lundi 25 novembre 2013

80 ans du Centre Universitaire Méditerranéen

Cette année, la Ville de Nice célèbre le 80e anniversaire du Centre Universitaire Méditerranéen (CUM). A cette occasion, le Colloque Passion Méditerranée sera entièrement consacré au C.U.M. qui reçut et continue de recevoir les esprits les plus brillants de notre temps. Pendant deux jours - les 29 et 30 novembre 2013 - sont organisées des conférences et tables rondes au sujet de l’histoire de cette prestigieuse institution, unique en son genre, de Paul Valéry, de la Méditerranée et de la littérature.


Sont attendus :

Gabriel de Broglie, Chancelier de l’Institut de France, membre de l’Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques.

Michel Déon, de l’Académie française, écrivain.

Dominique Fernandez, de l’Académie française, écrivain.

Michel Jarrety, professeur à la Sorbonne, biographe de Paul Valéry.

Alban Cerisier, archiviste, secrétaire général des Editions Gallimard.

Ralph Schor, historien, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Nice-Sophia Antipolis.

Yvan Gastaut, historien, maître de conférences à l'Université de Nice Sophia-Antipolis.

Jean-François Colosimo, essayiste, ancien président du Centre national du livre, président du directoire des Editions du Cerf.

Christian Loubet, conférencier et professeur honoraire en histoire des mentalités et de l’art moderne à l’Université de Nice-Sophia Antipolis.

Alain Finkielkraut, philosophe et écrivain.

Jean-François Hangouët, collectionneur, biographe de Romain Gary.

Sandrine Arnold Folpini, administrateur de la Fondation Dosne-Thiers.

Eric Naulleau, auteur, critique littéraire.

L’année 1933 est décisive pour le C.U.M. Elle marque sa création politique et administrative avec l’action combinée de deux hommes : le maire de Nice, Jean Médecin, et le ministre de l’Education Nationale, Anatole de Monzie. C’est ce dernier qui proposera à Jean Médecin de nommer un Administrateur pour le Centre de Nice. Il proposera Paul Valéry.

« Marche le long du râle lent de houle faible qui heurte, aborde les galets. Marche et pensée. La pensée presse le pas. S’arrête. Repart… » Paul Valéry, Nice, 6 décembre 1936

Une exposition autour d’archives et de photos anciennes sera présentée dans les salons du CUM du 25 au 30 novembre.

Informations : 04 97 13 46 10 / www.cum-nice.org

dimanche 24 novembre 2013

Gérald Panighi – « Ils ont tous été réincarnés »


La galerie Eva Vautier est heureuse d’accueillir une exposition de Gerald Panighi et de Philippe Jusforgues. 

Gerald Panighi

Le travail de Gérald est une association d’interdépendance entre une image soigneusement négligée à référence forte et un texte détourné des situations du quotidien. Le décalage entre les deux provoque le rire ou le sourire. L’humour de Gérald est souvent abrupt, parfois noir, mettant l’accent sur notre humanité et nos imperfections, nous renvoyant à notre propre réflexion par le prisme de sa vision. En plus de ses nouveaux travaux originaux, il présentera deux œuvres réalisées en commun avec l’artiste Caroline Rivalan, diplomée de la Villa Arson, ainsi qu’une édition limitée spécialement conçue pour l’occasion. Son invité, Philippe Jusforgues, excelle dans l’art d’accommoder les étrangetés, c’est dans le monde du collage et de la photo qu’il nous emmène.

