lundi 22 septembre 2014

Les expos de la rentrée… A Paris !

Tandis que la Côte s’endort gentiment en préparant son hibernation artistique, Paris se réveille avec des expositions exceptionnelles et parfois inattendues.

Du 24 septembre au 1er février : Niki de Saint Phalle au Grand Palais. Tirs, nanas, « Mariées blanches » et même les tableaux de Majorque influencés par Pollock. Tout est là. L’événement incontournable de la rentrée.



Du 1er octobre au 18 janvier : Hokusai au Grand Palais. Qui ne connaît pas « La grande vague de Kanagawa », la Joconde de l’orient ? Avant même l’ouverture du musée Hokusai à Tokyo, des pièces inédites qui risquent de ne jamais plus quitter le Japon. A ne pas louper. 



Du 17 octobre au 22 février : Sonia Delaunay au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Une pionnière de l’abstraction à la base même de l’art moderne en Europe. C’est la première fois que l’on va découvrir en un même lieu peinture, mobilier, tissus, vêtements, costumes de scène, céramique, reliures, tapisseries. 



Du 26 novembre au 27 avril : Jeff Koons au Centre Pompidou. 100 pièces de l’artiste vivant le plus cher du monde. Mais d’avoir transformé l’art en marché est-il encore crédible ou n’est-il devenu qu’un effet de mode, hors de prix ?

Du 24 septembre au 5 janvier : Marcel Duchamp au Centre Pompidou. Sa rétrospective était en place pour l’inauguration du centre. Cette fois ci elle est consacrée à la peinture. « L’homme le plus intelligent du siècle », comme disait André Breton, est-il devenu académique ?

Du 23 septembre au 18 janvier : Claude Monet au musée Marmottan. En réalité il s‘agit de la toile la plus célèbre « Impression, soleil levant » et non pas d’une rétrospective. Elle sera entourée par Delacroix, Boudin, Turner… Un grand coup d’impressionnisme !

Du 25 octobre au 4 janvier : Paul McCarthy à la Monnaie de Paris. Après les travaux, la Monnaie de Paris ouvre avec « Chocolate Factory » du californien Paul McCarthy. Une véritable usine à chocolat qui débite des figurines moulées que l’on pourra déguster. Enfin, de l’art alimentaire si cher à Marcel Aymé.

Du 23 septembre au 20 décembre : Camille Henrot au Bétonsalon. Camille Henrot est une française qui vient de recevoir le Lion d’or à la biennale de Venise. Son exposition « The Pale Fox » est basée sur l’anthropologie et des objets trouvés sur eBay. Une surprise ?

Du 14 octobre au 25 janvier : Sade au Musée d’Orsay. On fête le tricentenaire de la mort du divin marquis cette année. « Attaquer le soleil » est un hommage avec des œuvres de Goya, Géricault, Ingres, Rops, Rodin et Picasso pour illustrer les propos de l’écrivain.

Si les pilotes arrêtent leur grève, des petits séjours intéressants…

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

mardi 16 septembre 2014

Le Sept Off de la photographie

Photographes 2014 : Expositions du 27 septembre au 18 octobre 2014




Jean-Pierre AMET - Paroles d’islandaises - Conseil régional – Nice - Vernissage : 1er oct – 19h

APA – tURNdOWNsIDEuP - Chap Ste Bernadette – Vence - Vernissage : 28 sept – 14h30

Julien CAMY & Benjamin MEYER - Des traces et des rêves - L’avant-Scène – Nice - Vernissage : 26 sept – 19h

Eric CLEMENT-DEMANGE - Souffles(s) - L’orange Bleue – Nice - Vernissage : 3 oct – 18h

Antoine de GIVENGY - Photo Graphe – Médiathèque - Saint-Jean-Cap-Ferrat - Vernissage : 4 oct – 11h
Expo du 20 sept au 18 oct

Fiona FILIPIDIS – Grandad - Vence Cultures – Vence - Vernissage 28 sept – 12h30

Marine FOISSEY – Deadline - Uni-Vers Photo – Nice - Vernissage : 27 sept – 17h

Jean-Paul FOUQUES - Emotion dans la ville - Galerie B.ART – Cagnes/mer - Vernissage : 9 oct – 18h

Cédric FRIGGERI - I’m going somewhere - L’avant-Scène - Vernissage : 26 sept – 19h

André FUSTIÉ - Terra Incognita - Domaine de Fogolar – Nice - Vernissage : 12 oct – 12h

