Affichage des articles dont le libellé est UMAM 70 ans. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est UMAM 70 ans. Afficher tous les articles

mercredi 7 septembre 2016

Cécile Andrieu chez Depardieu

Née en 1956 à Charleville-Mézières (Ardennes). Vis à Kanazawa (Japon).

La rencontre fortuite avec l’oeuvre de l’artiste japonais Arakawa Shusaku dont je fais l’objet de ma maîtrise d’arts plastiques (université d'Aix-Marseille I / 1980) me fait découvrir la culture japonaise. En 1982, boursière du gouvernement japonais puis de la Fondation du Japon, j'entreprends des études linguistiques et esthétiques à l'université de Tokyo qui aboutiront à un Doctorat de 3e cycle d’arts plastiques (université Paris I - Panthéon Sorbonne, 1986). C’est là l’amorce d’une réflexion sur la relation homme - espace - langage ciblée ensuite de plus en plus sur le mot, qui donnera lieu à une nouvelle production artistique.

Y a-t-il moyen de voir le monde sans être influencé par les mots? Comment percer "l'épaisse croûte de discours” (Italo Calvino) qui pèse de plus en plus sur le monde et nous aveugle, et pénétrer plus profondément la réalité? Tel est mon questionnement depuis le début des années 90. Je ne prétends nullement nier le caractère vital du mot pour l'homme. Au contraire, en faisant qu'il devienne le moyen même de son propre dépassement j'en souligne la valeur.

Dans mes œuvres le mot est tantôt présent en tant que tel tantôt juste suggéré mais toujours investi d'une présence silencieuse ou mieux d'une présence qui s'efforce d'éveiller le silence plutôt que de le combler. Je considère cette présence comme essentielle pour repenser notre relation avec le mot et approfondir notre expérience de la réalité.

Je travaille sur de petits objets comme sur de grandes installations étudiés généralement en relation étroite avec le lieu et son public. Beaucoup de mes travaux récents sont réalisés à partir de dictionnaires ou d’alphabets. Ceux-ci m’intéressent non seulement parce qu’ils représentent l’essence d’une langue mais aussi parce que, hors contexte, ils recèlent à la fois une forte ambiguïté et un riche potentiel que je m’efforce d’exploiter visuellement pour stimuler l’œil comme l’esprit, et éveiller chez le spectateur des résonances ou un questionnement nouveaux.
(Note de l'artiste)


Cécile Andrieu  - Soufflare

Vernissage Jeudi 8 septembre 2016 de 16 à 21h
 Exposition jusqu’au 8 octobre 2016

Galerie Depardieu - 6, rue du docteur Jacques Guidoni (ex passage Gioffredo)
06000 Nice
tél 09 66 89 02 74 - galerie.depardieu@orange.fr www.galerie-depardieu.com

samedi 13 août 2016

Succès du vernissage de l'UMAM à Aspremont.


Pas évident d’organiser une exposition d’art contemporain à la veille d’un pont férié ! Mais le succès a été au rendez-vous grâce à la volonté de Simone Dibo-Cohen, la présidente de l’UMAM et à la municipalité d’Aspremont dans un lieu magique.
Nous avons déjà publié les œuvres des artistes de grand talent, voici donc les artistes tous présent et les nombreux visiteurs venus pour cette exposition. Mais l’UMAM continue à fêter les soixante-dix ans de sa fondation par d’autres manifestations.
Alors quelques vues du public et des artistes. L’exposition est ouverte jusqu’au 11 septembre de 14h30 à 18h30 avec les œuvres de Marc Alberghina, Gérard Haton-Gauthier, Jacqueline Matteoda, Béatriz Moreno, Jonathan Ribeiro et Dan You .







jeudi 11 août 2016

C'EST DEMAIN A 19 HEURES

Avant-dernière exposition des 70 ans de la fondation de l'UMAM
fondée sous le parrainage de Matisse et Bonnard en 1946.


