vendredi 17 juin 2016

Paris : Dominique Coffignier : La terre toujours recommencée

Le travail vibratoire de Dominique Cof gnier propose aussi bien des délimitations de plans que des pulsations, des batte- ments, des tremblements et le terme d’abstraction trop souvent synonyme de froideur ne suf t pas à en rendre compte. Sa peinture n’est pas seulement abstraite, elle dégage une chaleur humaine, elle rayonne d’un lyrisme d’autant plus frappant que sa palette est réduite. Les masses anthracite, écrues, brunes, pourpres, outremer dessinent le panorama d’une grande fresque terrestre fragmentée de lèvres de volcans, de rivages, de béances, de gouffres, de trous noirs qui s’inscrivent souvent au milieu des tableaux et offrent un bel écrin pour faire jaillir signes, tracés et lumière.

Ses ouvrages plans comme le compte rendu d’un vulcanologue concernant les champs magnétiques nous plongent au cœur d’une musique imaginaire de la terre. Cette peinture tellurique et cosmique fait vibrer un nouveau « Chant des pistes »
pour reprendre le titre du fameux roman de Bruce Chatwin quand l’écrivain voyageur prend la route des « songlines ». Ces itinéraires chantés d’après la tradition des aborigènes d’Australie sont des airs sacrés qui présentent à la fois une description géographique et un récit mythique de la création du monde. Dans le même registre Cof gnier nous invite à suivre les « pistes de rêves » que ses grandes toiles laissent dans leurs sillages uniformes. Chez lui aussi « des amas rocheux sont les œufs du Serpent Arc-en-Ciel, un gros bloc de grès rougeâtre est le foie d’un kangourou transpercé d’une èche... Une bande de gra- vier est l’équivalent musical de l’Opus 111 de Beethoven... »



Sa peinture est une recherche de la troisième dimension, une nouvelle dé nition de la matière, une aventure qui permet de sortir du chaos. Cela se traduit par un dynamisme interne, dans un va-et-vient qui s’effectue à l’intérieur de la toile dans un but proprement poétique. Avec sa gestualité rapide, brutale, intense l’artiste semble lutter contre lui-même. La forme varie avec ses états d’âme, ses déplacements comme le son qui se module selon l’éloignement où l’on est de la source sonore. Ses toiles marquées de lignes d’horizons, de frontières, de démarcations suggèrent une échappée, un passage du dedans au dehors. Elles donnent à voir le monde dans son ensemble sans limite entre le jour et la nuit. Les larges formes planes, monochromes qui enchâssent le tableau comme un étau semblent pourtant en mouvement comme si l’artiste cherchait un centre, un besoin de symétrie qui lui permette de cerner sa vision. Il retourne alors le paysage authentique comme un gant, nous propose un autre territoire et nous emmène dans des contrées lointaines et imaginaires, dans ses baroques nouvelles vallées africaines ou ses chimériques bushes australiens. Quand les masses bondissent dans le soleil il arrive à une réalité en la découvrant à travers une prolifération d’éléments, comme une plage découverte par le re ux. L’artiste éprouve comme le besoin de nouer des indi- ces et de les maintenir dans des accolades de forces. La lumière devient forme, elle se plie et se déplie, se renouvelle en écho a n d’entretenir sa propre illumination. La forme n’est plus pour lui, plaqué sur, mais tirée vers.

Tous les moyens picturaux sont utilisés pour traduire une émotion éperdue et proposer une immersion dans la nature brute
et sauvage dans le but d’en restituer les forces propres qui l’anime. Dans sa soif de création inextinguible, dans sa soif d’intensité, Cof gnier semble reproduire les effusions de la terre, le mariage explosif de la lave et de l’océan dont il rend compte par un bombardement visuel et sensuel où les gestes de la main dénotent une violente tendresse. Aveuglés par des taches d’astéroïdes nous sommes plongés dans les étranges ténèbres qui ont façonné la surface de la terre des hommes, aux sources de la genèse originelle de la création. Avec des bâtons d’huile l’artiste grave ses signes premiers hérissés de bar-
belés rayonnants, ses graf tis amboyants porteurs de meurtrissures, de souillures, d’éclaboussures, de traces et de chaleur humaines. Comme tout ce qui tremble et se ssure dans l’écorce terrestre, la peau de ses toiles, entre ses fêlures multipliées
et miniaturisées, exhume les vestiges où s’enchevêtrent lieux géographiques et territoire fondamental de l’artiste. Par ces marques étincelantes de sa fureur et de son élan vital il nous propose de redevenir l’enfant sauvage qui courrait dans l’herbe et tutoyait le soleil.