François GIAMMARI - Les coulisses de la mode - Chap Ste Bernadette – Vence - Vernissage : 28 sept – 14h30

Jean-Pierre JOLY & Denis GIBELIN - Les normes libres - Court-Circuit – Nice - Vernissage : 17 oct – 19h

Sylvain HERAUD - Les demeures invisibles - L’Avant-Scène - Vernissage : 26 sept -19h

Laurent LAFOLIE – Missingu - Vence Cultures - Vernissage 28 sept

Alain LEGENDRE – Fragments - Domaine de Fogolar – Nice - Vernissage : 12 oct – 12h*

Loli MAEGHT – Nature - Chap Ste Bernadette – Vence - Vernissage : 28 sept – 14h30

Hélène MARIS - La petite rubrique nécrologique - Atelier 81 – Nice - Vernissage : 11 oct – 19h30

Michele MATTIELLO - Balkan Express - Médiathèque de Vence - Vernissage : 27 sept – 14h

Christophe NIEL - Depuis, je retiens mon souffle - L’Avant-Scène - Vernissage : 26 sept -19h

Frédéric PASQUINI - Triste Tropisme - L’Avant-Scène - Vernissage : 26 sept -19h

Roxane PETITIER - Ready mades for guides - Chap Ste Bernadette – Vence - Vernissage : 28 sept – 14h30

Jean-Marc PHARISIEN - Nice is nice - Caisse d’Epargne Côte d’Azur

Nicolas POIZOT - Horizon(s) - La Basse-Fontaine – Vence - Vernissage 28 sept – 17h

Jonathan RIBEIRO - Bile Noire - Chap Ste Bernadette – Vence - Vernissage : 28 sept – 14h30

Alain SABATIER - Visa pour Cythère - Caisse d’Epargne Côte d’Azur

Jacques SAQUET – Miniatures - L’Avant-Scène - Vernissage : 26 sept -19h

Eleonora STRANO - Une histoire turkmène - L’Avant-Scène - Vernissage : 26 sept -19h

Dominique ZOLADZ - L’art est partout - Espace Magnan - Vernissage : 8 oct – 19h - Expo du 27 sept au 10 oct



Pour en savoir plus : http://multimediastudio.fr/7OFF/site/



Jules–Henri Lengrand : Incandescences

Jules-Henri Lengrand a su goûter la lumière de Nice pour s’en servir de guide spirituel. Cette exposition présente plus de cinquante œuvres (huiles, gouaches, acryliques) qui abordent les sujets qui préoccupaient particulièrement l’artiste : la Genèse, l’Apocalypse, les animaux, les êtres en souffrance… Ses œuvres monumentales quant à elles, participent toutes à sa vocation d’enseignant : celui qui doit prodiguer un message à travers une iconographie.

Au Commencement, 1982-1987 - Acrylique sur toile, 89x130 cm
Collection particulière Photo Muriel Anssens ©Ville de Nice
Jules-Henri Lengrand, un des peintres officiels de la Ville de Nice

Ayant obtenu le 1er Grand Prix de Rome en gravure taille-douce en 1930, il est nommé professeur de dessin et de peinture à l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Nice en 1934 où il demeure jusqu’en 1972. Il obtient un atelier de travail à la villa Paradiso à Nice.

A partir de 1937, il réalise une commande publique pour la Salle des Pas perdus de l’Hôtel de Ville de Nice qui décrit l’histoire du Comté de Nice en quatre grandes toiles présentées dans l’exposition au musée des Beaux-Arts : La victoire des Grecs sur les peuples ligures, à l’origine du nom de Nikaïa, La dédition au comte de Savoie en 1388, Bonaparte partant pour la campagne d'Italie et La ville de Nice à la belle époque.

C’est le point de départ d’une prestigieuse carrière artistique à Nice avec diverses œuvres murales (Centre d’études Juridiques, Couvent des Dominicains, Centre de Protection Civile, façades et panneaux décoratifs en lave émaillée dans des écoles de la ville, vitraux de la Chapelle du couvent des Carmélites, vitraux de l’Eglise Saint Jean l’Evangéliste du boulevard Comte de Falicon, verrière de l’ossuaire de Caucade). Au-delà de ces programmes, Jules-Henri Lengrand a conçu dans d’autres villes en France des réalisations monumentales pour Vienne (1955), Digne (1958), Valenciennes (1962), Saint-Etienne-de-Tinée (1970), Saint-Paul-de-Vence (1984).

