mercredi 23 octobre 2013

After the dream , 2013 de Chiharu Shiota à Montpellier

Chiharu Shiota est née au Japon, à Osaka, en 1972 et a étudié à l’Ecole des Beaux-Arts de Kyoto. En résidence à l’Université de Camberra en Australie elle rejoint ensuite l’atelier de Marina Abramovic à l’Ecole de Braunschweig où elle s’est intéressée à l’art corporel et à la performance, et travaille à Berlin depuis 1996.

Chiaru Shiota propose pour le Carré Sainte Anne de Montpellier « After the dream » 2013, une réalisation spécifique à l’architecture du lieu et à son identité, en utilisant le plafond et les piliers comme structures d’environnement immersif. Un fil noir emprisonne 4 robes dans un tissage complexe évoquant des cocons de chenilles, ou plus exactement des toiles d’araignées.



« La robe, seconde peau, est en nous. Je pense que tout est à l’intérieur du corps, famille, peuple, nation et religion. Cette relation est intrinsèque. C’est parfois confortable, mais ce peut être aussi contraignant et paralysant. A l’aide de fils qui entourent la robe, seconde peau, je fais un environnement qui décrit ces relations » écrit l’artiste.

Le labyrinthe de fils noirs n’a pas l’opacité des murs obscurs ; le réseau arachnéen diffracte la lumière et laisse entrevoir, en grandes ombres blanches, des apparitions drapées, silhouettes fantomatiques. L’artiste nous propose un exercice de méditation plongeante et une expérience de descente en nous-mêmes.



L’installation abolit la séparation entre le visiteur et l’œuvre qui, dès lors, partagent le même espace. Elle aspire le réel dans l’espace de la fiction onirique.

Les expositions personnelles de Chiaru Shiota dans les trois dernières années ont été présentées bien sûr au Japon, mais aussi en Chine à Pékin, en Autriche à Linz, en Allemagne à Kiel, en Espagne à Madrid et Barcelone, en Italie à Venise, au Royaume-Uni à Londres, en France à Lyon et Paris, aux Etats-Unis à New-York, en Australie à Hobart…

Ne pas manquer cette installation au Carré Sainte Anne de Montpellier jusqu’au 17 novembre 2013, tous les jours (sauf le lundi) de 10H à 13H et de 14H à 18H - Tél : 04.67.60.82.11

http://www.chiharu-shiota.com/

Dominique Tardler – Photos : Dominique Tardler

La collection du bijou contemporain



Du 23 octobre 2013 au 9 mars 2014, les bijoux contemporains de la collection de la ville de Cagnes-sur-Mer investissent les ­vitrines de l’Espace Solidor.

Depuis plus de vingt ans, l’Espace Solidor accueille chaque année deux à trois expositions temporaires de bijou ­contemporain, consacrées aux plus grands artistes comme aux jeunes pleins d’avenir. Les plus grands noms internationaux s’y succèdent comme l’australien Robert Baines, les allemands Karl Fritsch et Gerd Rothmann, l’autrichien Peter Skubic mais aussi italiens, israéliens, hollandais, japonais, américains, espagnols, suisses… Les grands créateurs français font bien sûr partie de cette collection avec Henri Gargat, Claude Pelletier, Arlette Baron, Gilles Jonemann, Frédéric Braham, Denis Essayie, Esty, Cathy Chotard... 



Au fil des expositions temporaires, de nombreux bijoux ont été acquis et une collection unique de plus de cent œuvres a pu être constituée. Cette politique culturelle en faveur du bijou contemporain, unique en France, a d’ailleurs été récompensée en 1995 par l’attribution du label « Ville et Métiers d’Art ».

De dimension internationale, l’Espace Solidor constitue un lieu unique en France pour cet art encore trop méconnu qu’est le bijou contemporain. Situé sur la Place du Château et d’accès gratuit, il offre l’occasion de découvrir et d’apprécier des œuvres ­surprenantes aux matériaux divers, ainsi que la possibilité, pour ceux qui le souhaitent, de pouvoir se documenter grâce à une bibliothèque fournie.

mardi 15 octobre 2013

Marie-Laure de Decker - « Vivre pour voir »

A travers une centaine d’œuvres, cette exposition propose de retracer le parcours de cette femme reporter photographe de renom, à travers des images du Vietnam (1970–1973), du Tchad (1976–1979), d’Afrique du Sud (1985–1994), une série d’images en couleurs (2003–2007) et une série d’autoportraits (1967–1987). 



De toute sa carrière, Marie-Laure de Decker a toujours privilégié une approche humaine de ses reportages. Le regard s’est imposé comme une évidence, comme une exigence. Cette artiste s’est depuis toujours attachée à voyager de part le monde et à témoigner en faveur des artistes. Collaboratrice de l’agence Gamma, elle a parcouru la planète et publié de nombreux reportages sur les conflits majeurs du XX° siècle, et sur ses rencontres dans bien d’autres pays encore : Vietnam, Union Soviétique, Chili, Tchad, Chine, Afrique du Sud, Inde, etc... Son travail à l’Agence Gamma l’a amenée à réaliser de nombreux portraits d’hommes politiques, d’hommes de cinéma et de littérature : Man Ray, Duchamp, Gilles Deleuze, Pierre Jean Jouve, Modiano, Gabriel Marcia Marquez...