 
Toute ma vie je traverse une période assez bizarre, 2010 techniques mixtes 110x120cm


Philippe Jusforgues

C’est en 2005, tombant sur une valise de retirages de photos de famille, que Philippe Jusforgues trouva l'occasion d'expérimenter le collage.
« C’était comme un jeu... Je changeais un visage et toute l'image en était bouleversée... Le ré- alisme de la photographie et la légèreté du dessin étaient réunis... Mes personnages prenaient chair et ma palette d'émotions devenait plus large... »
Son approche minimaliste implique souvent une photo amateur sur laquelle est ajouté un do- cument imprimé, un fragment dessiné, ou de l’encre directement appliquée révélant un lien inattendu qui leur donne une seconde vie. Une forme de recyclage poétique… 
Sans titre, 2013 collage sur photographie
Galerie Eva Vautier - 2, rue Vernier - 06000 Nice

Transuniversalys


L'exposition "Transuniversalys" à l'Espace Musique de la Bibliothèque Louis Nucéra de Nice 
jusqu'au 9 janvier 2014

Il s'agit d'une exposition consacrée à la musique concrète. Vous y découvrirez des synthétiseurs du CIRM, datant des années 70 (Rvox, Pr 99, Korg Synthetiser MS20, Clavier Oberheim ...) Le titre reprend celui de l'oeuvre de Jean-Luc Gergonne qui sera créée le mardi 26 novembre à l'auditorium de la BMVR (entrée libre) à 17h30. L'idée originale de l'exposition a été pensée et mise en œuvre par Noël Castiglia, elle lui est dédiée.

BMVR, 2 place Yves Klein, Nice - Ouvert le mardi & mercredi de 10h>19h / jeudi & vendredi 14>19h / samedi 10h>18h / dimanche 14h>18h

Manuel Ruiz Vida chez Depardieu


"Variation indicible"


Vernissage samedi 7 décembre 2013 à partir de 16h
en présence de l’artiste.
Exposition jusqu’au samedi 11 janvier 2014

La Galerie Depardieu, "hors les murs"
vous invite 18 avenue des fleurs 06000 Nice 

Anouk Grinberg en janvier à Paris

« Quand je l’ai rencontrée, je ne savais même pas qui elle était. J’ai senti en elle une force formidablement humaine
; une espèce de désordre qui rappelle à l’ordre. » ll parle encore de solitude, souligne le contraste entre ces bouches cousues et le monde du théâtre si bavard.
Louis Deledicq, commissaire de l’exposition à l’espace Berggruen, 2009.
« Les dessins d’Anouk échappent au récit ainsi qu’au témoignage ; ils s’affirment tels quels, se dressent muets, sans attente, issus d’un trop plein, récusant jusqu’au plaisir des craies griffant la feuille. Impossible de leur échapper quand, les quittant, on retrouve nos frères. Faut-il repousser ce qui nous aveugle, nous frappe d’impuissance ? Ne craignons pas de plonger les mains dans le noir pour y pêcher des pierres précieuses.. »
 Germain Viatte.



« Et quand elle met au mur ces pastels hantés, si puissants, si parfaitement achevés plastiquement et si indifférents aux tendances actuelles de l’art, ce n’est pas un jugement qu’elle attend. Elle fait du spectateur le témoin de son étonnement » Robert Delpire.

« Il y a des gueules froissées, cachées, fichues, des bouches cousues, qu’on s’est cousues, par courtoisie et puis c’est pas la peine. Il y a des yeux clos, pour se calmer. Il y a de l’effroi, on croit parfois qu’on va en mourir, mais non, tout bouge et se métamorphose, c’est miraculeux ce qu’on est vivant (...)
Mais quand je dessine, il n’y a plus de différence entre la tristesse et le bonheur, entre le fragile et le fort. Il y a juste des présences (...) Au début, c’est souvent rapide, comme une cascade ou un tonnerre. Des sensations, des souvenirs qui me de- scendent dans les doigts, me sortent par les yeux, choisissent les craies, les gestes, les feuilles. C’est plutôt les bonhommes qui se font, et moi qui accompagne. J’ai intérêt à aller très vite, parce qu’ils sont souvent pressés de sortir, d’en finir avec ce qui les occupe. Ces gens noirs – famille nombreuse – ont une sacrée musique à l’intérieur...» Anouk Grinberg

GNG art contemporain - 3, rue Visconti
75006 Paris
00 33 (0)1 43 26 64 71
galeriegng@wanadoo.fr - http://www.galeriegng.com

lundi 18 novembre 2013

Eblouissant et émouvant hommage de l’art contemporain à Jean Moulin.



