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mardi 27 juin 2017

Montalto : sculptures monumentales à Menton

Le META CLASSIC CONCEPT rend la vie à ces fondements de notre Etre en les métabolisant véritablement pour les réinterpréter, pourvus de tous nos acquis successifs. Le META CLASSIC CONCEPT ressoude le chaînon manquant de notre société en manque d’Etre, redonne une valeur actuelle au passé comme au présent, et nous permet de relier en nous la puissance spirituelle d’hier avec l’énergie créatrice d’aujourd’hui.
La Métamorphose s’accomplit.
Œuvres d’art classiques célèbres, ou facilement identifiables par leur style, leur thème, revisitées et ou transformées par des créateurs contemporains.
Toutes influences classiques admises, européennes, africaines, asiatiques, américaines, etc… y compris d’inspiration mythologique ou religieuse. Création d’établissements de restauration, bars etc… dans la déco et philosophie META CLASSIC CONCEPT.



En vous promenant chez Patrick Montalto, vous vous aventurez dans un univers peuplé de mythes et de symboles, animés de la puissance d’une énergie primordiale.

Conteur né, il a passé la première partie de sa vie à arpenter les continents, à la recherche des personnages qu’il griffonnait enfant sur les marges de ses cahiers d’école. Il n’était pas encore sculpteur et pourtant la terre rouge de Madagascar qui l’a vu grandir restera collée à ses semelles. Il l’a transportée et disséminée au gré de ses voyages à travers l’Afrique, l’Amérique latine, l’Asie, l’Europe… Ses premières rêveries s’ancrent alors dans la réalité.

Il sera tantôt trafiquant trans-Saharien de voitures d’occasion, tantôt importateur de tissus au Togo, ou guide de brousse ou bien encore instructeur d’ULM en Guyane…


Il a navigué entre terres et ciels, balloté de haut en bas dans une spirale créatrice qui le destinait déjà à façonner l’argile de ses mains.

C’est peu après ses 40 printemps qu’il re-injecte les histoires qui l’habitent dans la matière qui l’entoure. Avec lui, tout matériau pourra prendre vie, qu’il s’agisse de Bronze, de Fer, de Bois ou de Résine, mais toujours originé de la terre mère.

C’est ainsi que (re)naquit, entre autres, PROMETHEE, « avec cette sorte de colère prise dans la masse, qui fait chair avec la matière. C’est une vieille colère que rien ne semble pouvoir apaiser. Tout nous entraine vers le bas, tout nous tient prisonnier de la matière, et il en faut de la force pour s’arracher à boue, à la facilité ».

Plus loin, vous faites la connaissance du DON, « un Christ échappé de sa croix » Il est l’extrême agilité de l’homme dans sa tentation à s’affranchir de la pesanteur.

Il vous introduira à TRANSE, où l’abandon de la chair ouvre la voie des cieux, pour opérer la mue, de la densité au souffle.

Vous trouverez tout cela… et un peu partout « l’opposition, la contradiction, la dualité qu’il nous faudrait dépasser, ou comprendre, ou à laquelle nous devrions seulement consentir… »

Il s’élance aujourd’hui dans une nouvelle Aventure et expose sur la magnifique esplanade Francis Palmero une impressionnante série de sculptures monumentales, interprétation contemporaine des œuvres et des grands thèmes classiques qui ont fécondé notre culture et qui ont modelé notre histoire.

Ce voyage par-delà l’antique et le moderne, il l’appelle le META CLASSIC.  Et il nous invite à nous y laisser emporter.

Du 1er juillet au 15 novembre2017
Esplanade Francis Palmero (au bord de mer, face au musée Cocteau)
Menton

Vernissage :  samedi 8 juillet à 11 heures.

mardi 28 mars 2017

Au revoir l’UMAM, bonjour l’UMAM…

La dernière exposition pour fêter l’anniversaire de la création de l’UMAM a pris fin à la galerie d’Art Contemporain du Palais de l’Europe de Menton le 31 janvier 2017. Soixante-dix ans à présent révolus !
Quel parcours que celui de l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne créée par le docteur Raymond Thomas et Jean Cassarini en 1946 au siècle dernier ! Cette association parrainée par Pierre Bonnard et Henri Matisse fit évoluer l’Art moderne et apporta une aide tellement importante aux artistes ! Rappelons qu’on lui doit la création en 1950 d’un musée d’art moderne à Nice avec une exposition de Matisse, puis en 1953 la constitution au Château Grimaldi d’un musée d’art méditerranéen moderne, à la demande du maire de Cagnes -sur-mer, Louis Négro, et vaste programme, l’organisation de 13 biennales parrainées par des artistes à Menton, puis aussi des expositions à Paris, Strasbourg…


