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dimanche 12 juin 2016

Menton : les migrants sont rejetés à la mer.


Dans la nuit une barque a été rejetée à la mer. Cette barque qui s’intitulait « 6-ct-toi » avait été créée par le collectif d’artistes niçois KKF. Il s’agissait en fait d’une œuvre d’art exposée à Menton dans le cadre des expositions des soixante-dix ans de la fondation de l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne, parrainée en son temps par Matisse et Bonnard. Elle était, avec d’autres sculptures, posée sur les pelouses des jardins Palmero, devant le musée Cocteau et face à la mer.

Les migrants à la frontière

Du fait de son emplacement elle exprimait le problème des migrants ; tout un symbole dans cette ville frontière. Lorsque les migrants s’étaient installés sur les rochers du poste-frontière Saint Ludovic, les médias en avaient fait tout un symbole et l’Etat avait alors envoyé des forces armées pour protéger ce passage et assurer l’apparence de l’autorité de l’Etat. Les politiques continuent à ressasser ce problème des migrants pour s’assurer d’un électorat peureux, mais bien utile en campagne électorale. En réalité la France est le pays qui va absorber le moins de migrants ; il en est prévu 30.000 au maximum.

On a fait alors de Menton, dans la presse, une ville envahie par les migrants, ce qui n’a jamais été le cas. En effet les migrants qui pouvaient monter dans le train en Italie, à Vintimille, ne descendaient pas à Menton, mais à Nice et même au-delà.

La barque de KKF

L’ONU vient d’annoncer que plus de 10.000 migrants sont morts en Méditerranée depuis 2014. Notre Mare Nostrum est devenue un cimetière. La semaine dernière 320 ont encore disparu lors d’un naufrage. KKF a créé une barque dont l’objectif était de faire prendre conscience de la situation sans pour autant être misérabiliste. Le navire, d’une finition parfaite, contenait les jambes des migrants en résine colorée et brillante. Si on se penchait sur la barque on voyait notre visage, au fond, se reflétant dans une glace : effectivement et si c’était nous dans cette barque ? C’était une véritable expression de l’errance humaine.

La bêtise humaine

La barque de KKF, comme le rapporte le procès-verbal de la police, faisait 3,20 mètres de long, pesait plus de 300 kilos et était vissée au sol. Des ilotes ont alors décidé, en pleine nuit, de la jeter à la mer après l’avoir en grande partie détruite sur les rochers ou sur la pelouse. Les courants vont la pousser vers Monaco, puis la ramènent en France, au large du port de Cap d’Ail où elle sera découverte.


Les imbéciles ont donc volé une œuvre d’art, puis l’ont détruite, puis l’ont jeté en mer. Xénophobes, raciste, fascistes, et bien sûr trouillards, poltrons et lâches pour avoir effectué cela en pleine nuit, ils ont commis là un acte qui ne se contente pas d’être répréhensible, mais un témoignage de la bêtise humaine.



Mais dans l’art, braver les conforts et les conformismes, les règles et les habitudes, la bienséance et la bien-pensance, c’est de l’audace et ce n’est pas sans conséquences. Faut-il fermer les yeux ou laisser aux artistes les moyens de s’exprimer ? KKF a pris le risque, mais les imbéciles qui ont détruit leur œuvre font d’eux des héros, et de leurs idées un symbole d’humanité.

Christian Gallo - © Le Ficanas ® - Photos Christian Gallo et KKF.

lundi 13 avril 2015

Photographie : Robert Matthey et les Pénitents

A l'occasion de la maintenance nationale des pénitents du dimanche 19 avril à Nice...



Vernissage de l'exposition "Les confréries de Pénitents, un chemin de vie". Photographies de Robert Matthey.

Samedi 18 avril à 17 heures.
Chapelle du saint Sépulcre - 7 place Garibaldi à Nice

(Voir l'article sur les pénitents de 2014)

samedi 13 décembre 2014

Nice 2015 : Aillagon nous fait du commémoratif sur la Prom.