Son œuvre ne s’est évidemment pas arrêtée à ces commandes publiques. Jules-Henri Lengrand a réalisé un profond travail d’investigation du langage pictural qu’il a su remettre en question tout au long de sa vie. S’il n’a jamais complètement abandonné l’art figuratif, il a plus souvent exploré les rivages de l’abstraction. D’une certaine manière, c’était peut-être sa façon d’abandonner le caractère doctrinaire lié à sa fonction d’enseignant de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts.

Musée des Beaux-Arts - 1er étage - 33 avenue des Baumettes – Nice
Ouvert du mardi au dimanche de 10 à 18 heures - Entrée libre - 19 septembre – 2 novembre 2014

Saint Jean Cap Ferrat Légendes - Concours et exposition d’élégance automobile

Les 27 et 28 septembre 2014 la presqu’île de Saint-Jean-Cap-Ferrat sera la capitale mondiale des plus prestigieuses marques automobiles. A cette occasion, le port de plaisance et le vieux port seront le théâtre d’une exposition de véhicules d’exception des années 1900 à 1980.

L’exposition

Cette première exposition de voitures de collection ouverte à tous réunira sur la digue du vieux port des véhicules hors du commun. Le plus néophyte des amateurs aussi bien que le spécialiste le plus passionné se retrouveront ainsi dans un univers onirique.


1er Concours d’élégance

Le concours d’élégance, réunissant une trentaine de véhicules anciens et exceptionnels et composé d’un jury de spécialistes hautement renommés dans le monde de l’automobile, récompensera par le «Grand Prix d’excellence» au plus beaux de ces véhicules. Le concours se terminera par un défilé dans les rues de la presqu’île.


Port de plaisance et vieux port

Ouverture de l’exposition au public le samedi 27 de 10h 30 à 18h et le dimanche de 10h à 17h – accès libre

Concours d’élégance le samedi 27 à 14h – déplacement des voitures des voitures devant le jury : 15h – défilé des voitures devant le jury : 5 à 6 voitures par passage

Le dimanche 28, à 15h – Défilé de voitures dans le village

dimanche 14 septembre 2014

PerformArts : LE CRI D’ALARME DES ARTISTES CHOISIS PAR L’UMAM


LE CRI D’ALARME DES ARTISTES CHOISIS PAR L’UMAM

Mercredi, 03 Septembre 2014 12:24

Comment résister à la tentation de gravir les ruelles du Haut de Cagnes à la découverte des Mises en scène de la biennale de l’UMAM ! D’abord par curiosité, pour comprendre l’intégration de la création actuelle à l’esprit de l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne dont Matisse et Bonnard étaient membres d’honneur, sans doute aussi pour le mystère du Château Grimaldi magistral et pavoisé, et bien évidemment pour la forte personnalité de Simone Dibo-Cohen, présidente et commissaire de l’exposition dont voici quelques lignes pour rappeler son parcours.
UMAM
Simone Dibo-Cohen : Inauguration de la biennale

Simone Dibo-Cohen : une âme de collectionneuse !

Dès l’enfance Simone a baigné dans un milieu artistique, son père chantait à l’opéra, collectionnait et accueillait des artistes. Elle fait d’abord du théâtre, amoureuse des mots et de mises en scène, elle se délecte des beaux textes, mais elle quitte cette voie pour faire les Beaux Arts. J’avais l’œil très critique, à 15 ans je collectionnais déjà. Son mari romancier et collectionneur lui aussi, l’incite à se lancer dans la profession. Exposer des artistes. Son goût va vers les jeunes artistes émergeants pas encore lancés. Elle expose 3000 artistes à la galerie Art 7 à Nice, pendant plus de 20 ans, présente des grands ou de jeunes talents dont certains sont devenus très célèbres. Ses obligations personnelles prennent le dessus, elle abandonne le local qu’elle louait, qui nécessitait des travaux, s’absente du milieu culturel, et accompagne parents et mari en fin de vie. Mais la passion est toujours là, passion partagée par un autre collectionneur, ami des artistes, le Dr Jean-Jacques Chaubard, qui met à sa disposition, un grand espace sur deux étages, Vision Future, attenant à son cabinet à Nice pour l’empêcher de déprimer et continuer sa passion. Quatre années merveilleuses, dit-elle, qui auraient pu déboucher sur une retraite. Puis, le hasard, existe-t-il ? L’emplacement presqu’oublié jusque là de la galerie de Jean Moulin à Nice, au 22 rue de France, où le résistant exposa Matisse et Bonnard, est situé face à l’entrée de Vision Future. Ce fut l’occasion de créer de grandes expositions lors de la pose de la plaque souvenir sur cette façade, l’hiver dernier 2013, avec l’évocation historique de la mémoire associée. Un moment très émouvant. Ces expositions organisées par l’UMAM à Vision Future à Nice et Cannes se sont poursuivies en même temps qu’à la banque Barclays pendant plusieurs mois et un prix Jean Moulin fut décerné. Faut-il rappeler enfin que depuis 2007, Simone Dibo-Cohen est présidente de L’UMAM, dont Matisse et Bonnard, étaient membres d’honneur ! Toujours à la recherche de nouveaux artistes, Simone prépare déjà pour 2016, les 70 ans de cette association qui est une des plus anciennes d’Europe. Mais c’est à présent, à la troisième biennale au château de Cagnes que nous vous invitons.

