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samedi 17 juin 2017

GUILLONNET, de l’ombre à la lumière

L’exposition de l’été 2017 au château de Carros est une rétrospective exceptionnelle consacrée à la redécouverte d’un peintre du siècle dernier, dont l’ancrage territorial à Carros s’accompagne d’un rayonnement international peu commun pour un artiste de sa génération.

Dans le cadre de la commémoration du cinquantenaire de sa disparition, Octave Denis Victor Guillonnet (1872-1967) est mis à l’honneur par la ville de Carros à travers une importante rétrospective de son œuvre. Guillonnet est arrivé à Carros en 1899. C’est là, dans son atelier de la Forge, à l’entrée du village, qu’il a peint ses plus grandes œuvres, aujourd’hui conservées et exposées dans de nombreux musées en France. Les œuvres présentées proviennent de collections privées, de galeries, de musées mais aussi du propre fonds de la ville de Carros. Toiles majeures, dessins, études, esquisses, objets et documents permettront de donner à voir, dans un ensemble représentatif, une œuvre dont une large partie a été composée dans l’atelier situé à proximité du lieu d’exposition.


Guillonnet a eu un parcours de créateur solitaire en marge de tous les mouvements. Personnage affable et travailleur acharné, peintre parisien et provincial, mondain et pastoral, mural et rural, cet artiste a bâti une œuvre solide qui est un régal pour l’œil et une évasion pour la pensée. Coloriste virtuose et maître de la lumière, ce fin observateur des hommes et de la nature mérite d’être revalorisé dans nos regards actuels. Puisant dans les fondements d’une rigueur toute classique, son art tend la main à notre monde contemporain en le chargeant de sens.

Jusqu'au 17 septembre - du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 17h30 - Fermé le lundi et les jours fériés.
http://www.ciac-carros.fr/ 


mercredi 8 juin 2016

De Carros à San Giustino UN + UNO

Depuis 1982, la commune de Carros est jumelée à la commune italienne de San Giustino, entre Toscane et Ombrie dans la vallée du Tibre. Des échanges scolaires, sportifs et culturels ont laissé de nombreux souvenirs des deux côtés de la frontière. Avec le nouveau siècle, le monde devenant virtuellement à portée de main, les échanges se sont paradoxalement raréfiés jusqu’à s’évanouir. Pour réactiver de manière dynamique ce jumelage, le peintre carrossois Dominique Landucci, commissaire de cette exposition, a choisi d’associer deux à deux des artistes de ces communes, en jouant avec les codes et les grands thèmes de l’histoire de l’art.
Carros
San Giustino
La diversité des disciplines sollicitées, des styles et des références, comme l’éventail des personnalités représentées couvrant des générations et des pratiques différentes, donnent un nouvel éclairage sur la dimension territoriale de la vie artistique et culturelle. Ainsi, la peinture sous toutes ses formes mais aussi le verre, la photographie, la sculpture, le dessin, mettant en valeur la matière, les signes, l’abstraction géométrique, l’art singulier, le Pop’art, l’art gestuel, les mythologies, l’art ethnique, parmi d’autres entrées, y sont à l’honneur.

Ce parcours s’inscrit dans la continuité des actions du Centre international d’art contemporain, au sein duquel les expositions allient un caractère expérimental et des qualités d’accessibilité au plus grand nombre, comme support de transmission des valeurs portées par la culture à destination de tous.

Samedi 11 juin, 11h30 : Vernissage en présence des artistes.

Exposition du 11 juin au 28 août 2016
Du 1er juillet au 31 août, le Centre international d'art contemporain est ouvert de 10h à 12h30
et de 14h30 à 18h30.

lundi 29 février 2016

"Sortir de sa réserve" à Carros

La collection du CIAC offre un savoureux itinéraire-bis de la création artistique sur la Côte d’Azur et au-delà depuis un demi-siècle. Cette présentation éclectique se veut un hommage aux donateurs (artistes ou collectionneurs) qui ont contribué à la richesse de ce fonds.