Commencer le vernissage d’une exposition d’art contemporain en bloquant une rue, avec une minute de silence et avec la fanfare municipale qui interprète la Marseillaise, voilà qui est inusité. Mais ce 14 octobre, devant le 22 rue de France à Nice, la foule se pressait pour rendre un hommage au héros Jean Moulin , soixante-dix ans après sa mort, à l’endroit même où se situait sa galerie, la Galerie Romanin.

Fidèle à la tradition d’exposer des artistes vivants conformément aux souhaits des ses fondateurs Henri Matisse et Pierre Bonnard, l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne (UMAM) avait choisi de demander à 39 artistes de créer des œuvres en hommage au héros. Il suffisait ensuite de traverser la rue pour, au numéro 21, grimper un étage et se retrouver à Vision Future pour découvrir une sélection d’œuvres contemporaines créées pour l’événement.

Là, Richard Pogliano, membre du conseil d’administration de l’UMAM, ajouta à l’émotion avec un discours d’une grande beauté (voir ci après) qui saisit réellement l’assistance. Puis la présidente de l’UMAM, Simone Dibo-Cohen, expliqua le lien profond qui unit l’association à Jean Moulin. En effet ce sont les fondateurs de l’UMAM qui furent les premiers exposés dans sa galerie. La présidente remercia sous des applaudissements nourris ceux qui, bénévolement, avaient œuvré pour ces expositions (Voir le discours ci-après). Enfin ce fut François Rabut, conseiller municipal, qui représentait Christian Estrosi, le député-Maire de Nice, qui invita le public à visiter l’exposition.

Les visiteurs et les artistes empruntèrent alors le petit train urbain pour rejoindre le deuxième lieu d’exposition, la Barclays, à la rue Alphonse Karr où se pressaient plus de 600 personnes.

La beauté et l’intelligence des œuvres exposées jusqu’au mois d’avril témoignent de la sensibilité de leurs créateurs et montre que pour eux le sacrifice de Jean Moulin n’a pas été vain, qu’ils ont été heureux d’y participer et que notre liberté d’aujourd’hui et leur liberté d’expression sont les fruits de son sacrifice à la nation.

Outre de nombreux artistes on pouvait également rencontrer, Madame Sylvie Cendre, sous-préfète de Nice-Montagne, Monsieur Roland Constant, maire-adjoint, délégué à la culture à Cagnes-sur-Mer, Christine Petruccelli et Lucette Romor, maires-adjointes à Villefranche-sur-Mer.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®
Photographies : Michel Castellani

Richard Pogliano - Simone Dibo-Cohen -  François Rabut

Le discours de Madame Simone Dibo-Cohen, Présidente de l’UMAM :

« Permettez-moi un petit rappel historique. L’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne est une association culturelle qui a été créée en 1946 par Henri Matisse, Pierre Bonnard et quelques autres. C’est dans le prolongement de l’exposition en hommage à Matisse que nous avions présentée l’été dernier que l’UMAM a choisi de rendre cet hommage à Jean Moulin. C’est parce qu’un lien très fort nous unit à lui.

Jean Moulin ouvrit, ici même, de l’autre côté de la rue, au numéro 22, la galerie Romanin du nom de son pseudonyme d’artiste. Deux de ses amis vinrent y exposer, Henri Matisse et Pierre Bonnard, nos parrains fondateurs. Ce n’était pas une couverture pour son activité de résistance, mais son véritable métier, comme le signale son secrétaire de l’époque Daniel Cordier.