Marie Laure de Decker fait partie des principaux photographes français contemporains. D’importants musées lui ont dédié diverses expositions rétrospectives, reconnaissant son travail au niveau international.

Théâtre de la Photographie et de l’Image Charles Nègre
27, boulevard Dubouchage - Nice - 04 97 13 42 20 - www.tpi-nice.org

« Les Français devant Nice » vu par Wagner !

Richard Wagner écrira un premier livret intitulé « La noble fiancée » pour un opéra en cinq actes en 1836 et envoyé à Scribe, lors de son séjour à Paris, qui va le traduire en français. La composition musicale ne fut jamais écrite. Il reviendra sur ce texte, le remaniera et le donnera à son ami Johann Friedrich Kittl pour son opéra « Les Français devant Nice » qui fut joué à Prague en 1848. Wagner avouera ne jamais l’avoir entendu. En fait l’œuvre était déjà connue sous le nom de « Bianca und Giuseppe ». Wagner s’est inspiré d’un romancier allemand à succès, probablement Henri Kœnig.

Wagner en 1840
En 1854 le Figaro évoque même cet opéra dans un article sur la musique en Bohème :« Il y a même dans la musique tchèque un opéra qui met en scène des Français Bianca et Giuseppe ou les Français devant Nice; le compositeur Kittl en est inconnu chez nous; on connaît mieux l'auteur du poème. Richard Wagner! »

C’est donc ce samedi 19 novembre qu’une conférence, organisée par le Cercle Richard Wagner, expliquera la genèse de ce texte de jeunesse de Wagner. Elle sera présentée par André Peyrègne, le directeur du conservatoire. Rendez-vous à l’opéra de Nice à 16 heures. Pour en savoir plus : 06 09 88 85 05

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

Alain Lestié - Pour Suite

Entrer dans l'univers d'Alain Lestié, c'est pénétrer dans un clair obscur ou l'ombre et la lumière se situent entre réel et abstraction, c'est se fondre dans un environnement presque magique ou les noirs, les gris et les blancs composent une atmosphère à la fois irréelle et familière, une expérience de pensée, à partir de phénomènes purement mentaux... C. D.

Alain Lestié, Route nocturne, 134 x 40 cm
La raison chancèle... La raison qui cherche à voir et à mettre de l'ordre. Qu’il s’agisse de l’ordre dans la dis- position des objets, de celui de la logique, ou de celui de la narration, aucune réponse. Ou trop de réponses. La raison chancèle, le questionnement s'agite et l'imagination s'emballe. Le "sujet" se dérobe. Le sujet: en- tendons bien, à propos de Lestié, le pluriel de ce mot. Le sujet: ce dont il est question, la peinture; celui qui énonce la question, le peintre; celui qui se pose la question, le regardeur... Voici une peinture qui n'est donc pas sans sujet. Voici une peinture qui met le sujet en question. Raphaël Monticelli (extrait de «Un art de la déroute»)

D’œuvre en œuvre, de prise en prise, de déprise en reprise, Alain Lestié tient tête au jour, au monde, à ce qui en face toujours se dresse au nom d’un inconnu à jamais inconnu, l’ouvert d’un rien, l’éclaircie d’un bond, d’un saut de côté....
A persister comme le fait Alain Lestié cela fait signe non vers un épuisement du désir, une faillite de l’énergie mais au contraire affirme une fidélité à l’acte de création quand il cherche à en finir avec l’illu- sion. Alors un désir se déploie dans l’espace de la composition. Alain Freixe (extrait de «Révocation de la grande image»).

Exposition jusqu’au 30 novembre 2013 - 18 avenue des fleurs 06000 Nice - Tél 04 93 96 40 96 - galerie.depardieu@orange.fr

lundi 14 octobre 2013

Lionel Scoccimaro dans l'Espace à Vendre

Pour l'exposition inaugurale de la galerie d'art contemporain , 2, rue Assalit à Nice, l'Espace à Vendre renoue avec l'artiste marseillais Lionel Scoccimaro en collaboration avec la galerie Robert, Paris.

Lionel Scoccimaro s'intéresse à la surface de la sculpture, il s'inscrit dans une esthétique d'après la modernité, mais qui n'est pas "post-moderne" au sens d'une appropriation parodique des formes passées. 

Lionel Scoccimaro, Buche, 2013, hetre, peinture de carrosserie, vernis et acier chrome 65X15X15 cm
Il nous fait entrer de plain-pied dans des cultures de l'objet industriel, du jeu, de la surface, en allant puiser ses images dans les cultures marginales, minoritaires ou encore populaires.

Ce qui renvoie la lumière fait exploser la matière et la densité de l'objet. Lionel Scoccimaro s'intéresse à la peau. Il retrouve en cela la passion pour la patine d'un Brancusi...

Dans cette exposition l'artiste nous évade par l'épurement. . Pour maîtriser le hasard il choisit l'équilibre. Des oeuvres mystérieuses d'une élégance ravageuse..

Simone Dibo-Cohen

jeudi 10 octobre 2013

Cocteau : une carrière éblouissante au fil des rencontres.