C’est en 2007, que la présidente Simone Dibo-Cohen a repris le flambeau de cette prestigieuse association sur le point de s’éteindre. Pour l’inscrire dans notre temps et la marquer de son empreinte, Simone Dibo-Cohen commissaire des expositions a aussitôt élargi l’entrée de cette association aux artistes du pourtour de la Méditerranée et ajouté à la peinture seule annoncée dans les statuts, l’accès à tous les aspects de la création contemporaine : sculptures, les vidéos, installations.


Cette large participation a occasionné ensuite des expositions très fortes à Nice puis au Château Grimaldi du Haut- de-Cagnes avec des œuvres d’artistes livrant des messages nourris du contexte de l’actualité et des crises de la création méditerranéenne.


@Sans tambour ni trompette, les 70 ans de la création de l’Umam a mis plus de 150 artistes à l’honneur cette année, au cours d’une quinzaine d’expositions de Menton à Beyrouth, Marseille, Paris, Nice, Villefranche-sur-Mer, Pézenas et Aspremont.


Menton tout au long de l’année 2016 fit la fête à la création contemporaine et organisa des manifestations artistiques de haut niveau, les jardins de la ville, le bord de mer, furent parés de sculptures d’artistes reconnus et célèbres ainsi se renouèrent les liens établis par Matisse et Bonnard.



L’été dernier au Musée des Beaux-Arts de Menton d’autres aspects de la création contemporaine se sont révélés : des sculptures dans ses jardins mais aussi à l’intérieur du Palais Carnolès des peintures, dessins, installations in situ en correspondance avec des œuvres de la collection du musée. Plusieurs artistes restent gravés dans notre souvenir, les sculptures d’Herman Muys fragiles et mystérieuses, des personnages qui nous observent, nous épient. Evelyne Galinsky, sculpteur inspiré par la méditation et le silence nous entraina dans une veillée funèbre, tandis qu’Héléna Krajewicz et Rob Rowlands, avec des projections d’images d’actualité sur des voiles suspendus et transparents nous firent ressentir les souffrances de populations bombardées, exterminées et réfléchir à la puissance du pétrodollar et à la force de l’art… d’autres œuvres s’imposèrent aussi, celles de Martin Hollebecq, Mauro Corda, Stephano Bombardieri, Emmanuel Régent, Nasr-Eddine Bennacer, Elsa Ghossoud… plus d’une centaine de jeunes artistes et créateurs contemporains, certains mondialement reconnus furent exposés à Menton dans les jardins et les palais.


La dernière exposition mise en scène au Palais de l’Europe par Simone Dibo-Cohen permis d’exposer une soixante d’artistes dans un espace généralement consacré à un seul artiste. Au hasard de ce circuit semblable à ceux d’une petite foire d’art contemporain, de grands artistes comme Cécile Andrieux venue du Japon étaient à découvrir. Cet artiste, présentait une sorte de tour de Babel, un monde en couveuse nourri de recherches linguistiques et esthétiques suscitant une réflexion sur la relation mot-homme, graines-mots, résonnance-questionnement.



Plus loin les voyages d’Ivona Boris, sa conception de l’espace permettent d’envisager un espace photographique, poétique et onirique, un monde imaginaire qui remonte aux mémoires antérieures de l’histoire de l’humanité. Voici aussi Thomas Bossard et ses dessins, Matteo Carassale photographe aux images capteurs d’instants, plus loin Anna Chromy et sa sculpture en bronze à la beauté classique dont l’esthétisme en creux recherche peut être une présence humaine, ici Antony Mirial au travail d’une beauté époustouflante, Jonathan Ribeiro et ses installations empreintes de détresse, photographiées et sublimées de beauté. Une peinture de Franta s’impose, en soutien aux jeunes créateurs émergeants, un dessin de Gérard Eppelé, puis Corinne de Battista, Philippe Beaufils, Ge Feng, Marc Gaillet, Gérard Haton- Gauthier, Olivier Schmitt, Victor Soren, KKF, Jacqueline Matteoda, Claudie Poinsard, Myrian Klein… certains sont déjà des références mondiales !