Pour l’été prochain tous les musées de Nice seront consacrés à « PromenadeS des Anglais », diverses expositions ayant pour objectif de pousser la candidature de classement de l’artère au patrimoine mondial de l’UNESCO. Christian Estrosi souhaitant ce classement, il a embauché l’ancien ministre de la culture pour préparer ce dossier et être le commissaire de ces expositions.

Jean-Jacques Aillagon, qui pourtant a travaillé dans l’art contemporain, que ce soit à Versailles ou à Venise comme conseiller de François Pinault au palais Grassi, replonge depuis sa retraite dans le commémoratif, comme il l’avait déjà fait en 2013 avec l’hommage à Matisse à Nice (seul le MAMAC avait alors présenté des œuvres de création contemporaine).


Le programme est le suivant :


Galerie des Ponchettes : une exposition du muséum d’histoire naturelle sur les galets, les traces fossiles, les témoins du passé.

Musée Archéologique de Cimiez : la via Iulia Augusta avec l’évocation des voies est-ouest depuis les romains jusqu’à l’époque contemporaine.

Villa Masséna : la création de la ville nouvelle à partir du XVIIIème siècle jusqu’à l’arrivée du tourisme de masse. Documents d’archives.

Musée des Beaux-arts : Exposition des peintures de Raoul Dufy inspirées par la Promenade des Anglais et par le casino de la Jetée. 

Raoul Dufy - Le casino de Nice - 1929


Musée d’Art naïf : un parcours depuis l’art naïf jusqu’à l’art brut et singulier.

Musée Matisse : peintures réalisées lors de son séjour à l’hôtel Beau-rivage, puis à la place Charles-Félix.

MAMAC : « La Prom’ pour atelier » avec des œuvres liées à la performance. On y verra peut-être Klein, Arman, Claude Pascal, Ben, Pinoncelli, Dolla, Saint-Phalle, Venet et Alain Jacquet.

Au même endroit une exposition de Keith Sonnier, l’américain bien connu pour ses néons. Ce devrait être l’un des deux véritables évènements contemporains de l’été. 

Keith Sonnier au MAMAC

Théâtre de la Photographie et de l’image : Martin Parr, un anglais à Nice, et l’exposition « Life’s a beach » regroupant 60 œuvres.

Galerie de la Marine : les diplômés de la villa Arson, comme d’habitude.


Les musées nationaux :


Marc Chagall : « Nice, soleil, fleurs », 12 lithographies du maître représentant la promenade.

Villa Arson : Marie Losier et une création cinématographique inspirée du célèbre « A propos de Nice » de Jean Vigo.

Musée du Sport : L’influence de la pratique sportive sur la mode vestimentaire.


Christian Gallo - © Le Ficanas ®

jeudi 9 octobre 2014

Nice : New Jazz Festival à partir du 22 octobre

Pour cette cinquième édition du New Jazz Festival, La Ville de Nice et La Ruche Production vous propose un panel de projets artistiques autour du jazz actuel. Un jazz très métissé, fait de compositions novatrices. Entre jazz vocal, jazz instrumental, soul, blues, world, be-bop, funk, fusion et pop… le mélange des genres est à l’honneur. L’expérience et la recherche de nouveaux horizons musicaux sont les éléments fondateurs de cette programmation atypique. 



Le New Jazz Festival se produit à Nice au Théâtre Lino Ventura, au Théâtre Francis Gag, au Forum Nice Nord, et à l’auditorium Joseph Kosma du Conservatoire National à Rayonnement Régional de Nice. Ce festival vous présente également la programmation de quelques clubs de jazz de la ville de Nice qui programment du jazz toute l’année dont la Galerie Depardieu, la Cave Romagnan et le Shapko…

Au programme :


- Youn Sun Nah 22/10/2014 Théatre Lino Ventura

- Trio Few (Renaud Garcia-Fons / Louis Winsberg / Prabhu Edouard) 05/11/2014 Théâtre Francis Gag

- John Abercrombie Organ Trio 07/11/2014 Forum Nice Nord

- Lee Fields & The Expressions 08/11/2014 Conservatoire National à Rayonnement Régional de Nice

- James Carter Organ Trio 13/11/2014 Forum Nice Nord

- Michel Portal & Bernard Lubat 14/11/2014 Forum Nice Nord

- Steve Coleman & Five Elements 20/11/2014 Théâtre Lino Ventura

- Bernhoft 21/11/2014 Théâtre Lino Ventura 



Pour en savoir plus : http://www.imagoproduction.com/

dimanche 14 septembre 2014

Nice : surprenante représentation du requiem de Verdi au théâtre de verdure.