Artiste ? Il était un bon dessinateur, plein d’humour, qui caricaturait son entourage et dont les œuvres sont au musée de Béziers. D’ailleurs, le conservateur de ce musée nous avait proposé des documents relatifs à cette période. Nous avons choisi en lieu et place de présenter des artistes contemporains comme Virginie Broquet qui a créé des dessins dans l’esprit même de Jean Moulin et que vous allez voir tout à l’heure.

Créer ? Effectivement car comme vous le savez l’UMAM n’expose que des artistes vivants et ce sont 39 d’entre eux qui, volontairement, ont décidé de nous accompagner en présentant des créations récentes ou conçues spécialement pour cet hommage. Certains comme Kayetan, Jos Van Der Zijden et Dominique Tardler viennent de loin et ont traversé la France pour être présents sur ces cimaises.

D’autres sont plus proches de nous et souvent vous les connaissez. Mais tous se sont passionnés par la vie exceptionnelle de ce héros et ont créé, parfois avec un simple mot comme Ben, parfois avec des photos dramatiques comme Florent Mattei, parfois avec des dessins inquiétants comme François Paris ou encore Gérald Panighi et Marie-Eve Mèstre des œuvres qui risquent de vous mettre mal à l’aise. Mais les conditions de la mort de Jean Moulin nous ne les avons pas oubliées et nous en frissonnons encore aujourd’hui.

Quand on parle de drame dans le milieu artistique on pense souvent au théâtre ou au cinéma. On oublie l’art plastique. Pourtant le sujet est traité depuis des siècles et le meilleur exemple n’est-il pas celui de Pablo Picasso avec Guernica ? Et pensez-vous que Jean Moulin ne connaissait pas ce bombardement du 26 avril 1937 par les nazis ? Sûrement, car pour défendre la France, il fit don de sa vie.

En attendant, ces 39 artistes vont vous surprendre avec leurs interprétations de cet hommage. L’UMAM les remercie, comme l’UMAM remercie ses membres, ceux qui nous ont aidés, en particulier notre vice-président Christian Gallo, notre secrétaire Guy Maurin, Richard Pogliano, Nadine Istria, et surtout ceux qui nous abritent pour quelques mois à savoir Vision Future, qui nous permet d’être ici, et Claudine Iotti directrice de la Barclays où nous nous rendrons ensuite. Mais également les directeurs des Barclays de Cannes, Fréjus, Menton et Cagnes-sur-Mer où les vernissages vont se dérouler jusqu’au mois de décembre.

A propos de Cagnes où débutera, au château-musée Grimaldi, la prochaine biennale de l’UMAM le 6 juin prochain et qui confirmera son aspect international, signalons qu’il sera remis à cette occasion et définitivement un prix Jean Moulin à un artiste.

Le petit train de Nice va vous transporter à la Barclays où vous attendent la suite de l’exposition, un concert de violoncelles avec mesdemoiselles Zerbib et Pere et un cocktail.

Merci a tous d’être avec nous, merci d’être venus. »

Minute de silence

L’hommage rendu par Richard Pogliano, Membre du Conseil de l’UMAM.

« Mesdames, Messieurs,
Rendre hommage à Jean Moulin, c’est rendre hommage au Jean Moulin que nous connaissons tous, le Résistant, celui des livres d’histoire.
Et il est vrai que c’est à ce Jean Moulin là que notre mémoire collective fait le plus souvent appel.
A ce héros par excellence, unificateur de la résistance française, représentant personnel du Général de Gaulle dans la France occupée et qui conduisit sa mission jusqu’au sacrifice de sa vie.

A ce Jean Moulin qui, voici plus de 70 ans, partit, par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci, pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d'un peuple de la nuit.

Un peuple d’ombres qu’il anima et qu’il symbolise. Avec ce sentiment qui appelle la légende, sans lequel la Résistance n'eût jamais existé, et qui est simplement l'accent invincible de la fraternité.