Renaud Faroux, historien d’art.

Du 21 juin au 30 juillet 2016
Vernissage jeudi 23 juin à partir de 17 heures

Galerie GNG
3, rue Visconti - 75006 Paris
01 43 26 64 71
galeriegng@wanadoo.fr  - http://www.galeriegng.com

Arson : Tu danses ?

JEUDI 23 JUIN 2016 - 20h30
CONCERT EN PLEIN AIR SUR LES TERRASSES DE LA VILLA ARSON
TU DANSES ? Trio

Christian Mariotto (batterie)
Jean-Marc Baccarini (saxophone)
Philippe Canovas (guitare)

Pour cette occasion, le trio jouera la musique qui figure sur leur troisième album enregistré en février 2016 qui paraîtra avant l'été. Cet album rend hommage à Paul Motian, à travers de nouvelles compositions.

Jean-Marc Baccarini, Philippe Canovas et Christian Mariotto distillent un jazz libre, libre au sens où il ne répond plus aux normes classiques. Un jazz libre, bien actuel, qui n’oublie cependant pas son histoire. Avec un évident plaisir de jouer, les trois musiciens invitent le public à partager l’instant présent, générateur de paysages sonores uniques et éphémères.

Le trio cultive l'art du faux semblant, allant de spirales en décalages avec une énergie bouillonnante et une vitalité propice aux plaisirs du jeu. La mélodie est reine, toujours présente comme un fil tendu permettant aux trois protagonistes d’imaginer les figures les plus improbables et d’inventer les paysages sonores que seul l’instant présent puisse générer.

CONCERT EN PLEIN AIR SUR LES TERRASSES
Ecole nationale supérieure d'art et Centre national d'art contemporain
20 av. Stephen Liégeard - 06105 Nice
www.villa-arson.org
En cas de météo défavorable, le concert aura lieu dans le grand amphithéâtre

http://www.tudansestrio.com

“Dans les Pas des héros : Les Guerriers Antiques”

23 juin à 18h30 - Place des Patriotes, Village de Mougins

Le MACM, le Musée d'Archéologie de Nice et la Villa Kerylos vous proposent une conférence à trois voix :
DANS LES PAS DES HÉROS : Les guerriers antiques


Programme :
“Héros et guerriers : Sous le regard des dieux” - Vassiliki Castellana - Chargée d’actions culturelles, Villa Grecque Kérylos

“La romanisation par l’armée dans l’Antiquité romaine” - Olivier Ghiringhelli - Médiateur culturel, Musée de l'Archéologie de Nice

“La plus grande collection d’armure antique au MACM” - Katia Schörle - Conservatrice, Musée d’Art Classique de Mougins

Les présentations seront illustrées par des reconstitutions historiques des hoplites grecs et des légionnaires romains par Les Somatophylaques et Lorica Romana
Modérateur de la conférence : Bertrand Roussell Directeur, Musée de l'Archéologie de Nice

Entrée libre sur réservation - places limitées - Réservez maintenant

Après la conférence, visitez la plus grande collection d'armures greco-romain au Musée d'Art Classique de Mougins qui restera exceptionnellement ouvert jusqu'à 22h pour vous accueillir - Entrée 5€

Musée d'Art Classique de Mougins
5 Rue des Mûriers
Vieux Village de Mougins
06250 France

Tel: 04 93 75 18 65
Mob: 07 86 43 24 36

dimanche 12 juin 2016

Promenade photographique : Combas au château de Vence

Les Combas de Lambert : exposition jusqu’au 13 novembre fondation Émile Hugues à Vence.




















L’UMAM représenté par Simone Dibo-Cohen, Brigitte Chery, Françoise Castellani & Christian Gallo.
Photos © Christian Gallo

Menton : les migrants sont rejetés à la mer.


Dans la nuit une barque a été rejetée à la mer. Cette barque qui s’intitulait « 6-ct-toi » avait été créée par le collectif d’artistes niçois KKF. Il s’agissait en fait d’une œuvre d’art exposée à Menton dans le cadre des expositions des soixante-dix ans de la fondation de l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne, parrainée en son temps par Matisse et Bonnard. Elle était, avec d’autres sculptures, posée sur les pelouses des jardins Palmero, devant le musée Cocteau et face à la mer.