Au thème proposé Mises en scène, plus de soixantaine dix artistes sollicités ont répondu, pour la plupart issus du pourtour de la Méditerranée et même de plus loin, de la Chine, du Venezuela, des Etats Unis…. Pas étonnant donc que les tragédies actuelles s’y expriment, et c’est dans la fidélité à l’esprit des créateurs de l’UMAM, celui de la découverte qu’un aperçu de la nouvelle création englobant, peintures, sculptures, vidéos, installations, photos nous est présentée.

Dans ce château fort qui domine cette Méditerranée toujours en conflits, les œuvres sélectionnés par Simone Dibo-Cohen sont mises en résonnances avec le lieu. Dans un chaos impressionnant, les colonnades traditionnelles s’écroulent, s’expose la chair humaine torturée, la violence, le fanatisme religieux empestent. Alors que voisinent, exposées les œuvres d’artistes musulman, chrétien, juif ou athée, la commune dénonciation de ces faits, incite à une réflexion intime. C’est aussi tout l’art de la scénographie de l’exposition. Que l’on choisisse de la parcourir dans un sens ou l’autre, toutes les salles sont fortes, le trop pénible alterne avec des expressions plus légères peut-être une ombre d’espoir en l’Etre humain.
UMAM
Ego de Gérard Taride
A l’entrée Gérard Taride nous présente une installation très expressive EGO, une ambiance boite de nuit incitant à plonger dans plusieurs de ses mondes.
UMAM
Après nous le déluge, de Héléna Krajewicz et Bob Rowlands
Après avoir franchi cette première cellule, alors que battent les ailes des papillons de Miryan Klein, on ne peut manquer de découvrir l’installation des superbes colonnes de Helena Krajewicz et Rob Rowlands, Après nous le déluge ? (2014). Cette œuvre aérienne créée pour le lieu s’élève jusqu’à la cime de l’envolée des escaliers intérieurs du château. On pense au chaos, à la déchéance, à la destruction des rayons des ruches dont le déchet des alvéoles s’écrase au sol en même temps que les piliers de notre monde s’envolent dans un joyeux tourbillon !
UMAM
Simone Dibo- Cohen à l’oreillette

Une œuvre principale créée pour le lieu, explique Simone Dibo-Cohen qui revendique le choix des œuvres et des artistes, elle m’a inspirée, j’ai cherché à créer une unité autour d’elle, si elle est difficilement adaptable à d’autres lieux, il y a des œuvres majeures sculptures, photos, peintures qui peuvent être vendues.
UMAM
Détail de Reliques de Catherine Ferrarri

On s’arrêtera devant les tapis accidentaux, Reliques 2013 de Catherine Ferrari qui avec humour, décroche les médailles et décorations des officiers et maréchaux que l’on pourrait ramasser à la pelle ! Sur le même palier, Tragédie 2013, Marc Alberghina, présente une crucifixion tragique, un christ démantelé ou peut être Picasso martyr, retenu par des clous, alors que du sang coule sur d’anciennes matrices de céramiques de Vallauris.
UMAM
Piano et cerveaux de Nicolas Rubistein