Mais ce soir, à 18h30, ici, 70 ans et quatre mois après sa mort, le 8 juillet 1943 à Metz, lors de son transfert en Allemagne, l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne a voulu rendre hommage à un autre Jean Moulin, le même, bien sûr, mais différent…

Nous avons voulu rendre hommage à l’artiste, et au-delà à l’homme, à ce Jean Moulin attaché à sa Provence, sportif, aimant la vie et… les femmes, diplômé de droit, doué d’un joli coup de crayon, galeriste et marchand d’art.

Jean Moulin est né le 20 juin 1899 à Béziers (son père y était Conseiller Général). Son premier dessin fut, à l’âge de 6 ans, La Promenade des Anglais, et sa première caricature a été publiée à l’âge de 16 ans, dans la revue Baïonnette.

Il fait des études de droit à la Faculté de Montpellier, travaille dans différents cabinets, préfectoraux, ministériels, est nommé Sous-préfet en 1930, Préfet en 1936. Enfin, il est nommé Délégué du Comité National pour la France Libre le 24.12.1941, jour auquel je faisais allusion précédemment.

Mais parallèlement, il continue de dessiner, de publier, d’exposer.

C’est la deuxième vie de Jean Moulin qui ne fut pas seulement un artiste-dessinateur et un collectionneur, mais le responsable d'une galerie d'art contemporain.

L’art était, pour lui, un moyen de percer un mystère autrement plus profond, plus important que celui du simple échange,
de la création : le mystère de la condition humaine.

Comme une lumière que l’on cherche et qui doit éclairer.

Au milieu de la tyrannie et des barbaries du XX° siècle, Jean Moulin cherche, cherche encore et toujours, sans jamais renoncer,
toujours par l’art, mais aussi dans la résistance.
Il cherche comment n’être ni bourreau ni victime, ni maître ni esclave.

Jean Moulin ouvrit le 16 octobre 1942, une galerie à Nice,
la Galerie Romanin. Elle était située, juste à côté, au 22 de la rue de France.

Romanin était le pseudonyme que l’ancien préfet Jean Moulin avait choisi en 1922, pour signer les dessins satiriques qu’il exposait ou publiait.

Et puis, le 9 février 1943, il y a soixante-dix ans, à 15 h précisément, Jean Moulin était présent à Nice, sans qu'on puisse imaginer sa véritable identité, celle d'un grand dirigeant de la Résistance.

Il inaugurait incognito la première exposition de peintures contemporaines de la galerie d'art qu'il venait de créer, la galerie Romanin (qui lui servait de "couverture" pour ses multiples activités et déplacements).
S'y trouvaient exposés des travaux de Matisse, Bonnard, Degas, Chirico, Dufy, Friesz, Kinsling, Laprade, Rouault, Severini, Utrillo et Valadon.
C’est vous dire, la qualité et le haut niveau de cette exposition.

Jean Moulin réalisa pendant moins d’un semestre, entre février et juin 1943, une étonnante série d’expositions.
S'il avait pu continuer cette aventure, Jean Moulin aurait vraisemblablement eu l'occasion d'exposer à Nice tous les grands maîtres contemporains.

Car il créait une véritable activité professionnelle et artistique, autour de la galerie.
Son secrétaire dans la Résistance, Daniel Cordier, soulignera même que Jean Moulin n’était pas un résistant qui avait une galerie, mais un galeriste qui fit de la résistance.

Et cette galerie, bien sûr, fut aussi une couverture pour maintenir les contacts avec les résistants de la région.

Comme ce jeudi 27 mai 1943, où Jean Moulin est particulièrement heureux, très heureux, dans ses deux vies :
- il vient de réunir le Conseil National de la Résistance et l’unification se passe le mieux possible,
- et surtout, il a réussi sa négociation pour la venue de gouaches de Kandinsky à sa galerie de Nice.

Ce soir-là, Jean Moulin, est fou de joie, particulièrement détendu.