Sélection d’œuvres de la collection du CIAC-ville de Carros : Marcel Alocco, Danielle Androff, Serge Angel, Alfred Angeletti, Arman, Neal Beggs, Luc Boniface, Gaël Bourmaud, Jack Casadamont, Jean Cassarini, Caroline Challan Belval, Véronique Champollion, Jean Charasse, Jean-Louis Charpentier, Max Charvolen, Alberto Cipriani, Antoni Clavé, James Coignard, Christiane Colmagro, Henri Comby, Franco Cortese, Cathie Cotto, Robert Dulcères, Gérard Eppelé, Pierre Faniest, Daniel Farioli, Ellen Fernex, Sakae Hasegawa, Suzanne Hetzel, Hans Hunold, Ladislas Kijno, Patrick Lanneau, Jean-Jacques Laurent, Monique Le Houelleur, Hicham Lidrissi, Jacques Lucas, Renaud Maridet, Jean Mas, Bruno Mendonça, Claude & Isabelle Monod, Claude Morini, Judith Nem's, Olga Parra, Gilbert Pedinielli, Claude Pellier, José Pini, Isabelle Prade, Bernard Reyboz, Jean-Marie Rivello, Renée Rohr, Leonardo Rosa, Alain Rufas, Robert Saint-Cricq, Armand Scholtès, Serge III, Claude Troin, André Verdet, Edmond Vernassa, Jean Villeri, André Villers, Piergiorgio Zangara.

Exposition du 27 février au 22 mai 2016
Vernissage : Samedi 27 février, 11h30
Centre International d'Art Contemporain
Château de Carros
ciac@ville-carros.fr
http://www.ciac-carros.fr/


mercredi 10 juin 2015

Carros : les artistes ont quitté le château

En janvier dernier nous avions relaté l’exposition « Carros territoire artistique » organisée par le CIAC de Carros (http://umamfrance.blogspot.fr/2015/01/carros-territoire-artistique.html). Ils ont quitté le château pour laisser la place à Le Corbusier, mais ouvrent les portes de leurs ateliers.
Le 20 et 21 juin 2015, dans le superbe village de CARROS, 10 artistes travaillant sur la commune, vous accueillent dans leurs ateliers ou dans des espaces métamorphosés le temps d'un week-end.
Ils vous proposent un moment privilégié de rencontre et d'échange, une immersion dans des univers différents, dans des lieux ou ils créent au quotidien.

C'est l'occasion de découvrir leurs pratiques, leurs productions (dessin, peinture, aquarelle, sculpture, gravure, livres d’artiste...) de pouvoir les interroger sur leurs travaux, leurs sources d'inspiration, les techniques utilisées .
Les regards croisés et les conversations engagées entre artistes et public nourriront le travail plastique des exposants et permettra au public d’aborder les pratiques artistiques en toute simplicité.

Un panorama d'artistes attachés à leur territoire et d'une création contemporaine diverse, vivante, ouverte et accessible, s’offrent aux amateurs d'art mais aussi aux non initiés.

Les artistes : Dominique LANDUCCI, Elizabeth FOYÉ, Pascale DIELEMAN, Pascale DUPONT, Marie-Annick RADIGOIS, SISCA, Marilyn JARDIN, Patrick TISSIER, Jean THIRY, Daniel FILLOD.

Entrée libre et gratuite Carros Village - Horaires : samedi et dimanche de 11h à 20h
Info : 06 79 16 62 91 - elizafoye@free.fr

mercredi 3 juin 2015

Vernissage de l'exposition "variations LeCorbusier"

Samedi 6 juin / 11h30

Du 5 mai au 27 septembre 2015, le centre international d’art contemporain (Ciac) accueille une exposition de prestige intitulée Variations Le Corbusier. Elle se décline en deux parties distinctes. D’un côté, un choix d’œuvres d’art contemporain et de l’autre une sélection de maquettes d’architectures.

Cette exposition est organisée l’année du cinquantenaire de la mort de Le Corbusier, qui s’est noyé le 27 août 1965 au large du littoral azuréen. Les 50 ans de sa disparition sont l’occasion, sur la Côte d’Azur, d’évoquer la réception ou l’écho de l’œuvre et de la figure de Le Corbusier dans le champ des arts visuels, de l’architecture et de la pensée. Les œuvres d’art exposées dans Variations Le Corbusier se distinguent par leurs techniques et leurs propos.

Sculptures, dessins, peintures, vidéos, œuvre sonore, photographies sont les pièces d’un puzzle où il est question d’harmonie, d’architectures, de mesure, de formes idéales et des postures d’un personnage iconique.


Centre international d'art contemporain  - CIAC - Place du château - Carros 06510
Contact général : Tél. 04 93 29 37 97- mail :  ciac@ville-carros.fr

dimanche 26 avril 2015

Variations LeCorbusier

Le cabanon du cap Martin, sa "chambre de villégiature" sur la Côte d’Azur, est une référence particulière, sans être exclusive.