Plus loin, Le projet Télémachus 2013 de Nicolas Rubistein qui a obtenu le prix de la ville de Cagnes nous fascine. Dans une mise en scène inspirée de la fable, autour de ce mythe, l’artiste a inventé une histoire intime. Nous découvrons une spectaculaire installation avec piano et cerveaux. D’un piano s’envole des cerveaux volants, aux ailes de chauve souris, d’autres cerveaux roulent sur des chariots, l’artiste lui-même est ce piano ouvert, source de mélodies ou dissonances. Il y a sans doute plusieurs interprétations à trouver dans cette œuvre pleine d’espoir et de symboles dont l’importance de la transmission familiale sur la construction de soi.
UMAM
Installation de Stefano Bombardieri

Après le tumulte de la salle des machines où Stefano Bombardieri a installé une vingtaine de pompes à pétrole avec des viseurs dirigés vers nous et un crane sculpté façon pneus, après tous les clichés dénoncés de cette guerre économique,
UMAM
A la chapelle, Benedetta Boniche

on appréciera l’installation visuelle et sonore (stabat mater) de Benedetta Boniche dans la petite chapelle, où repose un squelette qui in fine ramène chacun au calme, à sa condition humaine.
UMAM
Détails de la Boucherie de Mauro Corda

Mais on n’est pas au bout de nos découvertes si on ne passe pas devant le semainier des tortures, La boucherie de Mauro Corda, présente l’évolution de la destruction d’un corps humain au fil des jours et des tortures, et plus loin…
UMAM
Les sculptures de Mauro Corda : La Musulmane

La musulmane, qui en 4 bustes dorés résume la régression de la femme, de la chevelure libre au voile complet. Et si en guise d’espoir, on lisait le message dans un autre sens ?

L’espoir, on le trouve avec la participation sans frontières d’artistes: le Turc Nurcan Giz et ses recherches sur le noir, l’abstraction et la lumière, Bahram Hajou, ce Syrien a obtenu le prix Matisse, avec Couple VI, il présente des personnages aux tons pastels dans un monde de rêve et de liberté, un monde et des personnages à l’envers qui nous convient à plus d’humanité, alors que l’algérien Nacer avec son installation Ego 2013 réprime une violence contenue. La photographe iranienne Shadi Ghadirian présente deux photos qui jouent sur les contrastes de deux civilisations, où hommes et femmes cherchent leur place. L’une des œuvres présente, talons aiguilles et chaussures fatiguées maculées de sang, l’autre deux godillots usés unis par un ruban rouge lui donnant sa noblesse.

Dans cette exposition qui n’a rien à envier aux grandes expositions institutionnelles, voici encore sans être exhaustif : Dona, le cri d’alerte de Carme Albaigès dont les personnages ont toujours les yeux bandés. Plus léger, voir les belles photos, aux glacis précieux de Bernard Langenstein,et dans la même salle la video de Simone Simon. Autre temps de pause, avec la salle réservée aux peintures délicates du Coréen Moon-Pil Shim, cette salle méditation souffre toutefois de son voisinage bruyant. Le prix Jean Moulin attribué à Naziha Maestaoui, pour Corps en résonnance 2013, apporte lui aussi de la légèreté au parcours : des bols de cristal remplis d’eau se mettent en mouvement et génèrent des sons aux passages des visiteurs, déployant des formes qui se reflètent sur la paroi, rendant visibles les vibrations.

Exposition
À gauche : chasuble de Jacqueline Matteoda, à droite : cote de mailles de Piergiorgio Colombaraet

Au rez-de- chaussée le sculpteur-architecte Piergiorgio Colombara italien nous confronte à l’absence, au deuil avec son berceau vide, La Bambola et à la violence avec une chasuble traversée d’un filet de sang. Chasuble encore avec le tressage de Jacqueline Matteoda tandis que le syrien Mustafa Ali avec deux petites sculptures dénonce la souffrance et l’oppression,

Dans cette salle vous pourrez voir aussi Le prix Bonnard, attribué à Guy Brunet, ces quatre moines témoignent des qualités picturales du peintre et de son héritage des maîtres anciens.

Les artistes de cette biennale nous ouvrent la porte, non seulement sur les luttes en Méditerranée, mais bien au-delà, sur la violence du monde. L’espoir vient de la cohabitation et de la participation d’artistes de toutes cultures et religions dans cette même biennale. Cette grande vague de violences et de tyrannie qui gronde et circule entre les murs du château du Haut de Cagnes véhicule aussi l’espoir de faire évoluer les esprits et de pousser à la réflexion.
Brigitte Chéry
Photos Béatrice Heyligers.