Chapelle des Pénitents Blancs d'Aspremont
Avec les œuvres de Marc Alberghina, Gérard Haton-Gauthier, Jacqueline Matteoda, Béatriz Moreno, Jonathan Ribeiro et Dan You 


Via M14 : 27 minutes
Via M914 et M14 : 29 minutes
Via Avenue de Rimiez et M14 : 33 minutes
Par l'autoroute :
- sortie St Isidore,  puis route de Grenoble (direction Digne), enfin tournez à droite direction Colomars.
- sortie Nice-Nord, puis direction Gairaud et M14.
 


mercredi 10 août 2016

Dan You - UMAM 70 ans - Aspremont

Œuvres Numériques, peintures acryliques et fusains ou encore résines pour ses sculptures Extensions.

Plus que jamais, Daniel You affirme son style dans le métissage des techniques qu’il utilise afin de dessiner, peindre, modeler et sculpter les êtres et les choses tels qu’il les ressent.


Exposition du  13 août au 11 septembre (mercredi, samedi, dimanche 14h30-18h30)
Chapelle des Pénitents Blancs à ASPREMONT
VERNISSAGE : vendredi 12 août à 19 heures.

Marc Alberghina - UMAM 70 ans - Aspremont


Séduire et horrifier

La déchéance du goût, du style, du savoir-faire, qui caractérise la production mercantile actuelle de Vallauris, lieu-symbole où Marc Alberghina a choisi de s’établir, est devenue, aussi paradoxal qu’il puisse paraître, l’un de ses sujets de réflexion privilégiés. Les artistes-potiers au talent inspiré et à la forte personnalité – actifs dès les années 40 dans ce village qui était alors un lieu de villégiature méditerranéenne et de création artisanale liée à une tradition de poteries utilitaires – ont été supplantés progressivement à partir des années 70 par d’autres qui, obsédés par le commerce et sous la pression des lois du tourisme de masse, ont vite appliqué les règles du «vite fait, mal fait» au plus bas prix, au détriment d’une expression personnelle novatrice, nécessairement plus dérangeante. La position volontariste de résister à cet état de fait en le contestant de l’intérieur est assumée aujourd’hui par Marc Alberghina, avec panache. Loin de lui l’envie de déclarer la guerre à sa communauté, mais plutôt celle de témoigner de ce qui a été et de ce qui n’est plus en rejouant, avec la distance calculée d’une technique très maîtrisée, les codes de cette décadence inéluctable – les émaux trop immédiatement faits pour épater, le clinquant des dorures surabondantes, les formes dites « libres » sous prétexte qu’elles sont déstructurées, ramollies et d’un baroquisme débridé – afin de faire collectivement réfléchir et tenter de reconstruire sur les décombres.


Avec opiniâtreté, Marc Alberghina construit jour après jour un art de la polémique des plus exigeants, position très peu explorée dans la céramique française actuelle, mais qui n’est cependant pas sans lien de filiation possible. Pour exemple, depuis les années 70, d’abord en terre puis avec du béton teinté, le sculpteur-céramiste Pierre Baey a construit une œuvre de premier ordre mêlant le païen et le sacré, avec une insolence et un sens de la provocation visuelle qui pourraient être comparés. Plus sûrement encore, Marc Alberghina peut trouver ses alliés d’expression dans la lame de fond que fut la figuration à visées politiques qui s’est imposée aux Etats-Unis à la fin des années 60, principalement sur la côte Ouest où de grands sculpteurs-céramistes de la Funk Generation, tels que Robert Arneson et Richard Notkin, ont su constituer une vision critique décapante de notre société basée sur l’idolâtrie, le cynisme et la surconsommation.