Il y a cinquante ans, le 11 octobre 1963, Jean Cocteau va disparaître. Il est dans sa maison à Milly-la-Forêt et il déclare « C'est le bateau qui achève de couler. C'est ma dernière journée sur cette terre ». Il est treize heures. Il a appris que le matin à sept heures, à Plascassier, Edith Piaf venait de mourir. Edith sa grande amie, qu’il avait fait débuter au théâtre dans « Le bel indifférent ». Le poète n’est plus.

Né en 1889 à Maisons-Laffitte, Jean Cocteau sera traumatisé par le suicide de son père et deviendra un élève médiocre au point de rater deux fois son bac. Mais dès 1908, il n’a que dix-neuf ans, on donnera une matinée poétique avec ses œuvres au théâtre Femina. A partir de ce moment-là il va vivre au hasard de ses rencontres avec des artistes exceptionnels.


Tout d’abord les russes : Serge Diaghilev, Nijinski. Puis il collabore à la création du Dieu Bleu sur la musique de Reynaldo Hahn et enfin à « Parade » le ballet réalisé avec les décors et les costumes de Picasso. Il va participer au mouvement Dada et sera le porte-parole du groupe des Six.

En 1918 Max Jacob lui présente Raymond Radiguet. Cocteau ne le quitte plus et fera tout pour que « Le diable au corps » soit publié chez Grasset. Il n’ira pas à son enterrement et plongera dans l’opium, habitude qu’il a prise avec à l’opéra de Monte-Carlo lors d’une tournée des ballets russes. Pour se sevrer il écrira alors son livre le plus célèbre : « Les enfants terribles ». Le livre est inspiré de la rencontre avec la famille Bourgoint qui a eu lieu à l’hôtel Welcome à Villefranche-sur-Mer.

En 1930 il a une liaison avec la fille d’un grand-duc de Russie. Elle tombe enceinte mais se fait avorter, probablement par nécessité, du fait de la consommation de l’opium. Cocteau accuse Marie-Laure de Noailles d’avoir provoqué cet avortement.

Trois ans plus tard il prend un compagnon, Marcel Kill (de son vrai nom Mustapha Marcel Khelilou ben Abdelkader), qu’il fera jouer dans « La machine infernale ». Ils partiront faire le tour du monde et Cocteau écrira alors « Mon premier voyage ».

Villefranche sur Mer : la rue obscure
Au retour il entretient des relations avec Jean Marais et avec Edouard Dermit qui devient son fils adoptif et son amant. Edourd Dermit, surnommé Doudou, épousera un mannequin de chez Dior et sera le légataire universel de Cocteau. Cocteau aura également une liaison avec Panama Al Brown, un boxeur noir panaméen très célèbre en Europe qui se produira même dans la « Revue nègre » de Joséphine Baker.

Son attitude pendant la guerre de 39 est ambiguë ; il est profondément pacifiste, mais il accueille à Paris Arno Breker le sculpteur du troisième Reich et protégera sa consœur Leni Riefenstahl après la guerre. Lorsque « La machine à écrire » sera interdite en 1941, la propagande allemande interviendra pour la faire représenter.

Dans les années cinquante il est devenu célèbre. Il va même présider deux années de suite le festival de Cannes. Il rencontre alors Francine Weisweiller, l’épouse de l’héritier Shell. Il passe quelques jours à Santo Sospir au cap Ferrat et dessine un apollon sur les murs de la villa. Matisse lui conseille de continuer et il couvrira tous les murs. Trois ans avant sa mort il tournera « Le testament d’Orphée » financé par François Truffaut.

Santo Sospir à Saint Jean Cap Ferrat
Pour nous, azuréens, Jean Cocteau est très présent. Outre le très beau musée de Menton, on peut visiter la chapelle Saint-Pierre de Villefranche, la salle des mariages de la mairie de Menton et découvrir, en divers endroits, les 300 céramiques qu’il a conçues à Villefranche. Il était particulièrement attaché à Villefranche-sur-Mer puisqu’il disait « Quand je vois Villefranche, je revois ma jeunesse, fasse les hommes qu'elle ne change jamais ». Sur sa tombe il est écrit « Je reste avec vous ». Il est là.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

mardi 8 octobre 2013

Le Paraphile de Loïc Swiny

Inauguré le 10 mai dernier, " Le 22 " est un nouvel espace d’art contemporain situé au cœur du quartier Libération à Nice.

Dans le cadre de sa programmation, " Le 22 " présentera du 18 octobre au 8 novembre 2013 un évènement consacré au design graphique et proposera de découvrir " Le paraphile", projet iconographique de Loïc Swiny dédié à l’univers des paraphilies.



Issu des pratiques liées aux nouveaux médias, le projet visuel de Loïc Swiny, designer graphique de profession, s’inscrit dans la mouvance du data-art.

Dans la lignée de ce mouvement d’expression info-artistique, Loïc Swiny a élaboré à partir d’une nomenclature " exhaustive " des pratiques sexuelles dites " inhabituelles " une série de graphismes épurés proches du logotype.



Initié par la rencontre entre Loïc Swiny et le psychothérapeute comportementaliste Fabien Berrais, ce projet propose de donner une définition graphique, terminologique et étymologique pour chacune des paraphilies présentées.