Nice : surprenante représentation du requiem de Verdi au théâtre de verdure.

La première surprise pour cette interprétation du requiem que Verdi composa en l’honneur du plus grand poète italien du risorgimento, Allessandro Manzoni, vient du son. En effet le théâtre de verdure de Nice, habitué aux sonorités de la variété et du rock, nous a permis d’entendre cette œuvre déjà violente avec une puissance inégalée : chœurs, orchestre et solistes étaient entourés par une forêt de microphones. Inquiétude dès le départ lors de l’introït où les chœurs couvrent même l’orchestre. Mais très rapidement le kyrie va nous démontrer la maitrise parfaite du chef d’orchestre niçois Philippe Auguin.

Requiem au théâtre de verdure de Nice

Ce requiem d’une puissance inouïe qui témoigne de la fin du monde, en particulier au travers du dies irae, est un véritable spectacle d’opéra qui alterne les instants les plus brillants avec les moments pianissimo comme le libera me. On n’est pas dans une messe de deuil larmoyante, mais face à un dieu violent et sans concession : en outre Manzoni et Verdi étaient farouchement anticléricaux. Philippe Auguin va s’appuyer sur cette composition théâtralisée pour mettre en valeur les qualités indubitables de l’orchestre de l’opéra de Nice et surtout des chœurs qui vont véritablement soulever l’enthousiasme du public. Cet équilibre parfait sera renforcé par l’équilibre des quatuors comme dans le kyrie, dans les fugues, comme le sanctus.

C’est peut être là que le bas blesse également : les quatre solistes (soprano, mezzo, ténor et basse) arrivent difficilement au niveau de l’orchestre et des chœurs. Techniquement parfaits, ils semblent manquer de volonté d’expression et éprouvent, en particulier pour la soprano et la mezzo, à articuler le latin. En réalité le son retransmis par des haut-parleurs, l’ambiance en plein air, qui ne couvre pas les bruits d’un feu d’artifice voisin, le son des sirènes de la police ou des pompiers, n’autorisent pas l’écoute la plénitude de l’œuvre. Mademoiselle Oksana Volkova, la soprano, un peu courte sur ses fins de phrase, va s’effondrer complètement sur le libera me final : il n’est pas susurré, mais cela était-il possible dans ces conditions techniques ?

Bravo à la ville de Nice pour offrir gratuitement ce spectacle au public (le théâtre était comble contrairement au meeting politique de dimanche dernier...), bravo à Philippe Auguin pour sa direction magistrale, bravo à l’orchestre et aux chœurs de l’opéra. Que nous aimerions entendre tout cela à nouveau dans la salle de la rue Saint-François-de-Paule.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

Etaient présents : Simone Dibo-Cohen & Christian Gallo

mardi 9 septembre 2014

OH ! Mon château

La biennale de l’UMAM continue jusqu’en novembre à Cagnes-sur-Mer. Un bel article de Frank Davit pour Riviera magazine, en français, en anglais et en russe.

Le magazine sur : http://issuu.com/rivieramagazine/docs/rm70_site


Journées du patrimoine à la Villa Arson

Participer

A une procession artistique et à un pique-nique*
Une procession insolite autour de l’œuvre de Patrick Van Caeckenbergh Le dais - Le ciel à la portée de tous* (collections Frac PACA) : un dais couleur du ciel de 10 m de long avec ses 20 porteurs, un cheval, un homme-tambour... et en présence de l’artiste.

Dimanche 21 septembre à 10h : départ du marché de la Libération – Parvis de la bibliothèque Raoul Mille.

Déambulation (1h environ) jusqu’à la colline St-Barthélémy et la Villa Arson, avec à l’arrivée un grand pique-nique dans les jardins. Légumes et fruits seront proposés, chacun est invité à compléter son panier-repas avec les produits de son choix.

A 13h30 : Visite commentée de la Villa Arson pour tous les participants.

Découvrir

Danse, dimanche 21 septembre à 15h.
Compagnie ARTMACADAM, « En quête Lavie »*, une performance chorégraphique et musicale dans le site et l’architecture labyrinthique de la Villa Arson.

Visiter

Visites commentées : « La Villa Arson, un patrimoine historique et architectural »
Le 20 septembre à 14h30 et à 16h30 et le 21 septembre à 16h30.
Plusieurs départs de visites pour chaque horaire.