Les récentes œuvres de Marc Alberghina constituent un savant jeu de mise en scène de l’inconscient collectif, tant elles arrivent à faire surgir – à « manifester » – les non-dits, les travers paranoïaques ou schizophréniques de l’être humain. Une série de trois bustes somptueux aborde le thème de l’autoportrait, mais présenté dans une situation de camouflage, le visage étant dérobé à la vue et comme équipé pour aller au-devant d’un danger : ces bustes, moulés très classiquement en biscuit de faïence avec des piédouches richement émaillés, ont en effet leur face «oblitérée» par un grand ovale plat occultant les traits du visage (en référence peut-être aux célèbres Oblitérations du sculpteur Sacha Sosno). Cette forme-miroir étrange – parce qu’opaque – paraît là également pour étouffer un cri : on imagine en son revers une expression faciale décomposée par l’effroi, à la manière des si singulières Têtes de caractères grimaçantes qui furent sculptées au XVIIIème siècle par l’autrichien Franz-Xaver Messerschmidt. Cet effacement volontaire de soi est à considérer moins comme un jeu de mascarade que comme la nécessaire imposition d’un bouclier, d’un pare-choc protégeant l’artiste des éventuels regards réprobateurs ou inquisiteurs, voire des quolibets, crachats ou projectiles de toutes sortes, auxquels il semble s’attendre et, en conséquence, se préparer. En interposant ainsi entre lui-même et la vindicte populaire cette sorte de plaque-écritoire, pouvant faire office de cahier de doléances ou de «livre d’or» à vertu cathartique, l’artiste s’érige manifestement en bouc-émissaire. Autre indicateur d’une tension dramatique extrême, sur chacun de ces portraits en bustes, un cœur-organe couvert d’émaux flammés vient se greffer au torse tel un bijou-projectile, terrible et sanguinolent comme s’il venait d’être fraîchement extirpé du corps humain… De tels dispositifs métaphorisent l’artiste en cible émouvante, et cette théâtralité abstraite met en exergue un rapport ambivalent devenu le fil rouge de l’œuvre entière : un désir d’exposition/exhibition de soi contrarié par la volonté farouche du retranchement, du repli. Dans la spectaculaire trilogie des Saint Sébastien, c’est son corps entier que Marc Alberghina offre maintenant symboliquement en pâture, qu’il moule en positions renversées, d’abord en arrière puis replié en avant, décapité ou bien le visage zippé recouvert d’un capuchon. Il endosse – au sens littéral – les positions du saint-martyr et du soldat combattant, ployant sous les jets d’organes sanglants cette fois lancés en rafale, se présentant en cible idéale pour le ressentiment et le défoulement collectif. Il faut rappeler, à ce moment précis, qu’une des œuvres de l’artiste avait été volontairement détruite par un visiteur resté anonyme, il y a de cela quelques années, lors d’une exposition-biennale à Vallauris…

Tout en surfant en conscience sur un excès de sensationnalisme, Marc Alberghina adopte une esthétique qui pourrait être qualifiée de « décadente » si elle n’était pas aussi cultivée, emplie de références iconographiques à l’art ancien – celles des ex-voto, des vanités, ou de la figure du martyr, parmi d’autres – et imprégnée des textes et rituels de la religion catholique. Sachant parfaitement trouver sa place aux cœurs des représentations et des enjeux de l’art actuel, il sait mieux que personne flirter également avec les réminiscences kitsch, sans pour autant tomber au creux d’une vague qu’il s’applique au contraire à dénoncer. Grâce à l’élégance visuelle et au sens aiguë de la narration qui le caractérisent, il évite toujours « sur le fil » les écueils du scabreux ou du racolage facile. Il sait tenir admirablement le regardeur (le voyeur ?) en alerte – pour ne pas dire en haleine – par sa façon très personnelle de fixer les sensations physiques et les sentiments humains en formes sculpturales, aussi directement assimilables par l’œil contemporain qu’un arrêt sur image en provenance du zapping télévisuel. Parce qu’elle témoignent d’un imaginaire héroïque plongeant au cœur des mythes de l’humanité, ses sculptures semblent en effet résulter d’actions brutales de performances venant tout juste de se dérouler en direct sous nos yeux, qui nous auraient laissées pantois ou offusqués, et nous obligeraient par là-même à sortir de notre habituelle léthargie pour réagir, pour ou contre. Les performances d’artistes conceptuels tels que Marina Abramovic ou Jan Fabre – explorant les mêmes territoires extrêmes de la violence physique, prêts à mettre leur vie en danger pour faire éprouver à leur auditoire le dénuement du corps, révéler l’instinct de mort en tout un chacun, faire ressentir aussi le « frisson » de la vie, dans toute sa sauvagerie animale – doivent avoir sans doute retenu l’attention de Marc Alberghina, et l’inspirer dans sa pratique sculpturale.