A l’occasion du vernissage, qui aura lieu le vendredi 18 octobre 2013 à partir de 18h30, " Le 22 " présentera une sélection de tirages uniques issue de cette série ainsi que l’ouvrage en édition limitée* compilant les 133 visuels.


Cet évènement est proposé en partenariat avec Espace A VENDRE

" Le 22 ", 22 rue de Dijon, 06000 Nice - Tram Libération – Parking Gare du Sud
Tel : 06 78 99 22 61 - Mail : contact@le22ruededijon.com

mercredi 2 octobre 2013

Rêverie pour un futur au château de Carros

Le 10 mai 1940, à l’aube, Bruxelles fut bombardée par les nazis. Jean Raine, belge, va s’en souvenir en 1983 et réaliser une série de huit toiles, où dans un délire coloré et violent apparaissent des croix gammées. La série est en place au château de Carros pour cette exposition exceptionnelle conçue par Marcel Bataillard et Frédérik Brandy, le directeur du CIAC.

Jean Raine - "Les évidences non évidentes"
Jean Raine fut un autodestructeur, il se considérait probablement comme un artiste maudit. La peinture va être pour lui l’ouverture vers la lumière, un moyen de dire, d’exprimer une souffrance interne, profonde. Mais c’est également un homme de l’écrit et les titres de ses tableaux complètent l’œuvre elle-même, en y apportant souvent de la dérision, de l’humour même, mais toujours une explication complémentaire de la toile ou du dessin. Aux Etats-Unis, perdant suite à un accident la vision de la couleur, il va se rabattre sur le noir et blanc et acquérir encore plus de force dans ses traités de l’image.

Jean Raine
Son œuvre c’est le chaos. Pas un instant de relâchement, de détente ; non, bien au contraire une violence permanente avec des traits noirs, épais qui recouvrent souvent des couleurs vives pour créer une nature sans repos et sans tendresse. Peu d’espaces libres, pas de calme : une toile intitulée « Passion en forme de cauchemar » semble être la quintessence de cet artiste victime des ses propres relations conflictuelles. Une visite s’impose véritablement au château de Carros et la découverte de Jean Raine sera violente, certes, mais remuera votre for intérieur.

Jean Raine
Le CIAC a choix d’accompagner cette exposition par de jeunes artistes. Oan Kim est musicien et il fut le leader d’un groupe nommé « Film noir ». Est-ce une coïncidence avec ses photos en noir et blanc qui décrivent une ville fantôme ou errent parfois un chien, et au loin un personnage totalement dominé par son environnement ? Un cadrage très cinématographique s’allie à des blancs trop blancs et à des noirs très noirs. Des murs en béton, une flaque d’eau et un univers est créé, qui s’il rentre en contradiction avec la violence de Jean Raine, le rejoint dans une forme de désespérance engendrée par le vide urbain. Oan Kim admire De Chirico et le dépeuplement est parfois comparable.

Oan Kim
Tous ces mondes sont en perpétuelle mutation et Jérémie Bennequin va les faire disparaître. Il efface le texte de la recherche du temps perdu à coup de gomme depuis dix ans. Les petits feuillets sont exposés sur un mur. Mais pourquoi effacer Proust ? Peut-être parce qu’on l’a compris, que le temps passe, et que l’action même recrée une nouvelle poésie. L’effacement génère de la poussière et elle est présente soit en tas, soit enfermée dans de petits flacons. On passe du livre-objet au texte-objet. Sa disparition des pages imprimées engendre une matérialisation de l’impression qui laisse place à la mémoire, donc au rêve et à l’imaginaire.

Jérémie Bennequin
« Rêverie pour le futur » est en place au château de Carros cet automne. Une sortie qui ne vous laissera pas insensible.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

Centre International d’Art Contemporain

Château de Carros – Tél : 04 93 29 37 97 - Mail : ciac@ville-carros.fr - fermé le lundi et les jours fériés – 10h-12h30 et 14h-17h30

Etaient présents : Simone Dibo-Cohe, Christian Gallo

dimanche 29 septembre 2013

Une histoire d’amour photographiée

Le Sept Off continue ses vernissages et ses expositions, la dernière en date ayant eu lieu à la chapelle des Pénitents blancs à Vence. D’une part Zia Zeff à la découverte de ses origines sud-américaines qui découvre les chamans de l’Amazonie péruvienne, et de l’autre Zàira Mantovan avec « le fabuleux destin d’Amélia et Enrico Mantovan ».


C’est une saga familiale, une histoire d’amour entre une mère et son fils, totalement silencieuse (les bouches sont toujours fermées) et qui témoigne d’une foi insoupçonnée. Il n’est plus très jeune et elle est âgée ; on sent qu’entre eux les paroles ont disparu, le simple geste et le regard suffisent pour témoigner de ce cordon ombilical indestructible que même la mort ne rompra pas.