Les migrants à la frontière

Du fait de son emplacement elle exprimait le problème des migrants ; tout un symbole dans cette ville frontière. Lorsque les migrants s’étaient installés sur les rochers du poste-frontière Saint Ludovic, les médias en avaient fait tout un symbole et l’Etat avait alors envoyé des forces armées pour protéger ce passage et assurer l’apparence de l’autorité de l’Etat. Les politiques continuent à ressasser ce problème des migrants pour s’assurer d’un électorat peureux, mais bien utile en campagne électorale. En réalité la France est le pays qui va absorber le moins de migrants ; il en est prévu 30.000 au maximum.

On a fait alors de Menton, dans la presse, une ville envahie par les migrants, ce qui n’a jamais été le cas. En effet les migrants qui pouvaient monter dans le train en Italie, à Vintimille, ne descendaient pas à Menton, mais à Nice et même au-delà.

La barque de KKF

L’ONU vient d’annoncer que plus de 10.000 migrants sont morts en Méditerranée depuis 2014. Notre Mare Nostrum est devenue un cimetière. La semaine dernière 320 ont encore disparu lors d’un naufrage. KKF a créé une barque dont l’objectif était de faire prendre conscience de la situation sans pour autant être misérabiliste. Le navire, d’une finition parfaite, contenait les jambes des migrants en résine colorée et brillante. Si on se penchait sur la barque on voyait notre visage, au fond, se reflétant dans une glace : effectivement et si c’était nous dans cette barque ? C’était une véritable expression de l’errance humaine.

La bêtise humaine

La barque de KKF, comme le rapporte le procès-verbal de la police, faisait 3,20 mètres de long, pesait plus de 300 kilos et était vissée au sol. Des ilotes ont alors décidé, en pleine nuit, de la jeter à la mer après l’avoir en grande partie détruite sur les rochers ou sur la pelouse. Les courants vont la pousser vers Monaco, puis la ramènent en France, au large du port de Cap d’Ail où elle sera découverte.


Les imbéciles ont donc volé une œuvre d’art, puis l’ont détruite, puis l’ont jeté en mer. Xénophobes, raciste, fascistes, et bien sûr trouillards, poltrons et lâches pour avoir effectué cela en pleine nuit, ils ont commis là un acte qui ne se contente pas d’être répréhensible, mais un témoignage de la bêtise humaine.



Mais dans l’art, braver les conforts et les conformismes, les règles et les habitudes, la bienséance et la bien-pensance, c’est de l’audace et ce n’est pas sans conséquences. Faut-il fermer les yeux ou laisser aux artistes les moyens de s’exprimer ? KKF a pris le risque, mais les imbéciles qui ont détruit leur œuvre font d’eux des héros, et de leurs idées un symbole d’humanité.

Christian Gallo - © Le Ficanas ® - Photos Christian Gallo et KKF.

vendredi 10 juin 2016

Le Nain de Mauro Corda


Il est dans les jardins Biovès de Menton, devant le Palais de l’Europe et attire de nombreux photographes. Il fait parti d’une série d’œuvres de ce sculpteur de réputation internationale. Lors de la biennale de l’UMAM de 2014 au château de Cagnes-sur-Mer, Corda avait remué les visiteurs avec sa « Boucherie » où des corps de bronze déchiquetés suspendus à des potences laissait, alors que l’on parlait tous jours des décapitations violentes de Daech, une impression de mal à l’aise et une réflexion profonde sur notre avenir.


Avec « Le Nain », l’effet est autre. C’est actuellement avec la Baleine de Bombardieri, l’œuvre la plus photographiée de cet Acte II de la commémoration des 70 ans de la fondation de l’UMAM à Menton.