Il faut certes avoir une certaine sensibilité au macabre – ou du moins à la beauté convulsive – pour apprécier des œuvres explorant ainsi, sans concession, les désordres physiologiques ou psychologiques de l’être : la fragilité, la peur de la mort, la menace de l’anéantissement pèsent constamment sur ces représentations du corps fragmenté, lorsque celui-ci n’est pas déjà réduit à l’ossuaire, comme dans L’Usine ou dans Cycle… Avec chaque fois plus de virtuosité et de contrôle des effets, Marc Alberghina déploie dans l’espace des figures fantomatiques pétries par la véhémence de sa rébellion contre les hypocrisies et les intolérances, mais façonnées également par les forces obscures de la dépression collective qui, telle une ombre portée, nous tirent tous vers le bas. Une confusion des sentiments s’installe durablement à la vision de cette œuvre fertile et éprouvante, subtile métaphore de nos combats intérieurs. Un concentré du Paradis et de l’Enfer, en somme…

Frédéric Bodet

Exposition du  13 août au 11 septembre (mercredi, samedi, dimanche 14h30-18h30)
Chapelle des Pénitents Blancs à ASPREMONT
VERNISSAGE : vendredi 12 août à 19 heures.

Jacqueline Matteoda - UMAM 70 ans - Aspremont

Être ouvert à tout ce qui vous entoure, avoir la perception de l'exceptionnel fait que l'on rencontre des objets, des matières, souvent rejetés et tout devient évident ...




Exposition du  13 août au 11 septembre (mercredi, samedi, dimanche 14h30-18h30)
Chapelle des Pénitents Blancs à ASPREMONT
VERNISSAGE : vendredi 12 août à 19 heures.

Gérard Haton-Gauthier - UMAM 70 ans - Aspremont

Gérard Haton-Gauthier est né à Dijon en 1952. Il vit et travaille depuis 1982 à Roquebrune Cap Martin et enseigne à l’École d'arts plastiques de Menton.
Au fil des années, le noir s’impose dans les différentes représentations, encre de Chine, fusain et pierre noire sur toile ou papiers marouflés. La lecture proposée n’en est que plus directe.
Aborder le sujet jusqu’au plus profond de l’âme est l’élément essentiel de la démarche.
Sans artifice l’œuvre s’affirme d’elle-même dans sa poésie et son message.
Les sculptures sont le reflet des œuvres peintes ; tôles d’acier noires, acier inox, verre acrylique donnent le ton. Le rond de bosse laisse place à des formes épurées par la découpe au trait de contour.
Le travail préliminaire des œuvres est le plus souvent réalisé sur des carnets ce qui le dirige vers la conception et la réalisation de livre d'artiste ; les textes ou les phrases sont des extraits d'émotions choisies ou de réflexion personnelles. Les livres deviennent objets, boîtes à secrets, boîtes à rêves.


Exposition du  13 août au 11 septembre (mercredi, samedi, dimanche 14h30-18h30)
Chapelle des Pénitents Blancs à ASPREMONT
VERNISSAGE : vendredi 12 août à 19 heures.


Beatriz Moreno - UMAM 70 ans - Aspremont

L’univers de Beatriz Moreno est un univers inquiétant. Dans la vieille demeure de famille, baignée de nuit, sous un ciel sans étoiles, les ancêtres revivent d’une vie inhabituelle. Plus qu’un rêve, il s’agit d’une mise à nu de leur véritable identité. On ne connait jamais personne. Encore moins les morts, ceux de l’an passé comme ceux des siècles désormais évanouis dans la poussière du temps. Un long et impossible frisson nous traverse. Les voilà donc, rendus à leur vérité, arborant enfin leur vrai visage. Il était chat et le voilà chat. Au siècle des siècles. Il était loup. C’est pour l’éternité. Il était papillon. Il le demeurera. Hiératiques, hautains, bardés de fer ou de taffetas, je viens d’eux, de leur dérisoire splendeur.