Si l’UMAM a permis à quelques artistes de vendre à des collectionneurs, de trouver des galeries et d’accéder à d’autres lieux d’exposition, elle a aussi favorisé des rencontres entre jeunes artistes et artistes reconnus, permis l’émergence de jeunes créateurs !

La fête est-elle terminée ? Peut- être pas …

Brigitte Chéry
(Photos : Christian Gallo)

mardi 20 septembre 2016

Quand l’UMAM habille d’art contemporain la ville de Menton

Menton, sa promenade en bord de mer, son soleil, ses jardins, ses musées, sa vieille ville et ses petites places et chapelles, et son incontournable et si célèbre fête du citron… Cà vous connaissiez déjà ! Mais si votre dernier passage date un peu, retournez-y ! Vite !

Vous allez être étonné, surpris pour le moins, séduit certainement, époustouflé peut-être… Car depuis le 4 juin l’UMAM (L’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne fondée en 1946 par Jean Cassarini et le Docteur Thomas, sous la présidence d’honneur d’Henri Matisse et de Pierre Bonnard) y célèbre, avec la complicité de son maire et de son équipe, les 70 ans de son existence en créant l’événement culturel 2016 de la Côte d’Azur en matière d’art contemporain.


Suivez le défilé de sculptures qui parcourt la ville au départ du parvis du musée Jean Cocteau et de l’esplanade Francis Palmero jusqu’aux jardins Biovès, avant d’arriver aux jardins du Palais Carnolès et du premier étage de son musée qui vous réserve en bouquet final un feu d’artifice de créations.

Plus d’une quarantaine d’artistes et leurs 150 œuvres ont accepté l’invitation de l’UMAM et de la ville heureuse de renouer avec sa vocation culturelle d’avant-garde.

Des plasticiens déjà connus et reconnus en côtoient d’autres qui sans nul doute le deviendront par leur immense talent.

Avec des œuvres monumentales (une baleine échouée, un gorille égrenant le nombre de ses congénères encore vivants, une toupie fatiguée, un nain géant marchant dans les fleurs, une envolée de carrés de tôle rouillée comme une nuée de papillons, une plume géante grattant le ciel au gré du vent…) et d’autres qui le sont un peu moins, plus intimistes, plus minimalistes, mais tout aussi puissantes. Mises en valeur par l’environnement où elles sont implantées provisoirement, de bord de mer en jardins, et le donnant à découvrir autrement.


Jusqu’au musée des Beaux Arts du Palais Carnolès et de ses salons du premier étage au décor XVIIIème, ornés de dorures, de tentures, de lustres et de meubles d’époque, de tableaux évidemment, et habités nouvellement, pour l’occasion, d’œuvres de notre temps, dessins, peintures, installations et vidéos, et sculptures encore. Dans une mise en scène originale, extraordinairement subtile et intelligente qui rend beaucoup moins infranchissable qu’on se plait à le dire souvent, le fossé entre l’art d’avant et celui d’aujourd’hui.

Les salons bruissent de murmures d’œuvres qui chuchotent entre elles, de dialogues improbables et qui s’élaborent néanmoins presque naturellement par le fait de cette proximité voulue dans l’idée que l’histoire de l’art est une véritable histoire qui se perpétue et continue de s‘écrire en racontant le monde, encore et toujours.


Car c’est bien avant tout cela cette exposition de l’UMAM. Des artistes contemporains qui observent avec lucidité leurs contemporains, leurs combats et leurs dérives, dressent des constats parfois inquiétants, et les écrivent chacun de leur langage plastique personnel pour marquer notre conscience. Avec le but de nous faire réagir dès lors que nous ne nous refusons pas à nous attarder un peu pour regarder et nous regarder, pour écouter et nous entendre.

Quelques-uns, enfermés dans leur petite routine ennuyeuse et leur quotidien sécurisé si confortable, ne verront là que pure provocation et art dégénéré. On connaît la chanson. Mais beaucoup, comme je le suis, seront marqués sensiblement, affectivement, intellectuellement par la beauté des œuvres, leur densité, leur message et la virtuosité de leur créateur.

Tout est esthétique. Rien n’est gratuit et tout est lisible.

Jusqu’au 28 septembre vous pouvez découvrir cette extraordinaire exposition et la manière magistrale dont Simone Dibo-Cohen, Présidente de l’UMAM a habillé, façon haute couture, avec goût et talent, la belle ville de Menton.