Laissons la parole à Georges Vigarello
Membre de l’Institut universitaire de France : «Mauro Corda a choisi la logique du gros plus que la logique du gras. Il lutte ainsi à contre courant, privilégie ce que notre culture ne semble plus percevoir, elle qui stigmatise systématiquement toute épaisseur physique. Il restitue bien au contraire une logique du pesant, distingue ses lignes de force, souligne ses certitudes possibles. Il l’étudie en profondeur, jusqu’à le traiter sur un mode totalement générique : celui même où semble s’effacer la différence entre forme masculine et forme féminine. Le gros comme lieu global de confiance et d’aplomb. /… Reste le travail sur la franche disharmonie : l’effigie du nain en est l’exemple, avec ses jambes trop courtes pour un tronc trop long, sa tête massive pour un corps trop engoncé. C’est la contrainte des forces qui est ici étudiée, leur contradiction, leur affrontement crispé. La nature aurait aussi ses échecs. Elle aurait aussi ses tensions non résolues. Le nain y résiste sans doute. Sa tenue volontaire le dit. Mais il ne peut tout surmonter. C’est dans ses yeux de bronze, ses yeux étrangement soulignés, ses prunelles sourdement vivantes, qu’il faut lire ici une tragédie à peine dominée.»
Sculpteur contemporain à l’œuvre singulière, Mauro Corda nous ouvre les portes de son univers artistique. Parfait technicien, héritier d’une tradition classique et travaillant une large variété de matériaux, l’artiste se refuse à toute forme d’emprisonnement par le style ou le genre artistique. Son œuvre plurielle explore les grandes questions de notre temps.

jeudi 9 juin 2016

mercredi 8 juin 2016

L'UMAM dans la presse italienne




Il Giornale del Piemonte

Les Combas de Lambert


Vernissage samedi 11 juin à 11 heures.
Exposition du 11 juin au 13 novembre.
Musée de Vence, fondation Émile Hugues - 2, place du Frêne à Vence

NDRL : Vous retrouverez Combas à Monaco et à Avignon cet été.

Nice : performance et musique en juin chez Depardieu

Jeudi 9 juin 2016 - 19h30
STATION TO STATION
PERFORMANCE D'HERVÉ PASSAMAR ET DE BERNARD POURRIÈRE
Chaque station de la ligne 1 du métro de Paris est annoncéeà deux reprises par des voix synthétiques enregistrées. Ces voix, entendues chaque jours par des milliers de voyageurs illustrent parfaitement le rapport complexe qu'entretiennent son, information et musique dans notre environnement. Si tous nos mots sont aussi une musique, ceux annonçant les destinations dans le métro sont porteurs d'une musicalité encore plus grande, entraînant les voyageurs/passagers dans de véritables parcours intonatifs.


Bernard Pourrière, plasticien/vidéaste et Hervé Passamar, musicien, se sont associés réaliser “Station to Station”, performance qui transforme progressivement cette matière vocale afin d'en révéler l'importante musicalité sous sous-jacente, d'en produire des formes sonores et visuelles nouvelles, mettre en évidence la forte porosité entre des dimensions à priori étrangères ici réconciliées : message informatif efficient et contenu artistique.

Samedi 11 juin 2016 - 20h15
ZIG ZAG DUO “JAZZ FRIANDISES”

MICHEL YVES BONNET saxophone
JEAN-PHILIPPE MUVIEN guitare

Musique vivante, improvisée, imprévue, imprévisible, elle est construite en zigzag pour un public friand de nouveautés.



C’est dans l’interprétation elle-même qu’apparaît l’originalité de ce groupe. La mémoire africaine, américaine, universelle soutient les musiciens dans l’urgence de leur jeu et de leur dialogue.

La musique de ZIG ZAG ne lasse jamais, surprend parfois, séduit toujours. Elle est “une capture de forces”.

Galerie Depardieu
6, rue du docteur Jacques Guidoni
(ex passage Gioffredo)
06000 Nice France
Tel :+33 (0) 966 890 274
galerie.depardieu@orange.fr

"Regard sur la Nouvelle-Zélande" Jewellery from Aotearoa

Pour cette nouvelle exposition, l’Espace Solidor présentera huit artistes néo-zélandais : Alan Preston, Warwick Freeman, Areta Wilkinson, Moniek Shriver, Craig MacIntosh, Roy Mason, Matthew Mc Intyre Wilson et Lisa Walker. Leurs créations sont profondément imprégnées de la nature qui les entoure ou encore de la culture Maori.
Du 24 juin au 2 octobre  – Espace Solidor – Place du Château - Haut-de-Cagnes


Vernissage en présence de Lisa Walker et Alan Preston
Vendredi 24 juin 2016 à 18 heures

Nice : Dany TULKENS & Bart RAMAKERS

L’atelier Franck Michel expose deux artistes belges, dans le cadre du Gemluc Art, Dany TULKENS sculpteur qui a remporté le prix du jury et Bart RAMAKERS photographe, du 9 juin au 2 juillet 2016.