Pour en savoir plus : http://www.villa-arson.org/2014/08/27/les-journees-du-patrimoine-a-la-villa-arson/

Nouveau parachutage culturel à la tête des musées de Nice

Marie Lavandier nommée à la tête des musées de Nice

La conservatrice dirigeait depuis 2010 le Centre de recherche et de restauration des musées de France. Marie Lavandier part diriger, à 45 ans, les musées de la ville de Nice. La municipalité, qui a une politique culturelle ambitieuse, compte dix musées, dont celui dédié à Matisse, celui d’art moderne et contemporain, riche notamment d’une collection des nouveaux réalistes et de Klein, le musée des Beaux-arts Jules Chéret, le musée d’Art naïf ayant bénéficié de la donation Jakovsky, un muséum d’histoire naturelle…


Conservatrice territoriale, Marie Lavandier avait quitté en 2010 le musée Chirac en Corrèze pour le Quai Branly, avant de prendre la tête du Centre de recherche et de restauration des musées de France, installé dans la cour du Louvre. Elle est arrivée dans une période troublée par le projet d’un déménagement en couronne parisienne. Elle a contribué à pacifier le laboratoire qui se sort à peine de cette crise ayant endommagé ses liens avec ses partenaires dans la recherche française. Dirigé par Michel Menu, il a reçu le label «laboratoire d’excellence» lui donnant accès aux investissements publics d’avenir. Il s’est aussi inséré dans les projets européens, où les Italiens apparaissent comme chefs de file.

Avec le Louvre, Marie Lavandier a contribué à une politique de transparence dans les restaurations des chefs-d’œuvre de Vinci ou de Rembrandt. Elle s'est aussi opposée à la restauration périlleuse du retable d’Issenheim de Mathias Grunewald, entamée par le musée Unterlinden à Colmar. A sa demande, Frédéric Mitterrand, alors ministre, avait exigé l’interruption de l’opération et des garanties pour sécuriser l’œuvre. En revanche, la réunion du laboratoire de recherche et des ateliers de restauration, mise en œuvre en 1998 sous l’acronyme de C2RMF, n’a jamais véritablement donné naissance à une maison commune.

Vincent Noce (Libération) - Photo : Connaissance des Arts

L’anniversaire de la place Garibaldi fêté pour la première fois !

On fête régulièrement l’anniversaire de la naissance de Garibaldi sur cette place, mais on oublie de fêter le baptême de cette dernière. C’est à l’initiative du Cercle de Nice, qui organise régulièrement des diner-débats sur l’identité niçoise, que l’on va célébrer cet anniversaire.

Le programme du samedi 13 septembre

17 heures, devant le bassin : visite commentée de la place
-Accès libre et gratuit-

18 heures, à la Villa Garibaldi, 64 boulevard Risso : conférence cocktail
–Participation aux frais 10 €-



La plus belle des grandes places de Nice a été construite au XVIIIème siècle pour aménager un espace encombré des déchets provenant de la démolition des remparts du château de Nice. En rendant carrossable la route royale de Turin à Nice, Victor-Amédée III souhaitait un accueil digne de sa route. Ce sera la place due à l’architecte Antoine Spinelli.

A l’origine la place porte le nom de Pairoliera, puis devient la place Victor-Emmanuel, dite piazza Vittorio. Sous la révolution française elle sera appelée place de la République, puis place Napoléon sous le premier empire. Au retour du royaume de Sardaigne, elle est baptisée place d’Armes, puis place Saint-Augustin. Après l’annexion par la France de 1860 elle reprend le nom de place Napoléon.

Le 13 septembre 1870 elle prend définitivement le nom de place Garibaldi en hommage au héros des deux-mondes né à Nice. Un square est aménagé en son centre, planté de chênes et d’eucalyptus. Un grand bassin rond est installé en son milieu.

Ce sera en 1891 qu’une souscription populaire permettra d’ériger la statue de Joseph Garibaldi. Bassin et statue seront déplacés pour laisser passer la ligne du tramway. En 2012, suivant des photos du XIXème siècle, vingt fresquistes vont remettre les décors en trompe-l’œil, ce qui fait de la place une exception en Europe.