Rien de monstrueux là pourtant. Inquiétant certes mais d’une beauté qui est celle que confectionnent les songes. Il s’agit de fixer la terreur, de lui donner image. Enfants, nous aimions le diable, les chimères et les croque-mitaines, les bêtes fabuleuses. Enfants, le péché nous hantait. L’art de Beatriz Moreno est très catholique. Au sens d’universel mais aussi au sens où, au moyen d’un travail étonnamment minutieux, revit devant nous la grandeur séculaire de l’Espagne. La photographe artiste se mesure à son passé, à celui des vieux palais et des tours de Tolède. Tout un cortège d’ombres... toute une merveille éteinte. Et eux à face d’autruche ou de lémurien, figés, grotesques... On songe à certaines pages de La route des Flandres par Claude Simon. On songe évidemment à Jérôme Bosch, à Francisco de Goya, à Salvador Dali. Sur le plan photographique, Beatriz Moreno a été marquée par Julia Margaret Cameron, Fox Talbot, Eugène Atget. Entre autres.
Les sentinelles de Tellus montent la garde. Tellus était la divinité romaine de la terre, la Gaia des Grecs. Tellus fit sortir du sol toutes les générations, les reprit ensuite pour en dissoudre les éléments et en tirer des existences nouvelles. Tellus a représenté le monde des morts en compagnie des Mânes. Tellus était associée à l’union maritale et à la procréation. Mort et vie. Là où elles se rencontrent. On invoquait Tellus avant de procéder à la moisson. On nommait la terre et on la touchait avec ses mains. Saint-Augustin l’évoqua, en la divisant entre son principe masculin et son principe féminin.

C’est un message muet qui nous est adressé, une mise en garde, un appel, un commandement. « Linquitur ut merito maternum nomen adepta terra sit, e terra quoniam sunt cuncta creata » écrit Lucrèce dans de Natura Rerum (V, 796). Il reste que c’est à juste titre que la terre a reçu le nom de mère, puisque tout est produit par la terre. » L’invention des sentinelles par Beatriz Moreno et donc le titre qu’elle a choisi s’expliquent ainsi, par la conscience aigüe qu’elle a des dangers qui menacent notre planète. Tellus Mater est celle grâce à qui le cycle vie/mort/renaissance peut exister. Tellus est « l’arbitre souveraine du monde, refuge des morts et régulatrice du renouvellement des existences. » Elle est passeuse de mondes, ordonnatrice des grandes mutations du vivant.

Il y a message mais c’est peut-être aussi à une nouvelle foi que nous appelle Beatriz Moreno, à une nouvelle mouture du culte ancien. Il ne s’agirait alors pas seulement de s’ouvrir à la gravité de la déesse et de ses sentinelles mais de répondre à une invite : celle d’en être, de les rejoindre. Réaliser en nous la fusion de l’animal et de l’humain, pour une nouvelle expérience du monde, pleinement poétique cette fois.

Eric Paul

Exposition du  13 août au 11 septembre (mercredi, samedi, dimanche 14h30-18h30)
Chapelle des Pénitents Blancs à ASPREMONT
VERNISSAGE : vendredi 12 août à 19 heures.

mardi 9 août 2016

Jonathan Ribeiro - UMAM 70 ans - Aspremont

Jonathan Ribeiro est né dans le sud de la France en 1987. Fils unique d'une famille aimante et unie, il grandit sur un socle religieux fort, porté par ses grands parents. Lui, n'a jamais cru. Il s'est pourtant toujours interrogé et intéressé à la théologie.

 Hors du cocon familial, sa jeunesse se révèle plus chaotique et violente. Il se passionne entre autres pour la philosophie, puis pour la métaphysique. La vie, la mort. Des questions sans réponse qui le torturent depuis toujours. 

 Ce repli sur soi l'entraîne alors vers des univers sombres, intimistes, imaginaires ou virtuels, qui ont tous contribué à fonder son identité artistique.
La violence à laquelle il fut confronté l'a poussé à se créer un monde où se mêle la violence contemporaine et la puissance des sentiments humains.