Vernissage le jeudi 9 juin 2016 à partir de 18 h 30.

28 rue Ségurane à Nice (Quartier des Antiquaires).
Ouverture du lundi au samedi : 9h-13h / 14h30-19h
04 93 04 62 89 / 06 63 49 66 80
contact@latelierfranckmichel.fr

De Carros à San Giustino UN + UNO

Depuis 1982, la commune de Carros est jumelée à la commune italienne de San Giustino, entre Toscane et Ombrie dans la vallée du Tibre. Des échanges scolaires, sportifs et culturels ont laissé de nombreux souvenirs des deux côtés de la frontière. Avec le nouveau siècle, le monde devenant virtuellement à portée de main, les échanges se sont paradoxalement raréfiés jusqu’à s’évanouir. Pour réactiver de manière dynamique ce jumelage, le peintre carrossois Dominique Landucci, commissaire de cette exposition, a choisi d’associer deux à deux des artistes de ces communes, en jouant avec les codes et les grands thèmes de l’histoire de l’art.
Carros
San Giustino
La diversité des disciplines sollicitées, des styles et des références, comme l’éventail des personnalités représentées couvrant des générations et des pratiques différentes, donnent un nouvel éclairage sur la dimension territoriale de la vie artistique et culturelle. Ainsi, la peinture sous toutes ses formes mais aussi le verre, la photographie, la sculpture, le dessin, mettant en valeur la matière, les signes, l’abstraction géométrique, l’art singulier, le Pop’art, l’art gestuel, les mythologies, l’art ethnique, parmi d’autres entrées, y sont à l’honneur.

Ce parcours s’inscrit dans la continuité des actions du Centre international d’art contemporain, au sein duquel les expositions allient un caractère expérimental et des qualités d’accessibilité au plus grand nombre, comme support de transmission des valeurs portées par la culture à destination de tous.

Samedi 11 juin, 11h30 : Vernissage en présence des artistes.

Exposition du 11 juin au 28 août 2016
Du 1er juillet au 31 août, le Centre international d'art contemporain est ouvert de 10h à 12h30
et de 14h30 à 18h30.

Elsa Ghossoub, une révélation de l’UMAM à Menton.

L’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne se doit d’inviter des artistes issus de tous les rivages de la Méditerranée. C’est le cas de la libanaise Elsa Ghossoub qui s’est installée dans un élégant salon du musée des Beaux-arts de Menton, le palais Carnolès.

Deux installations qui interrogent les visiteurs. D’une part un trône en marbre blanc encerclé par une corde. Laissons la parole à l’artiste : «Un polyèdre posé sur un trône métamorphosé en une « chaise tombale » et encerclé par une corde et quatre poteaux pointus, s’éloigne des catégories rassurantes du beau. 

Cette œuvre vise la nature humaine dans son essence, réinterroge les problèmes de l’existence humaine et soulève les sentiments de fragilité et de force, de tranquillité et d’inquiétude, de croyance et de doute, de paix et de peur. Elle questionne la vie et la mort, le devoir et le pouvoir, la responsabilité et la liberté, l’attachement matériel et la transcendance spirituelle.

Elle cherche le silence qui vibre et qui ouvre une communication qui perdure et à éveiller une indépendance morale et intellectuelle en chaque individu.» 

 

Ce qui surprend encore plus c’est une installation qui nous fait naviguer dans l’histoire de l’art de Duchamp à Damien Hirst et à Van Eyck. Tous les éléments de Cosa Mentale sont là : l’urinoir, l’aquarium, le miroir convexe. « Des grillages, pointus et mi ouverts, enclavant un urinoir coupé en deux et immergé dans deux aquariums dans un espace désormais inhabité, créent un accès vers l’inconcevable et l’invraisemblable. 


Cette œuvre trouve ses origines dans l’histoire de l’art ; elle revisite et réunit, notamment, les œuvres qui ont influencé le cycle de l’art ; d’ailleurs rien ne vient de nulle part tout se poursuit, se reformule et se réinvente. Elle est la représentation tangible et la réalisation spirituelle d’une idée mentale qui réunit plusieurs concepts de plusieurs périodes pour en former une nouvelle qui réunit le concret et le mental.