Christian Gallo - © le Ficanas ®

vendredi 5 septembre 2014

Nice : la forêt magique de Karen au MAMAC

Elle fait un peu penser à Miss Marple (interprétée par feu Joan Hickson), mais blonde et vêtue comme Barbara Cartland, rose de la tête aux pieds, avec en bandoulière un drôle de petit sac en forme de flamand, rose bien sûr ! Karen, de son vrai nom Karen Joubert-Cordier, a été découverte par Daniel Cordier, l’ancien secrétaire de Jean Moulin. Il l’exposera à la galerie Beaubourg à Paris, et deux de ses œuvres intègreront sa donation faite au Centre-Pompidou en 1989 (elles sont aujourd’hui au musée des Abattoirs à Toulouse).


Karen va voyager : son père, commissaire à bord de paquebots transatlantiques, dont le France, lui offrira une vie extravagante allant des transports maritimes de luxe aux palaces, et cela autour du monde.

La fréquentation du jardin de César, son mariage avec un jeune artiste thaïlandais, son amour des paysages tropicaux vont lui inspirer des toiles de grand format avec une végétation luxuriante d’où sont bannis l’homme les animaux, le ciel, l’eau…

Rien ne la raccroche à un style pictural bien défini. Certains parlent de pointillisme, de surréalisme, voire d’expressionisme. D’autres y voient une réapparition du Douanier Rousseau. En réalité cette végétation très colorée, parfois agressive dans les sujets avec ses plantes carnivores, est somptueuse et d’une grande finesse.

 

Karen expose dans le monde entier et on a déjà vu ses œuvres dans tous les palaces de la Côte d’Azur. Les dix œuvres qu’elle vient d’offrir au MAMAC ont incontestablement un aspect très décoratif. Et c’est peut-être cet aspect ornemental qui nous laisse un peu sur notre faim. Cette immersion qui nous est proposée dans cet univers végétal manque peut-être d’un sujet qui pourrait nous laisser entrevoir une histoire. On a l’impression que Karen se contente de la sienne, comme une thérapie pour oublier un passé.

Christian Gallo - © le Ficanas ® - Photos : C. Gallo


MAMAC (3e étage du musée) - Place Yves Klein – Nice – Jusqu’au 12 octobre 2014
Etaient présents : Simone Dibo-Cohen - Christian Gallo

mercredi 3 septembre 2014

Soirée autour d'Armand Scholtès et de ses œuvres.

Mercredi 17 septembre 2014 à 18h à l'Auditorium du MAMAC (Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain de Nice) - place Yves Klein

Au programme : Projection de trois films documentaires et débats en présence de l'artiste avec la participation de : Maurice Elie, philosophe, Charlie Galibert, écrivain, philosophe, anthropologue, Raphaël Monticelli, poète, critique d'art, Jean-Baptiste Pisano, historien d'art et des réalisateurs des films : Muriel Anssens, Raoul Robecchi et Michel Martino

Les films projetés :
- "Promenades avec Armand Scholtès", 2014, réalisation Michel Martino, 24 mn.
- "Les couleurs de la mémoire", 1994, réalisation Muriel Anssens - MAMAC, 10 mn.
- "Variations", 2006, réalisation Raoul Robecchi, 12mn. 

Vous pourrez ensuite poursuivre la soirée en compagnie des intervenants au restaurant C'Factory, sur le parvis du MAMAC (réservation conseillée au 04.93.80.58.58).
Nous vous remercions d'avoir l'amabilité de confirmer votre participation à cette soirée en adressant un mail à info@armandscholtes.com.

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Promenades avec Armand Scholtès

Armand Scholtès développe son œuvre depuis cinq décennies, d’abord en Lorraine où il est né, puis à partir de 1986 sur la Côte d’Azur. Le peintre, d’habitude peu enclin aux médias, a accepté durant quelques mois, à l’automne 2013, que la caméra suive quelques-unes de ses promenades nourricières dans la nature.

Promenades avec Armand Scholtès nous offre un regard incisif et une plongée rare dans le processus de création de ces peintures et dessins et dans le travail de l’artiste.

Nous voyons Armand Scholtès peindre et dessiner, mais surtout nous le voyons observer, contempler et dialoguer avec les éléments naturels : paysages grandioses des bords de Méditerranée et des Préalpes, roches, détails minéralogiques et végétaux.

Aux côtés d’Armand Scholtès, ses amis, Charlie Galibert et Maurice Elie (philosophes) s’entretiennent avec l’artiste, découvrent ses dernières créations et donnent quelques clés de compréhension de l’œuvre.

Promenades avec Armand Scholtès est le portrait pénétrant d’un artiste au travail et un film fascinant sur l’art de voir.

Pour voir les oeuvres : http://www.armandscholtes.fr/