 La barbarie du monde l'intrigue et le fascine à la fois. Les jeux vidéos, le cinéma, la musique et les faits divers sont autant de pièces qui composent la personnalité de Jonathan Ribeiro.
Il n'est pas étonnant de trouver parmi ses principales influences des personnages tels que Joel-Peter Witkin, Gregory Crewdson, ou encore Friedrich Nietzsche.

Nous sommes dans un monde en crise, baigné de haine et de violence. La démarche de Jonathan Ribeiro est de catalyser ces émotions négatives. Les figer. Et les sublimer.

E.D.

Exposition du  13 août au 11 septembre (mercredi, samedi, dimanche 14h30-18h30)
Chapelle des Pénitents Blancs à ASPREMONT
VERNISSAGE : vendredi 12 août à 19 heures.

dimanche 12 juin 2016

Menton : les migrants sont rejetés à la mer.


Dans la nuit une barque a été rejetée à la mer. Cette barque qui s’intitulait « 6-ct-toi » avait été créée par le collectif d’artistes niçois KKF. Il s’agissait en fait d’une œuvre d’art exposée à Menton dans le cadre des expositions des soixante-dix ans de la fondation de l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne, parrainée en son temps par Matisse et Bonnard. Elle était, avec d’autres sculptures, posée sur les pelouses des jardins Palmero, devant le musée Cocteau et face à la mer.

Les migrants à la frontière

Du fait de son emplacement elle exprimait le problème des migrants ; tout un symbole dans cette ville frontière. Lorsque les migrants s’étaient installés sur les rochers du poste-frontière Saint Ludovic, les médias en avaient fait tout un symbole et l’Etat avait alors envoyé des forces armées pour protéger ce passage et assurer l’apparence de l’autorité de l’Etat. Les politiques continuent à ressasser ce problème des migrants pour s’assurer d’un électorat peureux, mais bien utile en campagne électorale. En réalité la France est le pays qui va absorber le moins de migrants ; il en est prévu 30.000 au maximum.

On a fait alors de Menton, dans la presse, une ville envahie par les migrants, ce qui n’a jamais été le cas. En effet les migrants qui pouvaient monter dans le train en Italie, à Vintimille, ne descendaient pas à Menton, mais à Nice et même au-delà.

La barque de KKF

L’ONU vient d’annoncer que plus de 10.000 migrants sont morts en Méditerranée depuis 2014. Notre Mare Nostrum est devenue un cimetière. La semaine dernière 320 ont encore disparu lors d’un naufrage. KKF a créé une barque dont l’objectif était de faire prendre conscience de la situation sans pour autant être misérabiliste. Le navire, d’une finition parfaite, contenait les jambes des migrants en résine colorée et brillante. Si on se penchait sur la barque on voyait notre visage, au fond, se reflétant dans une glace : effectivement et si c’était nous dans cette barque ? C’était une véritable expression de l’errance humaine.

La bêtise humaine

La barque de KKF, comme le rapporte le procès-verbal de la police, faisait 3,20 mètres de long, pesait plus de 300 kilos et était vissée au sol. Des ilotes ont alors décidé, en pleine nuit, de la jeter à la mer après l’avoir en grande partie détruite sur les rochers ou sur la pelouse. Les courants vont la pousser vers Monaco, puis la ramènent en France, au large du port de Cap d’Ail où elle sera découverte.


Les imbéciles ont donc volé une œuvre d’art, puis l’ont détruite, puis l’ont jeté en mer. Xénophobes, raciste, fascistes, et bien sûr trouillards, poltrons et lâches pour avoir effectué cela en pleine nuit, ils ont commis là un acte qui ne se contente pas d’être répréhensible, mais un témoignage de la bêtise humaine.



Mais dans l’art, braver les conforts et les conformismes, les règles et les habitudes, la bienséance et la bien-pensance, c’est de l’audace et ce n’est pas sans conséquences. Faut-il fermer les yeux ou laisser aux artistes les moyens de s’exprimer ? KKF a pris le risque, mais les imbéciles qui ont détruit leur œuvre font d’eux des héros, et de leurs idées un symbole d’humanité.