Cette œuvre invite l’observateur à y accéder, à devenir participant, à être témoin de l’étrange, de l’inadmissible, à dépasser les bornes de l’incompréhensible des transformations de l’art et à se libérer de ses pré-acquis et préjugés. »


L’œuvre est signée Caste lleg®, un jeu : caste leg® (caste legacy), castel leg® (castel leg), castel eg (château elsa ghossousb). Quel plaisir de pouvoir approcher des œuvres rares d’une telle qualité.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

lundi 6 juin 2016

Bombardieri réveille Menton avec le temps qui passe.

Lors de la biennale 2014 de l’UMAM, Stefano Bombardieri avait surpris le public avec son fameux rhinocéros suspendu au bord de mer du Cros de Cagnes. Inspiré du film de Fellini « E la nave va », il évoquait ce puissant animal suspendu dans le vide et pitoyablement vulnérable. A l’occasion de l’anniversaire de la fondation de l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne de cette année, il a décidé d’envahir, et surtout de surprendre Menton.

Perché sur un grand socle noir devant le fort du Bation, le gorille s’impose par sa dimension. Sur la poitrine trois chiffres sont allumés en rouge et vont en diminuant. Certains cherchent un rapport avec l’heure, mais le rapport est avec le temps : ces trois chiffres témoignent du nombre de gorilles restant sur la planète. Mais est-ce également notre disparition ? En effet le gorille est un hominidé et le plus proche parent de l’homme dans le règne animal. Dans 50 ans ils auront tous disparu, à cause de l’homme, par la déforestation et la destruction de leurs habitats. Actuellement ils sont, comme l’homme, victimes du virus Ebola.

Devant la façade classique du palais Carnolès, une toupie a atterri, comme un satellite venu de l’espace et qui a bruni en traversant, enflammé, la stratosphère. Face à l’allée principale des jardins, bloquant la façade, elle est le jouet d’un Géant, probablement fils de Gaïa et d’Ouranos revenant de Grèce. L’opposition entre la sculpture et l’aspect traditionnel du palais est impressionnante, car la dimension de cette toupie est déroutante.

Dans la mythologie grecque, Gaïa est la personnification de la Terre. Elle est également la déesse-mère, ancêtre qui va engendrer toutes les races divines et les monstres. Pour Stefano Bombardieri, la déesse est devenue une petite fille qui tire une énorme baleine pour la replonger dans la Méditerranée. A nouveau Bombardieri se préoccupe de la disparition d’une race animale. Subitement le parvis du musée Cocteau de Menton se transforme en lieu de culte. Il faut s’assoir devant la petite fille et la baleine géante, et parler. En effet elle est à l’origine de l’oracle de Delphes que s’appropriera plus tard Apollon. Avec « Gaia e la balena » Bombardieri a inversé le gigantisme : normalement c’est la déesse qui est géante et il en fait une petite fille. La baleine en voie de disparition ? Certes avec la pêche à outrance.


En réalité, le gigantisme des œuvres de Stefano Bombardieri a pour but, au travers de leurs dimensions, de nous faire prendre conscience du temps qui passe, du monde qui change, de la disparition, de la mort. Cet artiste de réputation internationale qui oscille entre l’hyperréalisme et le surréalisme, qui œuvre dans des grandeurs impressionnantes, marque incontestablement cet anniversaire des 70 ans de l’UMAM. Il est le digne descendant de Matisse et Bonnard par la qualité de son travail.

Christian Gallo - © Le Ficanas ® - Photos : Christian Gallo




Mougins : Christian Vium et Marta Zgierska

Le Prix HSBC pour la Photographie exposera durant tout l’été à Mougins, les lauréats Christian Vium & Marta Zgierska, choisis parmi 12 photographes proposés par Diane Dufour, conseillère artistique 2016.

Christian Vium
A propos de « The Nomadic City » il dit :« Par la juxtaposition d’une variété de pratiques photographiques et de méthodes ethnographiques, le projet offre une vue kaléidoscopique d’une urbanisation par le dessous, c'est-à-dire à partir de la périphérie urbaine – invitant les habitants à participer activement à l’écriture de l’histoire de la ville. »

Marta Zgierska
A propos de « Post » elle dit :« Mes premières photos furent comme une incantation à la peur... “Post” est un projet sur un point de rupture figé dans une grisaille morte, dans le silence et dans la tension. Ici, chacun peut trouver ses propres plaies – rêves épuisants, craintes et obsessions. C’est une manière personnelle de découvrir chez un autre une mémoire traumatique jumelle. »