La dernière image, très mise en scène, une piéta, allie le bonheur de l’enfant dans un état presque fœtal et cette mère sans âge aux jambes couvertes de varices et au regard dirigé sur son fils. Là, tout devient éternel.
Hélas, la chapelle des Pénitents blancs est aménagée le long des murs avec des stalles et les photographies sont accrochées au dessus. Des tirages médiocres, ridiculement petits, cloués sur des planchettes en bois, ne mettent pas en valeur ce travail remarquable, cette courte saga familiale, qui mérite beaucoup mieux.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

Chapelle des Pénitents Blancs – Vence – jusqu’au 5 octobre du lundi au samedi

jeudi 26 septembre 2013

Les minéraux à l’origine de l’Art

Conférence par Karine Mari de l’association des Naturalistes de Nice et des Alpes-Maritimes

C'est au Paléolithique supérieur qu'apparaissent les premières formes d'art, par le modelage, la gravure mais surtout par la peinture.

L'homme de Cro-Magnon va inventer un moyen visuel de transmettre un message.
Dés lors l'homme n'aura de cesse de trouver des matériaux colorés et stables dans le temps afin de s'exprimer. Le premier pigment utilisé sera minéral : l'ocre rouge.
Mais très vite les progrès humains et techniques vont permettre la découverte de nouveaux pigments minéraux mais aussi leur transformation. 



Dans un premier temps tout simplement lavés, les hommes vont apprendre à broyer, à chauffer, à associer ces matériaux bruts.
Les Egyptiens, les Grecs, les Etrusques, mais aussi le Moyen-âge occidental et jusqu'à la Révolution Industrielle, chaque époque, chaque civilisation va permettre aux artistes d'enrichir leur palette.

Du bleu d'Alexandrie au jaune de Naples en passant par le vert Véronèse, vous découvrirez au cours de cette conférence comment le règne minéral permit les plus audacieuses créations artistiques...

Maison de l’Environnement - 31 avenue Castellane - 06100 Nice
Entrée libre sur réservation : 04 97 07 24 60

mardi 24 septembre 2013

Le printemps de la Renaissance

La sculpture et les arts à Florence - 1400-1460

Cette exposition, organisée par le musée du Louvre et la fondation du Palazzo Strozzi, retrace la genèse de cet immense mouvement artistique et culturel qui naît à Florence au début du XVe siècle.

Elle présente les oeuvres conçues à partir des innovations majeures, souvent liées à l'antiquité classique, qui transformèrent la conception de l'art en Occident.

La sculpture tient une place majeure dans ce renouveau. C'est le sujet central de cette exposition, 140 oeuvres, qui rassemble de grands chefs-d'oeuvre de la première Renaissance.



Dix sections s'enchainent en mettant l'accent sur les thèmes et les styles, à travers le contexte social et culturel qui sert de matrice aux oeuvres. Et pour permettre de comprendre le secret de l'éclosion de cette Renaissance florentine:

L'héritage des Anciens s'ouvre sur une vue panoramique de la Pré-Renaissance.

L'aube de la Renaissance et La romanité civique et chrétienne démontrent comment la statuaire s'approprie une nouvelle monumentalité et une force expressive nouvelle.

Les spiritelli entre sacré et profane, thèmes majeurs de l'antiquité classique transformés pour ce nouveau langage. Ils deviennent un signe visible du nouveau style.



Les monuments équestres, évoquent de façon spectaculaire le renouveau de ce genre, promis lui aussi à un brillant avenir.

La peinture sculptée et l'Histoire en perspective, linéaire ou atmosphérique qui se conjuguent pour offrir un espace ouvert, rationnel et infini.



La peinture sculptée. La sculpture, et tout particulièrement la statuaire, exerce une profonde influence sur les plus grands peintres du temps.

Diffusion de la beauté et Beauté et Charité. Les nouveaux canons de la sculpture mis au point par les grands maîtres à partir des années 1420 sont représentés dans l'exposition par des chefs-d'oeuvre, comme la "Vierge Pazzi' de Donatello.

De la cité au palais. Les nouveaux mécènes. L'exposition s'achève sur une mutation importante. La composante civique laisse place au mécénat privé qui va jouer un rôle déterminant. Une magistrale galerie de portraits en buste clôture le parcours.

L'exposition qui s'ouvre sur l'évocation de la coupole de Brunelleschi, se clôt avec la maquette en bois du Palazzo Strozzi. Exceptionnel!

Musée du Louvre - Tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 17h45, les mercredi et vendredi jusqu'à 21h45

Celia Mores


lundi 23 septembre 2013

Vous peignez ? Exposez-vous !


Nice – Saint Roch : place sur le net

Bientôt 10 ans que le Hublot organise cette fête conviviale offrant une programmation artistique aux habitants de 18h00 à minuit sur la place Saint-Roch. Place sur le Net est aussi l’évènement d’ouverture de saison des activités proposées durant l’année, avec une programmation art numérique Les Rendez-vous du Hublot, spectacle vivant et ateliers de pratiques artistiques T.I.C. ... Le Hublot est implanté dans la Halle Spada au 16 rue de Roquebillière, au sein de la fédération Entre-Pont. Pour le samedi 28 septembre :



18h : Les CONTES’i, avec la compagnie Contes sur moi.
2 contes initiatiques russes avec Fatiha Sadek la conteuse et Luc Canavesio l’accordéoniste. Installez-vous confortablement et soyez les bienvenus dans l’univers du conte. Ils vous emporteront dans un monde merveilleux, un monde du tout possible, ils vous embarqueront sur la trace de Haut comme trois pommes et bien d’autres histoires encore….
http://contesurmoi.com

19h : PIZZICATO, avec Johanna Piraino et Elise Clary. Déambulatoire piquant pour deux voix et un accordéon.