Christian Gallo - © Le Ficanas ® - Photos Christian Gallo et KKF.

mardi 17 mai 2016

L'UMAM participe à la Nuit Européenne des Musées

Samedi 21 mai va avoir lieu la nuit européenne des musées.


L'Union Méditerranéenne pour l'Art Moderne y participe dans le cadre de son exposition des 70 ans de sa fondation au Palais de l'Europe de Menton.
De 19 heures à 23 heures, en présence de la présidente de l'UMAM et commissaire de l'exposition Simone Dibo-Cohen, des performances auront lieu. Elles seront réalisées par:

Christelle Esperto

Gérard Haton-Gauthier

Laurent Papillon



Elles vont se dérouler dans la galerie d'Art contemporain du Palais de l'Europe en présence des œuvres de :


Marcel Alloco / Bertrand Beaussillon  / Nasr-eddine Bennacer  / Raymond Berbiguier
Stefano Bombardieri  / Jean-Claude Borowiak / Katia Bourdarel / Miguel Buades
Damien Cadio  / Denis Castellas / Roland Devolder / Marc Gaillet / Evelyne Galinski
Gérard Garouste / Damien Hirst / KKF / Youcef Korichi / Alain Lestié  / Fernando Martinez Garcia
Audrey Nervi / Axel Palhavi / Miograd Tasic / Djamel Tatah /Jérôme Zonder

Une nuit magique et gratuite. 
Palais de l'Europe - 8 Avenue Boyer -  06506 Menton
Contact UMAM : umam@orange.fr

vendredi 8 avril 2016

Un très beau reportage de France 3 sur l'UMAM

Un parallèle intéressant avec des images de l'INA en 1964 et aujourd'hui tournées au Palais de l'Europe de Menton.
Avec la participation de Simone Dibo-Cohen,  Marc Gaillet, KKF et Alain Lastié

dimanche 13 mars 2016

L’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne retrouve Menton avec succès.

A l’occasion de la commémoration des soixante-dix ans de sa fondation par Jean Cassarini, le docteur Thomas, Matisse et Bonnard, l’UMAM qui a exposé plus de 1.500 artistes à ce jour, organisait sa huitième exposition de l’année qui avait commencé à Beyrouth. Mais la première qui est en place actuellement à Menton, au palais de l’Europe, a un aspect particulier. En effet comme l’a souligné au travers de son historique la maire-adjointe à la culture, Madame Martine Casério, c’est à Menton qu’ont eu lieu le plus grand nombre d’expositions avec Picasso, Bonnard, Dufy, Dali, Braque, Chagall, Delvaux… La présidente de l’UMAM, Simone Dibo-Cohen a insisté sur le fait, que conformément aux souhaits de Matisse et Bonnard, il ne s’agissait pas là d’une rétrospective, mais d’une exposition réunissant des artistes vivants, en activité, et un mélange de célébrités internationales et des créateurs en devenir de moins de 40 ans. Dans son discours, le député-maire Jean-Claude Guibal a déjà annoncé l’exposition qui aura lieu au mois de juin dans les jardins de sa commune où seront réunies des sculptures de haut niveau. Le point d’orgue sera alors les jardins et le Palais Carnolès, musée des beaux-arts de la ville, et surtout une œuvre monumentale de Stefano Bombardieri sur le parvis du Musée Cocteau. Tous ont félicité la présidente de l’UMAM également commissaire de l’exposition et la collaboration de Josiane Tricotti et Christelle Esperto.
Miograd Tasic
Jean-Claude Guibal, ne s’est pas contenté d’un simple discours et a tenu à se faire présenter toutes les œuvres exposées, une par une, par Simone Dibo-Cohen et a rencontré et questionné avec intérêt, tous les artistes présents. Cette visite va durer près de trois heures. Le public nombreux est resté également très longtemps au cœur de cette mise en scène exceptionnelle dans la salle d’art contemporain de ce magnifique Palais de l’Europe.