Les œuvres d’art exposées dans variations Le Corbusier se distinguent par leurs techniques et par leur propos : sculptures, dessins, peintures, vidéos, œuvre sonore, photographie sont les pièces d’un puzzle où il est question d’harmonie, d’architectures*, de mesure, de formes idéales et des postures d’un personnage iconique. Ces œuvres sont des signes d’intelligence explicites ou indirects à celui qui a incarné le Mouvement Moderne, elles procèdent du croisement des univers de l’artiste qui les a produites et de l’architecte qui les a inspirées, des univers au vocabulaire formel selon le cas diamétralement opposé ou à l’inverse étrangement convergeant. De ce croisement résulte dans chaque cas une œuvre personnelle sinon intime, en quelque sorte exclusive de toute autre.

Dans variations Le Corbusier les maquettes d’architecture procèdent à divers degrés d’une démarche pédagogique. Tadao Ando est parti de la passion corbuséenne d’un de ses étudiants pour entreprendre avec ses élèves de l’Université de Tokyo la modélisation, à la même échelle, de toutes les maisons conçues et réalisées par Le Corbusier. À l’inverse, Alain Fidanza (ZHAW, Haute école des sciences appliquées de Zürich) a coordonné la construction par ses étudiants architectes d’une seule maquette, celle du cabanon mais cette fois à l’échelle 1/1. Et c’est le cabanon du cap Martin qui a servi de point de départ aux travaux des lycéens et collégiens des Alpes-Maritimes et qui a inspiré les patients de l’hôpital psychiatrique Sainte-Marie à Nice. Sélectionnées et présentées en série dans l’exposition, ces maquettes à l’origine pédagogiques se transforment en artefacts séduisants, dispositifs de représentation et d’interprétation efficaces de l’œuvre corbuséenne.

Éric De Backer - Commissaire de l’exposition



Lieven de Boeck - Mikado LDB Modulor - 2013, #2 (detail)
Courtesy the artist and Meessen De Clercq, Brussels/Photo Philippe De Gobert/Production : CIRVA, Marseille
Artistes : Michel Aubry, Neal Beggs, Lieven de Boeck, Ulla von Brandenburg, Martin Caminiti, Jennifer Douzenel, Ibai Hernandorena, M/M Paris d’après Pierre Huyghe, Renaud Layrac, Isa Melsheimer, Stéphanie Nava, Eve Pietruschi, Anne et Patrick Poirier, Stéphane Protic, Emmanuel Régent, Amandine Rousguisto, Julião Sarmento, Mathieu Schmitt, Isabelle Sordage, Xavier Theunis, Xavier Veilhan, Tomoko Yoneda.

Du 5 mai au 27 septembre - Centre international d’art contemporain
Château de Carros, Alpes-Maritimes - http://www.ciac-carros.fr/

Vernissage : samedi 6 juin 11h30.


jeudi 5 mars 2015

Art contemporain : quand un village découvre son territoire.


Le Centre International d’Art Contemporain de Carros (CIAC) nous offre habituellement dans son magnifique château des expositions qui nous présentent l’avant-garde de la création avec des artistes venant du monde entier. Avec son exposition « Carros, territoire artistique » on est devant une admirable surprise. Nous n’imaginions pas que ce merveilleux village renfermait en son sein des artistes aussi talentueux, qui sont loin de l’amateurisme. Cette initiative de la commune et du château nous fait réellement découvrir un territoire.

Marie-Annick Radigois nous amène à regarder les murs autrement, au travers d’aquarelles, et met l’accent sur leurs vies, leurs transformations ; des reliefs esquissés, un passé chargé ou joyeux transparaissent. Elle raconte « La folie ce n’est pas de parler aux murs, c’est de les entendre répondre ».

Carros c’est aussi une zone industrielle des années soixante et une ville nouvelle construite dix ans plus tard. Elizabeth Foyé utilise un objet du quotidien, présent dans toutes ces familles qui s’y installeront : la casserole. Les habitants vont les lui porter. L’artiste va alors les remplir avec des trames s’inspirant des éléments utilisés par les architectes et les urbanistes pour concevoir la ville nouvelle et recolorisée. L’installation est plus que séduisante.