La première surprise pour cette interprétation du requiem que Verdi composa en l’honneur du plus grand poète italien du risorgimento, Allessandro Manzoni, vient du son. En effet le théâtre de verdure de Nice, habitué aux sonorités de la variété et du rock, nous a permis d’entendre cette œuvre déjà violente avec une puissance inégalée : chœurs, orchestre et solistes étaient entourés par une forêt de microphones. Inquiétude dès le départ lors de l’introït où les chœurs couvrent même l’orchestre. Mais très rapidement le kyrie va nous démontrer la maitrise parfaite du chef d’orchestre niçois Philippe Auguin.

Requiem au théâtre de verdure de Nice

Ce requiem d’une puissance inouïe qui témoigne de la fin du monde, en particulier au travers du dies irae, est un véritable spectacle d’opéra qui alterne les instants les plus brillants avec les moments pianissimo comme le libera me. On n’est pas dans une messe de deuil larmoyante, mais face à un dieu violent et sans concession : en outre Manzoni et Verdi étaient farouchement anticléricaux. Philippe Auguin va s’appuyer sur cette composition théâtralisée pour mettre en valeur les qualités indubitables de l’orchestre de l’opéra de Nice et surtout des chœurs qui vont véritablement soulever l’enthousiasme du public. Cet équilibre parfait sera renforcé par l’équilibre des quatuors comme dans le kyrie, dans les fugues, comme le sanctus.

C’est peut être là que le bas blesse également : les quatre solistes (soprano, mezzo, ténor et basse) arrivent difficilement au niveau de l’orchestre et des chœurs. Techniquement parfaits, ils semblent manquer de volonté d’expression et éprouvent, en particulier pour la soprano et la mezzo, à articuler le latin. En réalité le son retransmis par des haut-parleurs, l’ambiance en plein air, qui ne couvre pas les bruits d’un feu d’artifice voisin, le son des sirènes de la police ou des pompiers, n’autorisent pas l’écoute la plénitude de l’œuvre. Mademoiselle Oksana Volkova, la soprano, un peu courte sur ses fins de phrase, va s’effondrer complètement sur le libera me final : il n’est pas susurré, mais cela était-il possible dans ces conditions techniques ?

Bravo à la ville de Nice pour offrir gratuitement ce spectacle au public (le théâtre était comble contrairement au meeting politique de dimanche dernier...), bravo à Philippe Auguin pour sa direction magistrale, bravo à l’orchestre et aux chœurs de l’opéra. Que nous aimerions entendre tout cela à nouveau dans la salle de la rue Saint-François-de-Paule.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

Etaient présents : Simone Dibo-Cohen & Christian Gallo

mardi 9 septembre 2014

Nouveau parachutage culturel à la tête des musées de Nice

Marie Lavandier nommée à la tête des musées de Nice

La conservatrice dirigeait depuis 2010 le Centre de recherche et de restauration des musées de France. Marie Lavandier part diriger, à 45 ans, les musées de la ville de Nice. La municipalité, qui a une politique culturelle ambitieuse, compte dix musées, dont celui dédié à Matisse, celui d’art moderne et contemporain, riche notamment d’une collection des nouveaux réalistes et de Klein, le musée des Beaux-arts Jules Chéret, le musée d’Art naïf ayant bénéficié de la donation Jakovsky, un muséum d’histoire naturelle…


Conservatrice territoriale, Marie Lavandier avait quitté en 2010 le musée Chirac en Corrèze pour le Quai Branly, avant de prendre la tête du Centre de recherche et de restauration des musées de France, installé dans la cour du Louvre. Elle est arrivée dans une période troublée par le projet d’un déménagement en couronne parisienne. Elle a contribué à pacifier le laboratoire qui se sort à peine de cette crise ayant endommagé ses liens avec ses partenaires dans la recherche française. Dirigé par Michel Menu, il a reçu le label «laboratoire d’excellence» lui donnant accès aux investissements publics d’avenir. Il s’est aussi inséré dans les projets européens, où les Italiens apparaissent comme chefs de file.