Il offrit même à son secrétaire un ouvrage sur l’Histoire de l'art moderne.
Il lui parla longuement de l’art, de la forte et vive estime qu’il portait aux "grands artistes de l’art moderne", je le cite, « qui nous aident à déchiffrer le monde dans lequel nous vivons. Nous avons la chance d'être les contemporains de Braque, Kandinsky, Matisse, Mondrian, Picasso. Si nous voulons comprendre notre époque, il faut regarder leurs œuvres ».

L’ultime exposition de la galerie Romanin fut annoncée par voie d’affiche du 3 au 30 juin 1943. Elle ne concernait pas encore Vassili Kandinsky : elle réunissait des aquarelles et des dessins de Renoir, Utrillo, Picasso et Valadon.

Dix-huit jours après cette inauguration, le 21 juin 1943, c’était l’arrestation de Caluire : l’aventure s’interrompait brusquement.

Mais le « testament » de l’homme Jean Moulin, dans ses propos et dans ses écrits, restera.

Jean Moulin place la liberté de pensée et d’expression au dessus de tout, de sa vie même. Il veut se battre pour ses valeurs, celles de la République, Liberté, Egalité, Fraternité. Mais aussi pour l’intégrité contre la corruption, la vérité contre le mensonge. Et la liberté, toujours.

Jean Moulin combat tous les obscurantismes et tous les absolutismes. Il se dresse contre tous les bras armés des totalitarismes, contre tous les grands inquisiteurs. Pour l’équité et la dignité de l’homme. Pour la justice et la paix. Et toujours pour être libre, et vivre libre.

Et pour les obtenir, l’homme doit se révolter. Jean Moulin se révolte, en se battant, pour l’art, pour la France. Car la grandeur de la révolte est d’abord dans la puissance des forces auxquelles elle s’oppose.

Nous honorons aujourd’hui la pensée de cet homme – car ce fut d’abord un homme avant que d’être artiste et résistant…

Un homme qui aimait l’art et la France.

Jean Moulin était fidèle à l’un comme à l’autre.

C’est pour communier dans cette fidélité que nous sommes réunis aujourd’hui.

Et, au moment de sa mort, Mesdames, Messieurs, Jean Moulin était la France. »

vendredi 8 novembre 2013

Quand l’art contemporain retrouve Jean Moulin


Nous célébrons cette année le soixante-dixième anniversaire de la mort de Jean Moulin.

L’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne réalise un hommage à Jean Moulin le 14 novembre prochain à 18 heures. Il débutera par une minute de silence devant le 22 de la rue de France à Nice où se situait sa galerie Romanin.

L’hommage proprement-dit aura lieu ensuite au milieu des œuvres d’art de quarante artistes contemporains, conformément aux souhaits de nos fondateurs, qui furent ses amis Henri Matisse et Pierre Bonnard.

Programme :
JEUDI 14 NOVEMBRE :

17h45 devant le 22 rue de France à Nice : minute de silence

18h00 Nuit et Brouillard : VISION FUTURE - 21, rue de France à Nice

Hommage et présentation des artistes.

Transport des invités par petit train.

19h30 Ombre et Lumière : BARCLAYS - 2, rue Alphonse-Karr à Nice

Présentation des artistes.

Animation musicale : Melissa Zerbib et Justine Pere

Cocktail



Artistes présentés par l'UMAM :

Laurence Aëgerter / Henri Baviera / Ben

Jérémie Bennequin / Ivana Boris / Virginie Broquet

Martin Caminiti / Marc Chevalier / Nicolas Dubreuil

Christian Gallo / Anne Gérard / Florence Guillemot

Sonia Grdovic / John Hall / Yves Hayat / Kayetan

Miryan Klein / Peter Larsen / Didier Mahieu

Laure Mathieu / Florent Mattei / Marie-Eve Mèstre

Martin Miguel / Gil Miquelis / Mirial

Frédérique Nalbandian / Michel Nizio / Gérald Panighi

François Paris / Roxane Petitier / Claudie Poinsard

Alain Pontarelli / Armand Scholtès / Franka Severin

Dominique Tardler / Bernard Taride / Salvatore Troia

Jo Van Der Zijden / Caroline Ziolko

La Galerie Romanin :

Fidèle à ses parrains fondateurs, Henri Matisse et Pierre Bonnard, l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne expose des artistes vivants. Ce sont eux qui ont créé les œuvres originales que vous allez découvrir cet hiver sur la Côte d’Azur en cette année qui commémore le soixante dixième anniversaire de la mort de Jean Moulin.