Elizabeth Foyé - A l'emporte-pièce - Installation de 92 casseroles (détail)
Lorsque l’on pénètre dans la salle qui expose Dominique Landucci, on découvre des panneaux carrés très décoratifs, d’une grande finesse. Puis, la lumière s’éteint et à ce moment- là les œuvres apparaissent sous la forme de nouvelles images colorées, surprenantes. Au Louvre le laboratoire fait apparaitre régulièrement les couches de peintures et de dessins cachés situées sous l’œuvre des grands artistes. Seuls les spécialistes en profitent. Ici, Landucci nous offre la face cachée de son travail, mais la plus créatrice.

Mais Carros pourrait ne pas être sur la Côte d’Azur, mais au Tchad. C’est le voyage qu’a effectué Jean Thiry : du sable, de l’huile, des étoiles, du vent, des dunes : un ensemble chromatique exceptionnel. Les toiles de grande taille nous transportent dans un autre monde, dans cette Afrique rêvée, idéale, envoutante, vers une recherche de l’essentiel, de l’origine du monde et du paysage de la création de notre propre humanité.

Pascale Dieleman fabrique des petits bijoux. Elégants, certes, mais qui risqueraient d’être banaux s’ils n’étaient assemblés sur des toiles carrées, des trombinoscopes. Un des carrés est une simple glace, histoire que nous devenions nous-mêmes une œuvre d’art…

Avec Pascale Dupont c’est le livre qui apparaît. Il n’y a rien à lire mais tout à voir. L’écrit devient objet au travers de la toile, du papier, du parchemin, du bois… Il se développe en rouleaux sur une table, accroché aux murs telles des archives oubliées, se détruit et se réassemble ou, tout simplement marouflé, nous interpelle comme un cri, un appel. 
Pascale Dupont - Arête - Papier marouflé sur bois
La salle consacrée à Daniel Fillod témoigne de l’évolution d’un artiste des années quatre-vingt dix à nos jours. « La cène » est le meilleur exemple d’un art riche en couleur mais économe. En effet sur toutes ses toiles la trame apparaît, trame qui est souvent celle d’un drap de lit tendu (son père semble-t-il, en vendait)

La hongroise Suzanna Tar aime l’eau, la transparence, la création et surtout la procréation. Elle parcours la vie : « La vie est en perpétuel mouvement. La mort stabilise la vitesse de déplacement ». C’est donc une crucifixion transparente qui est suspendue dans le grand escalier du château : d’un côté un homme, de l’autre une femme. Papillons, saint Esprit volètent tout autour.

Le photographe Lionel Bascoulard est devenu plasticien et nous propose des bronzes de qualité comme le triptyque opéra. Des œuvres construites, assises, stables.

Et puis une heureuse surprise, Octave Denis Victor Guillonnet. Vous ne le rencontrerez pas, il a disparu en 1967. Ce carrossois, ami de Matisse, Bonnard et Derain, fut un grand illustrateur et affichiste. Outre une toile « les oliviers à Carros », le CIAC nous présente un travail passionnant, des dessins pour des peintures destinées à un palais officiel d’Amérique du Sud. Tous les dessins sont en parallèle avec les personnages nus, puis les personnages habillés dans des tenues sud-américaines. En réalité ce sont des habitants de Carros de l’époque. En visitant cette salle on comprend le travail de recherche de l’artiste que l’on a retrouvé sur un rouleau abandonné dans un grenier du village.

Il y a dans cette visite du château de Carros un voyage initiatique. Car le CIAC se mérite. Il faut monter à pied (on ne peut pas faire autrement) à travers les ruelles du village superbe, bien entretenu, avec une vue exceptionnelle. D’un côté la neige sur le Mercantour, de l’autre le soleil qui scintille sur la Méditerranée. Le château c’est la récompense d’un territoire artistique qui s’exprime avec talent.

Christian Gallo - © Le Ficanas ® - Photos : Gallo

Exposition jusqu’au 31 mars – Centre International d’Art Contemporain

Château de Carros (fermé le lundi)

Dimanche 29 mars / 15h-17h
Un dimanche en famille, parcours ludique suivi d’un atelier et d’un goûter
[Parents et enfants à partir de 6 ans, gratuit, sur réservation]. Tél. 04 93 29 37 97