Je ne me permettrai pas de décerner quelque prix que ce soit… Comme moi vous le ferez certainement, secrètement. Chacun d’entre vous, avec sa sensibilité, son affectif et son histoire aura ses coups de cœur. Mais ce que je peux vous certifier, après avoir passé une demi journée, trop courte, à m’immerger dans la création contemporaine proposée par l’UMAM, c’est que le détour vous éblouira parfois et vous enrichira certainement.

La liste des artistes présentés est consultable sur le site de l’UMAM, tout comme les reportages photographiques, articles et vidéo consacrés à cet événement.

Dominique TARDLER (Photos © Tardler)

lundi 19 septembre 2016

Avec « Syrie… », Héléna Krajewicz et Rob Rowlands marquent profondément l’art contemporain à l’UMAM et nous plongent dans l’actualité.


Ils avaient impressionné en 2014 la biennale de l’UMAM en faisant crouler les colonnes de la cour centrale du Château-musée de Cagnes-sur-Mer.  Cette année ils remportent un grand succès avec leur installation-sculpture « Syrie… », terriblement d’actualité, installée dans le Palais-Musée Carnolès à Menton. Mais laissons leur la parole avec les deux films qu’ils ont réalisés et qui présentent leur œuvre :

S Y R I E…

Des milliers d’êtres humains sont tués en Syrie ; des millions sont privés de tout, de leurs lieux de vie et de leurs ressources, de leur destin. Pour eux, tout  s’écroule.  C’est une dévastation. L’exode. Le Chaos.  A la radio, sur nos écrans de télé, des images insoutenables, des témoignages d’immense détresse nous parviennent de ces zones à la fois proches et lointaines. Mais la réalité telle qu’elle est vécue, inhumaine, brutale, nous échappe en grande partie.
Nous sommes bouleversés, effarés, révoltés par ce qui se passe. Comment aider, comment transmettre notre ressenti, notre perception sinon par l’art ? 

Nous avons fait le choix d’une double installation avec projection d’images sur des supports différents et significatifs : une construction/sculpture  en carton et des voiles transparents suspendus.


- Une « ville » en cartons déchirés construits/déconstruits pour dire la fragilité de nos existences, face à la guerre.  Le marché d’Alep, si vivant autrefois, est en ruines. Pour dire aussi que ces villes autrefois magnifiques, même  bombardées, sont encore, en partie, « debout ». (Alep, Homs, Ma’lûla, Palmyre etc...).



- Des voiles transparents : quelques « images » sur la guerre traversent  l’espace, notre espace-temps, nous parviennent et s’effacent. Le pétrole, nerf de la guerre, omniprésent dans la région, est pompé, transporté, transformé en dollars et … de nouveau en armes de destruction contre la population. Ce qu’on voit rarement sur nos écrans.

Les images sont là pour nous « dire », comme le chanteur de Yarmouk sur son piano désaccordé,  le désarroi  de ceux qui fuient et n’ont plus rien, de ceux qui restent et tentent de survivre.  Ayham Ahmed, cette voix de l’espoir, a bravé la guerre et la mort tant qu’il a pu, chaque jour, jusqu’à la destruction de son piano par Daesh.

Patrimoine du futur

Brigitte Chéry a écrit également quelques lignes concernant cette installation :

Les journées du Patrimoine, une occasion de découvrir les trésors du Musée des Beaux–Arts de Menton présentés en harmonie avec l’actuelle exposition d’art contemporain de l’UMAM pour fêter ses 70 ans : de jeunes artistes et d’autres déjà célèbres, peut- être le patrimoine du futur !
Déjà dans le jardin du Palais Carnolès, parmi la collection du musée, vous découvrez les sculptures choisies par l’UMAM, vous ne manquerez pas la toupie de Stefano Bombardieri, mais aussi les œuvres de Valdelièvre, KKF, Pierre Manzoni, Stephan Chavanis, Jacky Coville… et ferez d’autres étapes-découvertes en vous promenant.
A l’entrée du musée, accueil avec une magnifique sculpture de Tasic, puis une trentaine de beaux dessins de Jean-Marie Cartereau, un monde animalier plumes, poils, pigments et crayon sur papier d’Arches accompagne la montée d’escalier. Vidéo projection, photographie, dans chacune des salles, des œuvres fortes. Stefano Bombardieri, Herman Muys, Evelyne Galinski et Jean-Claude Borowiak, Elsa Ghossoub, Martin Hollebecq, Nasr-Eddine Bennacer, Antony Mirial, KKF, Fran Sieffert, Victor Soren…
Une installation parmi la cinquantaine d’artistes occupe une place toute particulière dans l’exposition sur un thème sous- jacent dans la création de plusieurs artistes. Suite à leur exposition Chaos à la galerie l’Entrepôt Daniel Boeri à l’été 2015, Héléna Krajewicz et Rob Rowlands poursuivent leur travail éphémère sur la Syrie, sur les pays en guerre et présentent une installation-vidéo très réussie sur le côté humain de la souffrance, sans voyeurisme avec des images triées, projetées et adoucies par des voiles.   