Jean Moulin, lui même dessinateur, ouvrit le 16 octobre 1942, une galerie à Nice qui portait son nom lié à son pseudonyme d’artiste, la Galerie Romanin. Elle était située au 22 de la rue de France. C’est le décorateur Jean Cassarini qui se chargera de son installation.

Jean Moulin y exposera, outre Matisse et Bonnard, Chirico, Degas, Duffy, Friesz, Kisling, Laparde, Rouault, Soutine, Utrillo et Valadon.

Jean Moulin, passionné d’art contemporain et avant-gardiste, va créer une véritable activité professionnelle autour de la galerie. Son secrétaire dans la Résistance, Daniel Cordier, soulignera même que Jean Moulin n’était pas un résistant qui avait une galerie, mais un galeriste qui fit de la résistance. Cette galerie fut pourtant une couverture pour maintenir les contacts avec les résistants de la région.

Inaugurée le 9 février 1943, elle fermera ses portes à l’arrestation du héros national.


Autres expositions :

BARCLAYS :

jeudi 21 novembre - 19 heures

68, place de la Porte-d'Hermès - 83600 PORT-FREJUS


jeudi 28 novembre – 19 heures

39, avenue Félix-Faure - 06501 MENTON


jeudi 5 décembre – 19 heures

8, rue Frédéric-Amouretti - 06404 CANNES


jeudi 12 décembre - 19 heures.

63, boulevard du Maréchal-Juin - 06800 CAGNES-SUR-MER

Contact artistes : Simone Dibo-Cohen, Présidente : 06 20 88 16 90. Mail : simone.dibocohen@free.fr
Contact communication et presse : Christian Gallo, Vice-Président : 06 63 95 61 91. Mail : umam@orange.fr

mercredi 23 octobre 2013

After the dream , 2013 de Chiharu Shiota à Montpellier

Chiharu Shiota est née au Japon, à Osaka, en 1972 et a étudié à l’Ecole des Beaux-Arts de Kyoto. En résidence à l’Université de Camberra en Australie elle rejoint ensuite l’atelier de Marina Abramovic à l’Ecole de Braunschweig où elle s’est intéressée à l’art corporel et à la performance, et travaille à Berlin depuis 1996.

Chiaru Shiota propose pour le Carré Sainte Anne de Montpellier « After the dream » 2013, une réalisation spécifique à l’architecture du lieu et à son identité, en utilisant le plafond et les piliers comme structures d’environnement immersif. Un fil noir emprisonne 4 robes dans un tissage complexe évoquant des cocons de chenilles, ou plus exactement des toiles d’araignées.



« La robe, seconde peau, est en nous. Je pense que tout est à l’intérieur du corps, famille, peuple, nation et religion. Cette relation est intrinsèque. C’est parfois confortable, mais ce peut être aussi contraignant et paralysant. A l’aide de fils qui entourent la robe, seconde peau, je fais un environnement qui décrit ces relations » écrit l’artiste.

Le labyrinthe de fils noirs n’a pas l’opacité des murs obscurs ; le réseau arachnéen diffracte la lumière et laisse entrevoir, en grandes ombres blanches, des apparitions drapées, silhouettes fantomatiques. L’artiste nous propose un exercice de méditation plongeante et une expérience de descente en nous-mêmes.



L’installation abolit la séparation entre le visiteur et l’œuvre qui, dès lors, partagent le même espace. Elle aspire le réel dans l’espace de la fiction onirique.