Musée de la Photographie André Villers - Galerie Sintitulo Mougins
Du 24 juin au 28 août 2016

Nice : Fantaisies brésiliennes

En partenariat avec le Ministère de la Culture de Sao Paulo, la Ville de Nice accueille, du 10 juin au 3 octobre 2016, au Musée International d’Art Naïf Anatole Jakovsky, « Fantaisies brésiliennes », une exposition témoignant de l’originalité de l’Art Naïf brésilien issu d’un savant mélange ethnique, d’un syncrétisme religieux, d’un besoin impérieux de braver la dureté de la vie et de lui substituer les couleurs de l’espoir. Le vernissage aura lieu le jeudi 9 juin 2016 à 19 heures.

Musique de Villa Lobos et samba populaire, cérémonies Vaudou et matchs de football, champs de maïs et frénésie des villes, tous les aspects de la vie brésilienne sont réunis dans cette exposition à travers soixante-dix œuvres d’artistes qui ont marqué l’Art Naïf brésilien des années 40 à nos jours. Antonio Poteiro, Chico da Silva, Miranda, Isabel de Jesus, Ivonaldo, Madeleine Colaço, Waldomiro de Deus ….

Crisaldo Morais  - Les Equilibristes  - 100 x 70 cm – 1979
Au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, l’Art Naïf brésilien nait du besoin d’évasion d’hommes et de femmes besogneux (cultivateurs, mécaniciens ou cuisiniers) en mal de créativité. Par ses qualités « magiques » issues du Vaudou du Candomblé et aussi pour ses particularités artistiques, il suscite alors, l’intérêt d’intellectuels comme Lévi-Strauss et de peintres surréalistes interpellés par l’authenticité de cette expression. Depuis, cet art fait de rythme et de couleurs, n’a cessé de démontrer son ingénuité, devenant une composante essentielle du langage pictural du Brésil.

Du 9 juin au 3 octobre - Musée International d’Art Naïf Anatole Jakovsky
Château Sainte-Hélène - 23 avenue de Fabron - Nice
04 93 71 78 33
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h

Nice : L'été à "Espace à vendre"

ESPACE A VENDRE déploie à nouveau ses lieux en trois pour trois expositions inédites.
Dans la Galerie, l’exposition Du sable dans ma santiag
réunit les jeunes artistes Maxime Duveau et Jérémie Paul. L’exposition promet la rencontre de deux univers en apparence éloignés et pourtant communs, dans lesquels la figuration se fait tantôt mythique, tantôt hybride.
Maxime Duveau - Black Motel Paradise
Le Nouvel Espace accueille la série Lucie de l’artiste Louis Jammes. Cinq photographies de quatre mètres sur trois envahissent l’ensemble des murs de l’ancien transformateur électrique. L’artiste y a capturé l’humanité des migrants traversant la frontière serbo-croate lors de son séjour dans les
Balkans en 2015.
Le chemin de l’exode
Sid, frontière serbo-croate, Serbie, 20-09-15. Affiche 4 x 3 m, couverture de survie.
 Enfin, les œuvres historiques de Louis Jammes sont exposées dans le showroom. Les célèbres portraits de Jean-Michel Basquiat ou encore les Anges de Sarajevo, photographies des enfants
de la capitale bosnienne prises en plein siège de la ville, prennent place, comme des passerelles entre la Galerie et le Nouvel Espace.

Jean-Michel Basquiat par Louis Jammes
© Capture d'écran / France 3 
jusqu'au 10 septembre.
10 rue Assalit, 06000, Nice - espace-avendre.com
ouvert de 14h à 19h du mardi au samedi et sur rendez-vous -
contact@espace-avendre.com - 09 80 92 49 23 - 06 11 89 24 89

dimanche 5 juin 2016

Promenade photographique pour l'exposition Seund Ja Rhee avec l'UMAM

Dans le cadre de l’année de la Corée en France, exposition Seund Ja Rhee « Apesanteur enchantée »année de la Corée. Organisée avec le concours de l’UMAM pour les soixante-dix ans de sa fondation par Matisse et Bonnard et la Fondation Seund Ja Rhee de Séoul.

L’exposition est visible au Musée des Arts Asiatiques de Nice jusqu’au 12 septembre : 405, promenade des Anglais.

Pour voir les photographies, suivez ce lien :
https://leficanas.com/2016/06/05/promenade-photographique-pour-l/