Voiles blancs…Lorsque la guerre entre dans les ors du musée, chaque jour des milliers de déplacés. Comment parler de leur détresse ?   
 
Propos : représenter à notre manière ce rapport que nous avons avec les informations qui nous arrivent sans montrer l’abominable. Ne pas faire un reportage sur la géopolitique et la guerre même. Faire réfléchir au trop plein d’images qui ne touchent plus. 
Pour le visiteur : prendre le temps de regarder, on est dans le questionnement, l’argent, le pétrole, mais au-delà  

Dans des pays sans issue, ce chanteur est le symbole de la résistance si elle est possible 

La marche des émigrés, les frontières, la survie, distanciation avec les voiles, 

Destruction des villes, des maisons, les briques de leur terre s’effondrent 

Le marché d’Alep, Homs, Maaloula… maisons et humains mêlés dans la destruction, Helena et Rob parlent du côté humain sans montrer l’insupportable comme font, disent-ils, les charognards, reporters de guerre qui mettent en scène leurs photos.
Des émotions, des sensations, de l’esthétisme tout au long de cette belle exposition de plus d’une cinquantaine d’artistes à suivre ou à découvrir avec des propos différents mais compréhensibles, souvent teintés par leur engagement personnel ou marqués par l’histoire de l’art et qui donnent matière à réflexion. 

Les expositions, anniversaire des 70 ans de l’UMAM, Episode 2, Simone Dibo-Cohen commissaire de ces expositions, se terminent le 28 septembre 2016 / Sculptures dans les jardins de Menton et exposition Musée des Beaux- Arts, et jardin du Palais Carnolès 3, avenue de la Madone Menton
Prochain rendez-vous Episode 3, le 22 octobre 2016 au 31 janvier 2017 Au Palais de l’Europe Galerie d’art Contemporain et Bibliothèque de la ville de Menton  

Brigitte Chéry - Photos Béatrice Heyligers

dimanche 26 juin 2016

Nice : Alain Lestié à la Galerie Depardieu

Alain Lestié est né à Hossegor en 1944. Il vit et travaille à Cannes.
Dans les années soixante, Alain Lestié pouvait être considéré comme un peintre de la figuration critique, s'interrogeant sur l'avenir même de la peinture qui, pour beaucoup à l'époque, semblait destinée à disparaître. Le travail qu'il a proposé à la galerie Depardieu témoigne du chemin parcouru par cet artiste atypique qui s'exprime avec une dextérité extraordinaire au moyen du seul crayon Nero et sur des feuilles de papier Fabriano de formats identiques.



Une austérité de moyens techniques qui contraste avec la variation infinie des teintes allant du noir au blanc en passant par toutes les nuances de gris. Quel que soit le sujet de chaque tableau, figure, symbole ou signe plus ou moins énigmatiques, on retrouve l'éclat des nuances de gris et de noir, la netteté du dessin, la puissance évocatrice d'un univers prenant, propre à l'artiste, révélant sa grande maîtrise des couleurs et des formes. Fidèle à son passé de peintre de la figuration critique s'interrogeant, dès les années 70, sur l'avenir de la peinture, Alain Lestié nous emmène dans un monde parallèle, où la représentation, la figuration des objets ou des espaces, servent de métaphore à son discours sur l'art et sur le réel.

Les écrits qu'Alain Lestié publie depuis de nombreuses années, en plus de son activité de peintre, sont empreints d'une réflexion qui expliquent la profondeur attachée à ces œuvres. Le monde technologique dans lequel nous vivons, clair obscur si bien représenté dans son travail, célèbre l'aliénation croissante de notre époque contemporaine. S'agit-il de l'annonce de la disparition du monde ? A la fois disparition de la nature et de l'artifice humain ? De l'isolement et de la séparation des êtres qui continuent pourtant à se mouvoir dans cet univers ? Certainement tout cela, désespéré de ne pas voir naître un monde nouveau sur la faillite de l'ancien...