Avec le Louvre, Marie Lavandier a contribué à une politique de transparence dans les restaurations des chefs-d’œuvre de Vinci ou de Rembrandt. Elle s'est aussi opposée à la restauration périlleuse du retable d’Issenheim de Mathias Grunewald, entamée par le musée Unterlinden à Colmar. A sa demande, Frédéric Mitterrand, alors ministre, avait exigé l’interruption de l’opération et des garanties pour sécuriser l’œuvre. En revanche, la réunion du laboratoire de recherche et des ateliers de restauration, mise en œuvre en 1998 sous l’acronyme de C2RMF, n’a jamais véritablement donné naissance à une maison commune.

Vincent Noce (Libération) - Photo : Connaissance des Arts

vendredi 5 septembre 2014

Nice : la forêt magique de Karen au MAMAC

Elle fait un peu penser à Miss Marple (interprétée par feu Joan Hickson), mais blonde et vêtue comme Barbara Cartland, rose de la tête aux pieds, avec en bandoulière un drôle de petit sac en forme de flamand, rose bien sûr ! Karen, de son vrai nom Karen Joubert-Cordier, a été découverte par Daniel Cordier, l’ancien secrétaire de Jean Moulin. Il l’exposera à la galerie Beaubourg à Paris, et deux de ses œuvres intègreront sa donation faite au Centre-Pompidou en 1989 (elles sont aujourd’hui au musée des Abattoirs à Toulouse).


Karen va voyager : son père, commissaire à bord de paquebots transatlantiques, dont le France, lui offrira une vie extravagante allant des transports maritimes de luxe aux palaces, et cela autour du monde.

La fréquentation du jardin de César, son mariage avec un jeune artiste thaïlandais, son amour des paysages tropicaux vont lui inspirer des toiles de grand format avec une végétation luxuriante d’où sont bannis l’homme les animaux, le ciel, l’eau…

Rien ne la raccroche à un style pictural bien défini. Certains parlent de pointillisme, de surréalisme, voire d’expressionisme. D’autres y voient une réapparition du Douanier Rousseau. En réalité cette végétation très colorée, parfois agressive dans les sujets avec ses plantes carnivores, est somptueuse et d’une grande finesse.

 

Karen expose dans le monde entier et on a déjà vu ses œuvres dans tous les palaces de la Côte d’Azur. Les dix œuvres qu’elle vient d’offrir au MAMAC ont incontestablement un aspect très décoratif. Et c’est peut-être cet aspect ornemental qui nous laisse un peu sur notre faim. Cette immersion qui nous est proposée dans cet univers végétal manque peut-être d’un sujet qui pourrait nous laisser entrevoir une histoire. On a l’impression que Karen se contente de la sienne, comme une thérapie pour oublier un passé.

Christian Gallo - © le Ficanas ® - Photos : C. Gallo


MAMAC (3e étage du musée) - Place Yves Klein – Nice – Jusqu’au 12 octobre 2014
Etaient présents : Simone Dibo-Cohen - Christian Gallo

lundi 7 juillet 2014

Nice : la saison à l’Opéra

Marc Adam, le nouveau directeur artistique de l’Opéra de Nice dont le siège était vacant depuis deux ans (Alain Lanceron avait été vidé en son temps, puis Jacques Hédouin) a présenté le programme pour la saison 2014-15.

Dès novembre Marc Adam annonce une nouvelle production de « Turandot » le chef-d’œuvre de Puccini dirigé par Roland Böer. Il est prévu en « version longue » ! La version courte serait-elle celle composée par Puccini, qui s’arrête à la mort de Liu, comme le dirigeait Toscanini ? Si c’est le cas quittez la salle à la mort de Liu, l’émotion est à son comble et l’orchestration de la fin n’est pas digne du génie du maître décédé avant de pouvoir la terminer.


