mercredi 4 mars 2015

LES OUBLIÉES DE LA VICTOIRE

Les femmes pendant la guerre de 1914

Face à l’injustice de l’Histoire qui n’a retenu de la guerre de 1914 que l’héroïsme de ses soldats, il est temps de rappeler le rôle essentiel des femmes durant ce conflit.
Les hommes partis au front, la France se tourne vers celles qui les ont silencieusement accompagnés jusqu’alors. Dans l’anonymat le plus complet, mais avec un courage exemplaire, les femmes accomplissent des travaux physiques hors du commun. Les immenses terres agricoles sont désormais entre leurs mains. Il en va de leur engagement pour que la nation ne meure pas de faim. Par ailleurs, les besoins en armement sont considérables. Les industriels ne pour- raient pas faire face sans les munitionnettes et leurs douze heures de présence quotidienne dans les usines.

Au-delà de cet anonymat, des personnalités fortes voient le jour. Féministes et pacifistes les institutrices seront les premières à prendre la parole décrient les horreurs et le non-sens des combats. Certaines d’entre elles, telle Edith Warthon, inventeront un journalisme de guerre, en se rendant dans les zones d’occupation, et seront des témoins objectifs de la vie dans les tranchées.
La souffrance physique des soldats est si grande que de nombreuses femmes, à l’image de la reine Élisabeth de Belgique, mettent toute leur énergie à sauver des vies, ouvrant ici un hôpital de campagne, apportant là-bas, avec une abnégation totale, des soins aux blessés, ou convainquant les états-majors de l’absolue nécessité d’utiliser les « petites Curie » sur les champs de bataille.

Leur détermination les conduira jusque dans les premières lignes de tir que Marthe Richard, aviatrice hors pair, survolera dans son avion.
Dans le jeu de la guerre apparaît un nouveau métier : l’espionnage. Certaines de ces femmes seront remarquables de sang-froid et d’organisation mais y perdront la vie. Bien loin de l’image sulfureuse de Mata Hari, Louise de Bettignies invente le maillage de la Résistance.

Victorieuses, mais oubliées : la réalité de l’Histoire s’exprime dans ce paradoxe. La femme moderne peut enfin naître.


Martine Gasquet, ancienne directrice de la culture de la Ville de Nice et du Centre universitaire méditerranéen, historienne de formation, nous offre, dans un récit vivant et très documenté, une série de portraits qui unit les destins romanesques et tragiques des femmes dans la Grande Guerre à celui de la France. 
 
Conférence dédicace - mardi 10 mars à 16 heures - Centre Universitaire Méditerranéen - Nice



Aucun commentaire:

Publier un commentaire