Alain Lestié a été exposé dans le cadre des 70 ans de l'UMAM au Palais de l'Europe de Menton
Il le sera également cet été à Saint Tropez.

Exposition jusqu’au 30 juillet 2016
Vernissage : Jeudi 30 juin 2016 de 16 à 21h

Galerie Depardieu - 6, rue du docteur Jacques Guidoni - (ex passage Gioffredo) - Nice
tél 09 66 89 02 74 - galerie.depardieu@orange.fr www.galerie-depardieu.com

dimanche 12 juin 2016

Menton : les migrants sont rejetés à la mer.


Dans la nuit une barque a été rejetée à la mer. Cette barque qui s’intitulait « 6-ct-toi » avait été créée par le collectif d’artistes niçois KKF. Il s’agissait en fait d’une œuvre d’art exposée à Menton dans le cadre des expositions des soixante-dix ans de la fondation de l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne, parrainée en son temps par Matisse et Bonnard. Elle était, avec d’autres sculptures, posée sur les pelouses des jardins Palmero, devant le musée Cocteau et face à la mer.

Les migrants à la frontière

Du fait de son emplacement elle exprimait le problème des migrants ; tout un symbole dans cette ville frontière. Lorsque les migrants s’étaient installés sur les rochers du poste-frontière Saint Ludovic, les médias en avaient fait tout un symbole et l’Etat avait alors envoyé des forces armées pour protéger ce passage et assurer l’apparence de l’autorité de l’Etat. Les politiques continuent à ressasser ce problème des migrants pour s’assurer d’un électorat peureux, mais bien utile en campagne électorale. En réalité la France est le pays qui va absorber le moins de migrants ; il en est prévu 30.000 au maximum.

On a fait alors de Menton, dans la presse, une ville envahie par les migrants, ce qui n’a jamais été le cas. En effet les migrants qui pouvaient monter dans le train en Italie, à Vintimille, ne descendaient pas à Menton, mais à Nice et même au-delà.

La barque de KKF

L’ONU vient d’annoncer que plus de 10.000 migrants sont morts en Méditerranée depuis 2014. Notre Mare Nostrum est devenue un cimetière. La semaine dernière 320 ont encore disparu lors d’un naufrage. KKF a créé une barque dont l’objectif était de faire prendre conscience de la situation sans pour autant être misérabiliste. Le navire, d’une finition parfaite, contenait les jambes des migrants en résine colorée et brillante. Si on se penchait sur la barque on voyait notre visage, au fond, se reflétant dans une glace : effectivement et si c’était nous dans cette barque ? C’était une véritable expression de l’errance humaine.

La bêtise humaine

La barque de KKF, comme le rapporte le procès-verbal de la police, faisait 3,20 mètres de long, pesait plus de 300 kilos et était vissée au sol. Des ilotes ont alors décidé, en pleine nuit, de la jeter à la mer après l’avoir en grande partie détruite sur les rochers ou sur la pelouse. Les courants vont la pousser vers Monaco, puis la ramènent en France, au large du port de Cap d’Ail où elle sera découverte.


Les imbéciles ont donc volé une œuvre d’art, puis l’ont détruite, puis l’ont jeté en mer. Xénophobes, raciste, fascistes, et bien sûr trouillards, poltrons et lâches pour avoir effectué cela en pleine nuit, ils ont commis là un acte qui ne se contente pas d’être répréhensible, mais un témoignage de la bêtise humaine.



Mais dans l’art, braver les conforts et les conformismes, les règles et les habitudes, la bienséance et la bien-pensance, c’est de l’audace et ce n’est pas sans conséquences. Faut-il fermer les yeux ou laisser aux artistes les moyens de s’exprimer ? KKF a pris le risque, mais les imbéciles qui ont détruit leur œuvre font d’eux des héros, et de leurs idées un symbole d’humanité.

Christian Gallo - © Le Ficanas ® - Photos Christian Gallo et KKF.

vendredi 10 juin 2016

Le Nain de Mauro Corda


Il est dans les jardins Biovès de Menton, devant le Palais de l’Europe et attire de nombreux photographes. Il fait parti d’une série d’œuvres de ce sculpteur de réputation internationale. Lors de la biennale de l’UMAM de 2014 au château de Cagnes-sur-Mer, Corda avait remué les visiteurs avec sa « Boucherie » où des corps de bronze déchiquetés suspendus à des potences laissait, alors que l’on parlait tous jours des décapitations violentes de Daech, une impression de mal à l’aise et une réflexion profonde sur notre avenir.