« Les Vêpres siciliennes » de Verdi en version concert, et en français, fut écrit en 1855 pour l’opéra de Paris où résidait Verdi à cette date-là. Les cinq actes sont bien longs et Verdi délaie. Déjà interminable en version scénique, on peut redouter un certain ennui en version concert. Même le livret français d’Eugène Scribe et de Charles Duveyrier déplait au maître. Par contre l’ouverture est une des plus belles de Verdi et ne loupons pas, parmi les premières répliques, le fameux « Sois maudite, ô France ! »…


L’opéra dit « moderne » de la saison c’est « Peter Grimes » de Benjamin Britten, créé à Londres en 1945. C’est probablement l’opéra le plus populaire de la deuxième moitié du XXème siècle ; il est même traduit en vingt langues. Ce drame qui est interprété pour la première fois à la fin de la deuxième guerre mondiale va créer un véritable choc. Certains le compareront à Don Juan, Otello ou Wozzeck. A signaler que c’est le directeur artistique de l’opéra de Nice qui assurera la mise en scène.

Le Mozart de l’année, c’est en février « Cosi fan tute » qui nous vient du théâtre Magdeburg et dirigé par un jeune chef d’orchestre, Roland Kluttig.

 


« Semiramide » de Rossini, inspiré de Voltaire, consacre la disparition de l’opera seria, pour aborder un style plus sérieux. Il comporte, outre l’ouverture, les deux plus beaux airs créés par le compositeur : celui de Arsace « Ecconomi alfine in Babilonia » et celui de Semiramide : « Bel raggio lusinghier ». Ces airs très difficiles à chanter firent en leur temps la gloire de Marylin Horne, de Jon Sutherland et de Montserrat Caballé. A ne pas louper !

« La Juive » d’Halévy fut représenté plus de 600 fois à l’opéra de Paris entre la date de sa création (1835) et 1930. Pas la suite on va l’oublier. Pourtant c’est un opéra admiré par Wagner et que Proust citera même dans un de ses ouvrages. Un grand orchestre, des chœurs impressionnants, cinq rôles de qualité, un spectacle à découvrir qui est le symbole du grand opéra à la française.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

mercredi 25 juin 2014

« La partie de campagne » de Fernand Léger


Pour son cinquantième anniversaire, la Fondation Maeght prête, le temps d'un été, La Partie de campagne, chef-d'œuvre de Fernand Léger qu'il a réalisé en 1954. 
Pour cette présentation hors-les-murs, le tableau dialoguera avec les œuvres de la collection du musée, donnant à comprendre les étapes de travail de Léger qui "monte" sa composition afin de traduire son rêve d'un art pour tous au service d'une humanité fraternelle.


Fernand Léger, La Partie de campagne(détail), 1954,
Huile sur toile, 245 x 301 cm, © Archives Fondation Maeght  © Adagp Paris 2014

John Armleder, Sans titre(détail), 2001,
Acrylique, gesso et mine de plomb, Courtesy Galerie Issert
La Partie de campagne est le titre donné par Fernand Léger à une série réalisée à la fin de sa vie, dans les années cinquante. Les peintures et les études graphiques appartenant à cet ensemble traitent des loisirs et des congés payés que la loi historique votée sous le Front Populaire a érigé en un événement social majeur. Neuf ans après la fin du deuxième conflit mondial, Fernand Léger reprend la thématique de « La Joie de Vivre » célébrée avant lui par des artistes tels que Auguste Renoir, Edouard Manet ou Jean Renoir. Les compositions de l'artiste s'inspirent de son expérience personnelle : le départ hebdomadaire des familles chaque fin de semaine afin de se ressourcer à la campagne. Tournant la page des heures sombres de la guerre, une atmosphère joyeuse caractérise ces œuvres et invite à profiter des joies simples que procure le repos dans la nature. En dialogue avec la version définitive (1954) prêtée par la Fondation Maeght, l'accrochage présente un ensemble de peintures et d'études appartenant au musée. Il permet ainsi de comprendre les étapes de travail de Léger qui « monte » sa composition avec des variantes afin de traduire, au-delà de l'anecdote, son rêve d'un art pour tous au service d'une humanité fraternelle. En réitérant des procédés mis en place dans sa peinture au cours de son séjour américain, telle la dissociation du dessin et de la couleur, l'artiste introduit un désordre visuel qui renforce la puissance de la composition. Les cyclistes, les campeurs, l'accordéoniste, le mécanicien amateur, les amoureux, mais également les animaux et les végétaux qui figurent dans les œuvres de cette série traduisent l'évolution sereine du regard de l'artiste sur son époque dans les cinq dernières années de sa vie.