20h : Journal en direct de Place sur le Net avec sur le plateau : Marc Monticelli de l’Espace Turing, Xavier Dubourdieu du Web Cartoon, Morgan Cazenave du CDMM, Fredo Piraino d’Eco Machinima et du nouvel atelier du Hublot Paper Toys n’ruz et Gaël Navard du collectif KTRA.

21h : les confessions d’Odelette Triolet, avec Nicolas Houssin. Entre rêve et réalité, Odelette navigue sur un frêle radeau dans un océan de solitude. Odelette sourit au monde, s’inventant des petits enfants qui jouent dans un parc argenté de givre. Elle roucoule ses jours au fil du temps : tantôt petit oiseau mouillé au bord d’une fontaine, tantôt l’œil imbibé de coquineries légères... Spectacle tout public. http://www.arpette.org

22h : Temps Réel pour génération de sons et images. Performance audio vidéo créée en 2012 par Etienne Bernardot et Stéphane Bissières sous le nom Bunq&e-b. C’est un atelier de fabrication en temps réel où les images interagissent avec le son. La manipulation en live fait évoluer la création tout au long de la représentation, rendant le public spectateur de chaque étape du processus. http://feesdhiver.fr/LABO/tempsreels.htm

Le Hublot, 16 rue de Roquebillière 06300 NICE / 04.93.31.33.72 / www.lehublot.net

dimanche 22 septembre 2013

Découvrons le monde des rituels

« Rituels » c’est le thème de cette quinzième édition du Sept Off de cette année et sa soirée d’inauguration à Saint Jean d’Angely va tenir ses promesses avec trois photographes.

Françoise Maunoury présente « Matière de rites », des objets rituels glanés en orient, en Afrique, en Mongolie et la couleur y trouve un rôle évident.

Pour Ivana Boris le rite est marin avec « Le rituel vital du poisson argenté », une installation où les poissons argentés apparaissent sur des fonds noir d’encre. Une recherche de l’absolu, surprenante par rapport au thème du Sept Off de cette année.

John Hall
Et puis il y a John Hall. Une belle série de portraits qui réunit les indiens de l’altiplano, les berbères du djebel, les descendants d’esclaves du Nordeste brésilien. Une forme de spiritualité implorante transparaît sur certaines photos, mais en réalité c’est une grande émotion qui se dévoile et s’exhibe. Une pute provocatrice, des enfants implorants, une femme dans sa robe à fleur, désespérée, un homme vu de dos alcoolique, prêt à s’effondrer, qui se dirige vers son bidonville ; que de moments d’émotions, que d’instants de vie, quelle tendresse John Hall dévoile dans ses photographies !

Tout cela est en place jusqu’au 20 septembre. Et pour en savoir plus sur le Sept Off suivez ce lien : http://sept-off.org/

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

Etaient présents : Simone Dibo-Cohen, Christian Gallo

samedi 21 septembre 2013

Nice : fort belle exposition privée au MAMAC.

Quand on n’a plus de sous pour organiser des expositions (faut bien payer le stade…) on fait appel à des collectionneurs privés pour présenter des œuvres dans la galerie contemporaine du MAMAC. Sous le vocable peu explicite de collection LCR, en fait les initiales des prénoms des collectionneurs, Gaëtane et Roland Botrel et leur amie Laurence Climbeau ont réuni des œuvres d’art d’artistes contemporains de qualité et cette exposition au MAMAC a pour but de les offrir à un regard extérieur à celui de leurs appartements où elles sont confinées. 

Yan Pei-Ming - Autoportrait
On est impressionné, dès l’entrée, par un immense portrait rouge de Mao par Yan Pei-Ming. Mais tout près de là un autoportrait du même artiste en noir et gris est encore plus impressionnant, malgré sa petite taille. On n’imagine pas que l’artiste dijonnais, mais né à Shanghai, puisse avoir un tel visage.

Les collectionneurs ne manquent pas d’humour et nombreuses sont les œuvres du genre d’Erik Dietman. Le suédois n’en manquait pas. Il était d’ailleurs proche de Fluxus et des Nouveaux Réalistes. Une série de petits bronzes, tous identiques, mais portant des outils différents, deux cranes entourant un œuf d’autruche gravé comme un pac-man, et surtout la superbe Scie coréenne, un animal, chat ou louve, dont la queue est une scie. La « Tasse du soir » en forme de crane ne manque pas d’humour également.

Erik Dietman
Paul Rebeyrolle est bien présent avec sa volonté de défendre l’homme face à la société avec une violence impressionnante. L’ « Amalthée rouge » en est la preuve : la chèvre, selon le panthéon avait nourri Jupiter ; ici elle le dévore et le dieu essaye désespérément de s’en débarrasser.