Avec « Le Nain », l’effet est autre. C’est actuellement avec la Baleine de Bombardieri, l’œuvre la plus photographiée de cet Acte II de la commémoration des 70 ans de la fondation de l’UMAM à Menton.

Laissons la parole à Georges Vigarello
Membre de l’Institut universitaire de France : «Mauro Corda a choisi la logique du gros plus que la logique du gras. Il lutte ainsi à contre courant, privilégie ce que notre culture ne semble plus percevoir, elle qui stigmatise systématiquement toute épaisseur physique. Il restitue bien au contraire une logique du pesant, distingue ses lignes de force, souligne ses certitudes possibles. Il l’étudie en profondeur, jusqu’à le traiter sur un mode totalement générique : celui même où semble s’effacer la différence entre forme masculine et forme féminine. Le gros comme lieu global de confiance et d’aplomb. /… Reste le travail sur la franche disharmonie : l’effigie du nain en est l’exemple, avec ses jambes trop courtes pour un tronc trop long, sa tête massive pour un corps trop engoncé. C’est la contrainte des forces qui est ici étudiée, leur contradiction, leur affrontement crispé. La nature aurait aussi ses échecs. Elle aurait aussi ses tensions non résolues. Le nain y résiste sans doute. Sa tenue volontaire le dit. Mais il ne peut tout surmonter. C’est dans ses yeux de bronze, ses yeux étrangement soulignés, ses prunelles sourdement vivantes, qu’il faut lire ici une tragédie à peine dominée.»
Sculpteur contemporain à l’œuvre singulière, Mauro Corda nous ouvre les portes de son univers artistique. Parfait technicien, héritier d’une tradition classique et travaillant une large variété de matériaux, l’artiste se refuse à toute forme d’emprisonnement par le style ou le genre artistique. Son œuvre plurielle explore les grandes questions de notre temps.

mercredi 8 juin 2016

Elsa Ghossoub, une révélation de l’UMAM à Menton.

L’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne se doit d’inviter des artistes issus de tous les rivages de la Méditerranée. C’est le cas de la libanaise Elsa Ghossoub qui s’est installée dans un élégant salon du musée des Beaux-arts de Menton, le palais Carnolès.

Deux installations qui interrogent les visiteurs. D’une part un trône en marbre blanc encerclé par une corde. Laissons la parole à l’artiste : «Un polyèdre posé sur un trône métamorphosé en une « chaise tombale » et encerclé par une corde et quatre poteaux pointus, s’éloigne des catégories rassurantes du beau. 

Cette œuvre vise la nature humaine dans son essence, réinterroge les problèmes de l’existence humaine et soulève les sentiments de fragilité et de force, de tranquillité et d’inquiétude, de croyance et de doute, de paix et de peur. Elle questionne la vie et la mort, le devoir et le pouvoir, la responsabilité et la liberté, l’attachement matériel et la transcendance spirituelle.

Elle cherche le silence qui vibre et qui ouvre une communication qui perdure et à éveiller une indépendance morale et intellectuelle en chaque individu.» 

 

Ce qui surprend encore plus c’est une installation qui nous fait naviguer dans l’histoire de l’art de Duchamp à Damien Hirst et à Van Eyck. Tous les éléments de Cosa Mentale sont là : l’urinoir, l’aquarium, le miroir convexe. « Des grillages, pointus et mi ouverts, enclavant un urinoir coupé en deux et immergé dans deux aquariums dans un espace désormais inhabité, créent un accès vers l’inconcevable et l’invraisemblable. 


Cette œuvre trouve ses origines dans l’histoire de l’art ; elle revisite et réunit, notamment, les œuvres qui ont influencé le cycle de l’art ; d’ailleurs rien ne vient de nulle part tout se poursuit, se reformule et se réinvente. Elle est la représentation tangible et la réalisation spirituelle d’une idée mentale qui réunit plusieurs concepts de plusieurs périodes pour en former une nouvelle qui réunit le concret et le mental.