Concurrence à Venise ?

De même que le festival du film de Cannes avait eu pour but de concurrencer la Mostra de Venise, la commune de Menton avait eu le même objectif face aux biennales d’art contemporain de Venise. Hélas cela fut abandonné dans les années quatre-vingt, mais la presse italienne vient de signaler cette information et se réjouit de ce renouveau pour l’art d’aujourd’hui.

Fernando Martinez Garcia
Jusqu’au 28 mai prochain, vous allez découvrir, au palais de l’Europe, les œuvres de Marcel Alloco, Bertrand Beaussillon, Nasr-eddine Bennacer, Raymond Berbiguier, Stefano Bombardieri, Jean-Claude Borowiak, Katia Bourdarel, Miguel Buades, Damien Cadio, Denis Castellas, Roland Devolder, Marc Gaillet, Evelyne Galinski, Gérard Garouste, Damien Hirst, KKF, Youcef Korichi, Alain Lestié, Fernando Martinez Garcia, Audrey Nervi, Axel Palhavi, Miograd Tasic, Djamel Tatah, Jérôme Zonder.

Evelyne Galinski
Et après ?

Le 29 avril et pour tout le mois de mai deux artistes d’exception à Pézenas, dans l’Hérault dans l’hôtel Flottes de Sébazan : Nurcan Giz et Martin Hollebecq,

Le 2 juin, Musée des Arts asiatiques à Nice : hommage à Seund Ja Rhee, dans le cadre de l’année de la Corée en France,

Le 4 juin Menton avec des sculptures dans les jardins de la ville, et le palais Carnolès,

En Août, l’église d’Aspremont,

En Septembre Cécile Andrieu à la galerie Depardieu à Nice

Le 22 octobre, retour au Palais de l’Europe de Menton,

Le 15 novembre, Bernard Langenstein à Villefranche-sur-Mer,

En novembre, Paris dans la mairie du 7eme arrondissement,

Et probablement Téhéran en fin d’année.

Roland Devolder

Jean Cassarini (fondateur de l'UMAM en 1946)

Damien Hirst

Nasr-eddine Bennacer
Evelyne Galinski

 
Marc Gaillet
Katia Bourdarel

Gérard Garouste
Jean-Claude Borowiak

Djamel Tatah

vendredi 11 mars 2016

Les 70 de l'UMAM vus par les Italiens

Le journal de la Ligurie

Vernissage : Samedi 12 mars - Palais de l'Europe - Menton
Exposition du 12 mars au 28 mai

UMAM 70 ANS : KKF à Menton

Après Starsky et Hutch, Damian et Hirst


2015 / Montage photographique recto-verso, double vitrage, structure métallique, bois, dibon
Ce montage photographique en double vitrage, les deux artistes du connectif KKF se représentent, au recto, écrasés contre la vitre.

Ar(t)métique renvoie à l’hermétique monde de l’art qui met l’artiste sous pression, l’obligeant à produire selon des carcans étouffants, à réussir absolument, à être reconnu pour pouvoir vivre de son travail.

Au verso, ils apparaissent comme disséqués dans leur chair anatomique.

La référence directe à Damien Hirst et à ses créations morbides dans le formol sert l’idée que, dans le système du marché de l’art, l’artiste pris au piège de la spéculation se fait broyer et finit par s’auto-dévorer en vendant son âme au profit de ce qui se vend.

Gangrené à son tour par la société de consommation, l’art devient un produit comme un autre, gouverné, au-delà de tout talent, par sa capacité à créer l’événement, le buzz : le trash d’une œuvre proposant une tête de veau dans du formol obéit plus aux lois du marketing qu’à celles de l’esthétisme.

L’artiste pour percer est obligé de rentrer dans ce jeu et de se mettre à nu, de dévoiler sa barbaque, pour pouvoir se vendre comme sur un étal dans les grandes foires d’art contemporain.

Vernissage : Samedi 12 mars - Palais de l'Europe - Menton
Exposition du 12 mars au 28 mai

http://www.kkf.fr/