Erro - Poupée Woody Allen
Humour encore avec l’islandais Erro et sa poupée Woody Allen, un collage pervers. Et plus encore avec Eduardo Arroyo et son supporter madrilène formé de découpage de papier de verre.
On trouve sur les cimaises Jacques Monory et son aspect cinématographique, Bernard Rancillac, Hervé Télémaque, Pierre Buraglio et Valerio Adami. Tout est de qualité et une promenade à la galerie du MAMAC ne peut être qu’un instant de réel plaisir et il ne faut pas hésiter à féliciter les collectionneurs d’avoir assemblé de telles œuvres. Jusqu’au 5 janvier de 10h à 18h – Entrée libre

Christian Gallo - © Le Ficanas ® - Photos Christian Gallo

Etaient présents : Simone Dibo-Cohen – Christian Gallo

La vente Renoir : Cagnes se mobilise

Le vente aux enchères des biens Renoir s'est déroulée à New York sans grand succès; Mais Cagnes sur Mer a acquis diverses œuvres :
A lire sur Nice Rendez-vous.

http://www.nicerendezvous.com/car/2013092011184/cagnes-acquisition-objets-documents-concernant-renoir-aux-collettes.html


vendredi 20 septembre 2013

Biennale de Venise 2013 : un grand cru.

La Biennale de Venise 2013 a ouvert au public 88 pavillons nationaux avec, cette année, 10 nouveaux pays représentés.

Outre les pavillons installés dans les jardins et l'exposition de l'Arsenal, 47 autres événements sont répartis dans toute la ville.

La première exposition internationale d'art avait ouvert ses portes le 22 avril 1895.
C'est en 1897 que la manifestation prend le nom de Biennale et à partir de 1972 seulement qu'elle devient thématique et son premier titre est "Opera o comportamento", œuvre ou comportement.
Maria Louisa Taddei
Les "Giardini" constituent le noyau premier de la manifestation et abritent 28 pavillons nationaux qui sont la propriété des états qu'ils représentent.

La Biennale annexe les espaces historiques de l'Arsenal en 1999 et ne cesse à chaque nouvelle édition d'étendre ses tentacules à travers la ville, dans les palais et les musées, les églises, les appartements loués pour l'occasion, dans les petites îles de la lagune qui accueillent nouveaux pavillons nationaux ou événements collatéraux.

Pavillon du Brésil
Le parcours 2013 en ce qui concerne les participations nationales commence par les "Giardini" 28, l'Arsenal 24 et dans la ville 36. Quatre-vingt neuf participations avec cette année dix nouveaux venus, l'Angola, la Côte d'Ivoire, le Kosovo, le Koweit, les Maldives, les Bahamas, le Bahreïn, le Paraguay et les îles Tuvalu ou le Vatican.

Aux commandes de la 55ème édition de la Biennale de Venise, un nouveau et très jeune commissaire, l'italien Massimiliano Gioni.
Gioni a conçu un parcours très intellectuel avec un parti pris très affirmé.

Pavillon de l'Afrique du Sud
Il a choisi une approche en nous imposant sa vision de l'art. En partant du projet délirant de l'artiste autodidacte Auriti, il a appelé cette Biennale "Palais encyclopédique". Auriti voulait bâtir un énorme musée censé abriter la culture universelle. Gioni a tenté de faire une Biennale dont l'ambition est de résumer sa propre vision du monde. Gioni a construit une sorte de "chambre des merveilles" en y plaçant ce qu'il y a de merveilleux dans le monde. Gioni a beaucoup de talent et a réussi une Biennale très érudite.

Le projet d'Auriti
En prologue, le Livre rouge de Jung, dans lequel le fondateur de la psychologie a dessiné ses rêves et ses visions mystiques, donne le ton à l'accrochage. Autre axe important défendu par Giani, l'art brut des autodidactes voire des fous. 

Duane hanson

Duane hanson
Le pavillon grec expose les œuvres de l'artiste grec Stefanos Tsivopoulos. La crise l'amène à mettre en scène différents systèmes d'échanges, alternatifs à la monnaie. La révolte politique semble très naïve mais la mise en scène est très raffinée.

Le pavillon de l'Etat est un projet performatif de l'artiste italienne Maria Cristina Finucci. Il représente les débris de notre société de consommation. L'artiste projette ce phénomène dans le futur en espérant que l'œuvre ne devienne pas prophétique.

Au pavillon espagnol c'est le chaos ! La jeune artiste, Lara Almarcegui, a envahi l'espace central de 500 m3 de gravats.

Pawel Althamer
L'artiste israélien, Gilad Ratman inonde l'espace de sons et de vidéos dominés par un lancinant cri primal aux limites de l'assourdissant qui vient percer la pénombre des lieux. A première vue les distorsions peuvent être interprétées comme des difficultés spécifiques au pays suite à la guerre et à la violence. C'est principalement un questionnement libre et individuel qu'il propose en documentant un périple utopique.

Une pluie d'or accueille le public au pavillon russe, qui fournit des parapluies aux dames tandis que les messieurs doivent rester spectateurs, à genoux sur des prie-Dieu. Une installation de Vadim Zakharov auteur du mythe de Danaë, figurant un homme en costume élégant perché sur une poutre. Il mange des cacahuètes et jette les épluchures sur les visiteurs avec dédain.

Au pavillon suisse Valentin Carron expose des installations unies par un fil conducteur, un serpent à deux têtes en fer forgé qui passe de pièce en pièce.

