composition, de sorte à ce qu’il ne soit pas simplement le témoignage de la performance de l’artiste, mais également une œuvre à part entière résultant d’une action destructrice qui se révèle paradoxalement créatrice.


CESAR - "EXPANSION MOBILOIL" - 1968
Mousse polyuréthane et boîte de conserve sur panneau
Pièce unique 86,50 x 66 x 20,50 cm
Collection Jean Ferrero - Estimation : 10 000 – 15 000 € / 11 000 – 17 000 $
Durant la seconde moitié des années 60, César découvre les propriétés de la mousse polyuréthane qui gonfle de manière impressionnante au contact de l’air, avant de sécher. Ce déferlement de matière se trouve aux antipodes des « Compressions ».


Claude GILLI : "L'OFFRANDE" - 1964
Bois et métal peints - 191 x 79 x 8 cm - Collection Jean Ferrero
Estimations : 8 000 – 12 000 € / 9 000 – 13 500 $
Cette œuvre synthétise deux des voies artistiques principales explorées par Claude Gilli à partir des années 1960 : les découpages et les ex-voto.
Aux yeux du galeriste Jacques Matarasso, ce type d’œuvre allait sans doute faire un « malheur » sur la scène artistique new-yorkaise, que Claude Gilli s’apprêtait à aller conquérir aux côtés d’Arman. Mais une sclérose en plaque le contraint à rester à Nice d’où son œuvre rayonnera malgré tout, notamment grâce au soutien précieux de Jacques Matarasso et Jean Ferrero.