jeudi 3 avril 2014

Eric Andreatta "Decoffrage" au CIAC de Carros

Avec exigence, science et patience, Eric Andreatta se met résolument au service de l'essence même de l'art.
Andreatta n'est pas un artiste comme les autres. Il ne sort d'aucune formation artistique ni d'une école d'art. Il est autodidacte.
Très jeune il bricole dans des ateliers de mécanique. Il récupère dans les déchetteries tout ce que le monde a rejeté. Ensuite il répare, il invente, il crée.
L'exposition au château de Carros présente un ensemble inédit en tous points. Il établit un lien entre la sphère de l'art technologique et celle de l'art contemporain. L'architecture des salles a été modifiée et donne un sens différent de la circulation habituelle. Les pièces sont liées les unes aux autres par des associations formelles processuelles ou conceptuelles. La plupart sont inédites, produites pour le château.
Le regard porté par l'artiste sur le monde matériel, sur les objets qu'il côtoie et qui lui fournissent la matière d'une création constitue le plus sérieux de la création, propre aux artistes contemporains.
L'œuvre, sous son eurythmie visuelle, sous sa formulation austère, conforte les piliers d'une pensée à pratique épurée. A voir et à revoir.

Simone Dibo-Cohen



Né à Grenoble en 1958, Éric Andreatta ne revendique d’appartenance à aucun courant artistique. Il n’a pas non plus de matière de prédilection : la seule qui l’intéresse comme il aime le dire, est la matière grise. Les matériaux, il les assemble et les transforme avec une énergie poétique sans cesse en mouvement. Comme l’eau, qui en devenant vapeur, laisse une trace indélébile sur des poutrelles d’acier chaud (MAMAC Nice, 1993, carte blanche à Jacques Lepage). L’eau encore avec cette installation à la chapelle de la miséricorde à Vallauris où 2500 verres d’eau plongeaient le spectateur dans un état hallucinatoire. Le bois, le verre, le métal, l’image…, il ne s’interdit rien, pourvu qu’a cet instant cela fasse sens.
Provocateur, il côtoie le monde, et le transforme à sa façon à la recherche de l’essence poétique de la réalité, en donnant à son art sans artifice, le sens qu’il donne à sa vie.

Présentes : Simone Dibo-Cohen, Marie-Antoinette Colonna d'Istria

mercredi 2 octobre 2013

Rêverie pour un futur au château de Carros

Le 10 mai 1940, à l’aube, Bruxelles fut bombardée par les nazis. Jean Raine, belge, va s’en souvenir en 1983 et réaliser une série de huit toiles, où dans un délire coloré et violent apparaissent des croix gammées. La série est en place au château de Carros pour cette exposition exceptionnelle conçue par Marcel Bataillard et Frédérik Brandy, le directeur du CIAC.

Jean Raine - "Les évidences non évidentes"
Jean Raine fut un autodestructeur, il se considérait probablement comme un artiste maudit. La peinture va être pour lui l’ouverture vers la lumière, un moyen de dire, d’exprimer une souffrance interne, profonde. Mais c’est également un homme de l’écrit et les titres de ses tableaux complètent l’œuvre elle-même, en y apportant souvent de la dérision, de l’humour même, mais toujours une explication complémentaire de la toile ou du dessin. Aux Etats-Unis, perdant suite à un accident la vision de la couleur, il va se rabattre sur le noir et blanc et acquérir encore plus de force dans ses traités de l’image.

Jean Raine
Son œuvre c’est le chaos. Pas un instant de relâchement, de détente ; non, bien au contraire une violence permanente avec des traits noirs, épais qui recouvrent souvent des couleurs vives pour créer une nature sans repos et sans tendresse. Peu d’espaces libres, pas de calme : une toile intitulée « Passion en forme de cauchemar » semble être la quintessence de cet artiste victime des ses propres relations conflictuelles. Une visite s’impose véritablement au château de Carros et la découverte de Jean Raine sera violente, certes, mais remuera votre for intérieur.

Jean Raine
Le CIAC a choix d’accompagner cette exposition par de jeunes artistes. Oan Kim est musicien et il fut le leader d’un groupe nommé « Film noir ». Est-ce une coïncidence avec ses photos en noir et blanc qui décrivent une ville fantôme ou errent parfois un chien, et au loin un personnage totalement dominé par son environnement ? Un cadrage très cinématographique s’allie à des blancs trop blancs et à des noirs très noirs. Des murs en béton, une flaque d’eau et un univers est créé, qui s’il rentre en contradiction avec la violence de Jean Raine, le rejoint dans une forme de désespérance engendrée par le vide urbain. Oan Kim admire De Chirico et le dépeuplement est parfois comparable.