Berlinde de Bruyckere
Dans le pavillon belge Berlinde de Bruyckere a installé, au sol, un arbre de cire gigantesque, comme un homme à terre, dont les extrémités sont enveloppées de linges, tels des moignons. Massif et sensuel...

Le pavillon du Saint-Siège est le fruit d'une longue réflexion engagée par le pape Paul VI.
Les trois artistes qui exposent sont déjà connus. Dans une esthétique proche de celle de Viola, le Studio Azzurro a créé une œuvre multimédia autour de la Création, activée par l'imposition des mains des visiteurs. Impressionnant et poétique.

Chez les Britanniques, un regard très critique de Jeremy Deller sur son pays, arrosé d'une tasse de thé.

Chez les Japonais (mention spéciale du jury) Koki Tanaka a filmé des actions collectives, comme autant de métaphores d'une nouvelle société à construire.

Invité à représenter la France au sein du pavillon allemand échangé cette année avec le pavillon français, l'artiste franco-albanais Anri Sala, 38 ans, a créé une installation vidéo remarquable et remarquée. Il a filmé les mains de deux pianistes, le Français Jean-Efflam Bavouzet et le Canadien Louis Lortie, jouant ce concerto avec l'Orchestre national de France, avec de légères variations de tempos. Les deux vidéos sont projetées simultanément sur deux écrans superposés dans une vaste chambre anaéchoïque, hérissée de cônes étouffant toute réverbération du son.

Pavillon de l'Indonésie
L'œil se laisse d'abord captiver par la course de ces 2 mains sur le clavier. Mais l'on comprend bien vite l'intensité d'une autre dimension. Le titre RAVEL joue sur le sens anglais des mots « ravel », emmêler. L’émotion est à son comble à chaque instant !

La démarche franco-allemande se révèle exemplaire. L’Allemagne, qui compte les plus grands artistes d'aujourd'hui, a invité des étrangers au pavillon français. A commencer par le dissident chinois Ai Weiwei, interdit d'exposition en son pays, qui signe un labyrinthe inquiétant de tabourets suspendus.

Ai Weiwei
On peut choisir le repli, à l'image de Petrit Halilaj, qui s'est bâti un nid de terre et de branchages dans le pavillon du Kosovo. Ou méditer devant la vanité créée chez les Chiliens par Alfredo Jaar. Un grand bassin d'où émerge, à intervalles réguliers, une maquette représentant tous les pavillons historiques dans les Giardini. Avant de s’évanouir à nouveau sous les eaux...

Alfredo Jaar
L'Argentine fait l'apologie d'Eva Peron avec l'œuvre de Nicolas Costantino. Quatre installations vidéo sophistiquées.

Mark Manders
A ne pas manquer les personnages de cire très dérangeants de l'américain Duane Hanson, Théa Djordjadze pour la Géorgie, Akram Zaatari pour le Liban, Jesper Just pour le Danemark, Joana Vasconcelos pour le Portugal...

Cependant, la visite à la Biennale de Venise est avant tout une histoire de découvertes et de coups de cœur.

2013 est un grand cru !

Simone Dibo-Cohen - Photos : Célia Mores

mercredi 18 septembre 2013

André Pharel à la galerie Depardieu

Photographe de petits paysages, André Pharel n’intervient dans un lieu que par son simple regard et le révèle, donnant à un espace minuscule et banal une grandeur et une réelle beauté. Broussailles, taillis, fouillis, trous d’eau sont transfigurés et deviennent soudain des lieux chargés d’âme et de poésie.
Cette exposition témoigne d'une grande sensibilité à la transparence, nourrie peut-être par la limpidité des eaux de la Sorgue, qui traduit une fascination pour le « voir à travers » et entraîne une transformation du rapport à la matière. Les traversées, déclinées de multiples façons, nous transportent dans des univers subtils où l’on découvre une vision différente qui donne à penser autrement le monde.

La transfiguration du réel est au cœur même de cette photographie. André Pharel cherche à évoquer la troisième dimension dans l’image.



Galerie Depardieu hors les murs : 18, avenue des Fleurs
06000 Nice - France - tél. 04 93 96 40 96 - www.galerie-depardieu.com
Vernissage samedi 21 septembre à partir de 16 heures. Exposition jusqu’au 19 octobre

Soirée lyrique exceptionnelle à la villa Ephrussi de Rothschild


Le mardi 22 octobre à 20 heures deux artistes de renommée internationale sur la presqu’île du Cap Ferrat : la soprano Denia Mazzola-Gavazzeni et le pianiste François-René Duchâble. C’est le répertoire lyrique italien qui sera à l’honneur avec des airs d’opéra extraits des œuvres de Puccini (Mme Butterfly, Tosca, Manon Lescaut), de Bellini (Norma), de Verdi (Aïda, Don Carlo) ou encore Donizetti (Lucrèce Borgia, Marie Stuart).Au piano seul, François-René Duchâble interprètera notamment des œuvres de Chopin, Liszt, Schubert.

Réservations : Office de tourisme de Saint Jean Cap Ferrat : 04 93 76 08 90. Tarif : 30 euros - Réduit pour les moins de 16 ans : 20 euros