JOHN ARMLEDER : Actif depuis la fin des années 60, notamment au sein du groupe genevois Écart, l'artiste suisse John Armleder voit la reconnaissance de son œuvre à partir des années 80. Les « ameublements » ou « Furniture Sculpture », ainsi que l'artiste nomme ses agencements d'objets mobiliers « retouchés », le révèlent sur la scène internationale. Marquée par les propositions multimédias du mouvement Fluxus, l'œuvre d'Armleder questionne les notions d'authenticité et d'originalité et plus globalement l'art dans son rapport au réel. Les objets combinés à ses peintures, les formes élémentaires (rayures, pois) ou libres (coulures) comme l'ensemble des procédés mettant en scène son travail (échafaudages, plantes vertes, téléviseurs) interrogent la réception de ses œuvres, entre art et décoratif, objet et sujet et plus globalement entre art et vie. L'exposition que John Armleder a imaginée pour le musée national Fernand Léger poursuit cette interrogation qui, depuis l'émergence des avant-gardes artistiques au XXe siècle, constitue la réalité même de l'art.

Du 28 juin au 6 octobre 2014 - tous les jours de 10h à 18h sauf le mardi - MUSEE NATIONAL FERNAND LÉGER à Biot

Nice : Steeve McCurry au théâtre de la photographie

Le Théâtre de la Photographie et de l’Image de la Ville de Nice propose, du 27 juin au 21 septembre 2014, une exposition consacrée à l’œuvre de Steve McCurry.
Steve McCurry est reconnu comme l’un des photographes contemporains parmi les plus iconiques depuis plus de 30 ans, détenteur du record des couvertures de magazines et de publications, sans compter la douzaine de livres et les expositions innombrables dans le monde entier à son nom.
Sharbat Gula, Afghan Girl, at Nasir Bagh refugee camp near Peshawar, Pakistan. 1984. © Steve McCurry / Magnum Photos
Né en 1950 dans une banlieue de Philadelphie, McCurry a étudié la réalisation de film à l'Université d'État de Pennsylvanie, avant de travailler dans un journal local. Après plusieurs années de travail en free-lance, il fait un voyage en Inde qui sera le premier d’une longue série. Se déplaçant avec seulement un sac de vêtements et un autre de film, il a pu se tracer un chemin à travers le sous-continent, explorant le pays avec son appareil photo.

Il s’est écoulé déjà plusieurs mois quand il se retrouve à la lisière du Pakistan où il rencontre un groupe de réfugiés Afghans qui lui permet de traverser la frontière clandestinement, alors même que l’invasion russe fermait le pays à tous les journalistes occidentaux. Vêtu d’une robe traditionnelle, portant la barbe et marqué par les habitudes acquises après des semaines passées avec les moudjahidines, McCurry rapporte les premières images du conflit en Afghanistan, lui donnant un visage humain jusqu’alors méconnu du Monde.

Depuis, McCurry est reparti sur tous les continents et dans de nombreux pays pour créer d’autres images toujours plus stupéfiantes. Ses travaux sur les conflits, les populations menacées, comme sur les traditions antiques et la culture contemporaine gardent cet aspect humain que l’on retrouve tout particulièrement dans la désormais très célèbre image de la Fille Afghane.