Oan Kim
Tous ces mondes sont en perpétuelle mutation et Jérémie Bennequin va les faire disparaître. Il efface le texte de la recherche du temps perdu à coup de gomme depuis dix ans. Les petits feuillets sont exposés sur un mur. Mais pourquoi effacer Proust ? Peut-être parce qu’on l’a compris, que le temps passe, et que l’action même recrée une nouvelle poésie. L’effacement génère de la poussière et elle est présente soit en tas, soit enfermée dans de petits flacons. On passe du livre-objet au texte-objet. Sa disparition des pages imprimées engendre une matérialisation de l’impression qui laisse place à la mémoire, donc au rêve et à l’imaginaire.

Jérémie Bennequin
« Rêverie pour le futur » est en place au château de Carros cet automne. Une sortie qui ne vous laissera pas insensible.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

Centre International d’Art Contemporain

Château de Carros – Tél : 04 93 29 37 97 - Mail : ciac@ville-carros.fr - fermé le lundi et les jours fériés – 10h-12h30 et 14h-17h30

Etaient présents : Simone Dibo-Cohe, Christian Gallo

vendredi 19 juillet 2013

Tourrettes-sur-Loup : L’Olympe de Jean Brandy

Lorsque le CIAC (Centre international d’art contemporain) organise une exposition « hors les murs », il quitte son château de Carros pour s’installer dans un autre, celui de Tourrettes sur Loup. Francis Poulenc fût un tourrettan et son ami était Jean Cocteau. Ce dernier soutiendra Jean Brandy, étudiant aux arts décoratifs de Nice, qui deviendra en 1958 et 1963, le lauréat de la jeune peinture méditerranéenne à l’UMAM. 

Le lien avec Cocteau est évident : il apparaît dans le trait, dans les sujets mythologiques, mais chez Brandy jaillit la couleur. Elle éclabousse dans ses gouaches lumineuses, s’approfondit dans les huiles et les acryliques, se « sfumato » en devenant évanescente dans ses toiles sur sable. Les couleurs, totalement comparables à celles qui couvraient les temples grecs dans les temps antiques, parent tous les dieux, demi-dieux et héros de l’olympe représentés avec leurs symboles. C’est la Méditerranée qui apparaît, celle d’Homère, accompagnée des textes du philosophe Yves Séméria.


Frédéric Brandy, le directeur du CIAC, présente cette exposition consacrée à son père devant sa mère et son frère. Il finira son propos les yeux humides et fit partager son émotion au très nombreux public venu au vernissage. Il donnera dans ce même château une conférence-écoute sur le thème « Mythologie et musique française » le 19 octobre prochain à 16h30.


Une belle exposition, dans un beau château, dans un beau village ; quelle belle promenade pour cet été. Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 13h et de 14h30 à 18h30 – Entrée libre.


Christian Gallo - © Le Ficanas ® - Photos Christian Gallo

mercredi 12 juin 2013

Armand Scholtès « Horizons multiples » œuvres 1973-2013 à Carros


L’exposition estivale au CIAC de Carros propose de mettre en lumière de manière rétrospective l’œuvre d’Armand Scholtès. Né en 1935 en Lorraine, il vit et travaille à Nice depuis 1986. Ses œuvres figurent dans une vingtaine de collections publiques (musées, FRAC, etc.). Si Armand Scholtès est bien un artiste du XXIe siècle, sa modernité singulière allie l’art primitif, l’art naïf et l’arte povera. Scholtès est un artiste multiple, d’une grande richesse et d’une grande cohérence.

Tentures-espaces, voiles déployées à rayures rouges et blanches, mâts sans coque, mers et plages bigarrées, tatouages primitifs ou fards rituels, résidus issus du fond des temps, toujours actuels et porteurs d’avenir, squelettes de cultures et jalons de civilisation, rapport « mémoire-message » témoin de l’éternel humain, enregistré dans le langage flou des consciences ancestrales, traduit dans une modernité accessible, concentrée et minimale, tout cela réuni, intimement soudé.



L’abstraction prend son origine dans une situation existante, et Armand Scholtès n’y échappe pas. Ce qui le distingue est que son référent ne se situe pas dans le domaine de la forme, mais dans celui de la pensée, du concept ou du contenu. Avec lui un art premier donne sa mesure, et d’abord celle de l’homme. C’est aussi un art où la mémoire a sa place, mais une mémoire qui annule les frontières, de manière analogue à la juxtaposition de strates historiques qui caractérise le château de Carros.

Frédérik Brandi Directeur du CIAC

Centre International d’Art Contemporain de Carros - Avec le concours de la galerie Marie et Joël Scholtès de Nice

Exposition du 22 juin au 8 septembre. Vernissage : Samedi 22 juin 2013 à 11h