Cette œuvre invite l’observateur à y accéder, à devenir participant, à être témoin de l’étrange, de l’inadmissible, à dépasser les bornes de l’incompréhensible des transformations de l’art et à se libérer de ses pré-acquis et préjugés. »


L’œuvre est signée Caste lleg®, un jeu : caste leg® (caste legacy), castel leg® (castel leg), castel eg (château elsa ghossousb). Quel plaisir de pouvoir approcher des œuvres rares d’une telle qualité.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

samedi 21 mai 2016

L’UMAM à la Galerie d’Art contemporain du Palais de l’Europe par Brigitte Chéry

Pour ouvrir la grande fête de sa fondation, l’UMAM présente une première exposition d’œuvres d’artistes connus ou émergents au Palais de l’Europe. Lorsque l’on entre dans la salle du rez-de-chaussée du palais de l’Europe, on est époustouflé ! une colonne de sculptures nous accueille, nous arrête : une procession de têtes d’hommes ou femmes, sur socle, puis des masques, aux yeux clos, en méditation ou figés dans le temps comme les guerriers chinois.
En perspective œuvres d’Evelyne Galinski et de Djamel Tatah
 D’où viennent-ils, ces personnages paisibles tirés de l’imaginaire de l’artiste-créateur Evelyne Galinski ? Ils intriguent, interrogent, mettent une distance avec le visiteur, l’invitent au respect Au-dessus d’eux, une série de petits masques soigneusement alignés imprègnent notre esprit, puis on découvre des sculptures sur pied dans la même attitude de recueillement, de détachement. Cette installation, dans sa parfaite mise en scène, invite le visiteur à la réflexion, elle diffuse une sorte de sacralisation de l’être, elle centre l’exposition et en donne le ton.
KKF : Damien and Hirst de KKF et deux œuvres de part et d’autre de Youcef Korichi
Les autres œuvres des artistes de l’exposition fonctionnent en écho, leurs auteurs invitent à une réflexion philosophique, parfois avec humour.C’est sans doute le fil conducteur de cette exposition à laquelle participent Marcel Alocco, Bertrand Beaussillon, Nasr-eddine Bennacer , Raymond Berbiguier, Stefano Bombardieri, Jean- Claude Borowiak, Katia Bourdarel, Miguel Buades, Damien Cadio, Denis Castellas, Roland Devolder, Marc Gaillet, Evelyne Galinski, Gérard Garouste, Damien Hirst, KKF, Youcef Korichi, Alain Lestié, Fernando Martinez Garcia, Audrey Nervi, Axel Palhavi, Miodrag Tasic, Djamel Tatah, Jérôme Zonder…

Miograd Tasic Encastré


Des œuvres d’époques différentes présentées avec bonheur dans une mise en scène soignée et sensible, une exposition accessible à tous.
L’exposition de l’UMAM sera ouverte pour la nuit des Musées samedi 21 mai de 19 h à 23 heures avec des performances d’artistes de Christelle Esperto, Gérald Haton-Gauthier, Laurent Papillon

Brigitte Chéry pour PERFORMARTS
Photos Béatrice Heyligers.

Galerie d’Art Contemporain Palais de L’Europe : 8 avenue Boyer Menton
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h
www.menton.fr et umam@orange.fr

mardi 10 décembre 2013

Dernier vernissage des expositions du cycle Hommage à Jean Moulin.

C’est ce jeudi 12 décembre que va avoir lieu le vernissage de la sixième exposition qui clôt cet hommage à Jean Moulin par des artistes contemporains. Il se déroulera à la Barclays à 18 heures au 63 boulevard du Maréchal Juin à Cagnes-sur-Mer. Vous pourrez y découvrir les créations d’Alain Pontarelli, Peter Larsen, Claudie Poinsard, Henri Baviera, Sonia Grdovic, Michel Nizio, Roxane Petitier, Caroline Ziolko.


Le succès de ces expositions a déjà réuni plusieurs centaines de visiteurs et plus de quarante artistes, et la présidente Simone Dibo-Cohen et son conseil d’administration ont décidé de les laisser en place jusqu’au mois d’avril 2014. En effet, outre la quarantaine d’artistes exposés à Nice, chez Vision Future et à la Barclays, on peut découvrir les créations dans d’autres villes :

- A la Barclays de Fréjus : Henri Baviera, Florence Guillemot, Kayetan, Laure Mathieu, Claudie Poinsard, Jo Van Der Zijden, Caroline Ziolko, Alain Pontarelli.

- A la Barclays de Menton : Anne Gérard, Frédérique Nalbandian, Martin Caminiti, Miryan Klein.

- A la Barclays de Cannes : Laure Mathieu, Bernard Taride, Miryan Klein, Caroline Ziolko.

Si l’UMAM a choisi de clore ce cycle exceptionnel à Cagnes-sur-Mer, c’est parce que c’est dans cette même ville, en juin prochain, qu’aura lieu la célèbre biennale d’art contemporain au château-musée Grimaldi.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®