Membre de l'agence Magnum Photos depuis 1986, il parcourt le monde à la recherche de ce qu'il appelle « l'inattendu, le moment du hasard maîtrisé, qui permet de découvrir par accident des choses intéressantes que l'on ne cherchait pas. »

En 1991, il devient membre à part entière de Magnum Photos.

McCurry a reçu des récompenses parmi les plus prestigieuses dont la Médaille d'or Robert Capa, le National Press Photographers Association Award et fait sans précédent quatre premier prix du World Press Photo la même année, pour ne citer qu’eux. Il est aussi Chevalier des Arts et des Lettres (promotion de dignitaires étrangers 2013).

McCurry a publié des livres parmi lesquels The Imperial Way (1985), Monsoon (1988), Portraits (1999), South Southeast (2000), Sanctuary (2002), The Path to Buddha: A Tibetan Pilgrimage (2003), Steve McCurry (2005), Looking East (2006), In the Shadow of Mountains (2007), The Unguarded Moment. (2009) and The Iconic Photographs (2011).

Théâtre de la Photographie et de l’Image - Charles Nègre - 27, boulevard Dubouchage – Nice - Jusqu'au 21 septembre

samedi 19 avril 2014

L’Antibes Art Fair crée de nombreuses envies.

Quarante deuxième édition du salon d’antiquités et d’art moderne d’Antibes qui reste le rendez-vous incontournable des fêtes pascales sur la Côte d’Azur. Il a toujours présenté des surprises en créant un véritable voyage à travers les siècles qui dévoile des chefs d’œuvre exceptionnels. Au travers de ces quarante années on y a trouvé des œuvres de Monet, Picasso, Renoir, Matisse, Chagall, Klein etc. Cette édition tient d’ailleurs ses promesses avec Bonnard, César, Indiana et de nombreux autres créateurs.

La centaine d’exposants engendre d’ailleurs une ambiance particulière qui mélange l’art le plus classique, l’orient contemporain et traditionnel et des œuvres incontournables de l’art moderne. Cela crée également des surprises, parfois cocasses : en bordure du stand de Guy Pieters on trouve une édition de grande taille du fameux « Love » de Robert Indiana, et juste en face, à la galerie Alexis Pentcheff, le même en format réduit ! A signaler d’ailleurs dans cette même galerie de très belles œuvres de la fin du XIXème et du début du XXème dont un superbe Bonnard.

La Chine est très présente, aussi bien celle d’aujourd’hui très imprégnée de dérision et d’humour que celle d’antan ; à signaler un exceptionnel lit clos cerné de petites tiroirs, de panneaux peints et de panneaux coulissants. Contraste évident avec les antiquaires qui présentent des mobiliers « grand siècle » surmontés de cartels rutilants et couronnés de lustres en cristal.

Dans une galerie on découvre un Mathieu étonnant d’une grande sobriété juste au-dessus du célèbre peintre grec contemporain Alexandre Fassianos, dont les visages rouges rappellent les vases antiques. Et justement il ne faut pas éviter la galerie Martin du Louvre avec un florilège de sculptures fin XIXème et début XXème qui suscitent de réelles envies.

Les niçois contemporains sont présents également avec, entre autres, Claude Gilli, Patrick Moya, Jérémy Taburchi, Sosno, Guichou… Et puis une surprise à la galerie Paul Janssen, de Grimaud, avec les œuvres de Delphine Böel : il s’agit de la fille du roi Albert II de Belgique et de sa maîtresse qui a défrayé la chronique. Mais c’est une artiste de talent qui avait exposé à la biennale de Venise, et ses œuvres s’inspirent d’ailleurs de son autobiographie « Couper le cordon » avec des toiles néo lettristes intitulées « Blabla » qui sont en réalité d’une grande violence quand on connaît sa vie.

Christian Gallo - © Le Ficanas ® - Photos Christian Gallo

Antibes Art Fair jusqu’au 5 Mai Port Vauban à Antibes et pour en savoir plus : http://www.salon-antiquaires-antibes.com/


Bonnard


Mathieu

César

Alexandre Fassianos