Les expositions personnelles de Chiaru Shiota dans les trois dernières années ont été présentées bien sûr au Japon, mais aussi en Chine à Pékin, en Autriche à Linz, en Allemagne à Kiel, en Espagne à Madrid et Barcelone, en Italie à Venise, au Royaume-Uni à Londres, en France à Lyon et Paris, aux Etats-Unis à New-York, en Australie à Hobart…

Ne pas manquer cette installation au Carré Sainte Anne de Montpellier jusqu’au 17 novembre 2013, tous les jours (sauf le lundi) de 10H à 13H et de 14H à 18H - Tél : 04.67.60.82.11

http://www.chiharu-shiota.com/

Dominique Tardler – Photos : Dominique Tardler

La collection du bijou contemporain



Du 23 octobre 2013 au 9 mars 2014, les bijoux contemporains de la collection de la ville de Cagnes-sur-Mer investissent les ­vitrines de l’Espace Solidor.

Depuis plus de vingt ans, l’Espace Solidor accueille chaque année deux à trois expositions temporaires de bijou ­contemporain, consacrées aux plus grands artistes comme aux jeunes pleins d’avenir. Les plus grands noms internationaux s’y succèdent comme l’australien Robert Baines, les allemands Karl Fritsch et Gerd Rothmann, l’autrichien Peter Skubic mais aussi italiens, israéliens, hollandais, japonais, américains, espagnols, suisses… Les grands créateurs français font bien sûr partie de cette collection avec Henri Gargat, Claude Pelletier, Arlette Baron, Gilles Jonemann, Frédéric Braham, Denis Essayie, Esty, Cathy Chotard... 



Au fil des expositions temporaires, de nombreux bijoux ont été acquis et une collection unique de plus de cent œuvres a pu être constituée. Cette politique culturelle en faveur du bijou contemporain, unique en France, a d’ailleurs été récompensée en 1995 par l’attribution du label « Ville et Métiers d’Art ».

De dimension internationale, l’Espace Solidor constitue un lieu unique en France pour cet art encore trop méconnu qu’est le bijou contemporain. Situé sur la Place du Château et d’accès gratuit, il offre l’occasion de découvrir et d’apprécier des œuvres ­surprenantes aux matériaux divers, ainsi que la possibilité, pour ceux qui le souhaitent, de pouvoir se documenter grâce à une bibliothèque fournie.

mardi 15 octobre 2013

Marie-Laure de Decker - « Vivre pour voir »

A travers une centaine d’œuvres, cette exposition propose de retracer le parcours de cette femme reporter photographe de renom, à travers des images du Vietnam (1970–1973), du Tchad (1976–1979), d’Afrique du Sud (1985–1994), une série d’images en couleurs (2003–2007) et une série d’autoportraits (1967–1987). 



De toute sa carrière, Marie-Laure de Decker a toujours privilégié une approche humaine de ses reportages. Le regard s’est imposé comme une évidence, comme une exigence. Cette artiste s’est depuis toujours attachée à voyager de part le monde et à témoigner en faveur des artistes. Collaboratrice de l’agence Gamma, elle a parcouru la planète et publié de nombreux reportages sur les conflits majeurs du XX° siècle, et sur ses rencontres dans bien d’autres pays encore : Vietnam, Union Soviétique, Chili, Tchad, Chine, Afrique du Sud, Inde, etc... Son travail à l’Agence Gamma l’a amenée à réaliser de nombreux portraits d’hommes politiques, d’hommes de cinéma et de littérature : Man Ray, Duchamp, Gilles Deleuze, Pierre Jean Jouve, Modiano, Gabriel Marcia Marquez...

Marie Laure de Decker fait partie des principaux photographes français contemporains. D’importants musées lui ont dédié diverses expositions rétrospectives, reconnaissant son travail au niveau international.

Théâtre de la Photographie et de l’Image Charles Nègre
27, boulevard Dubouchage - Nice - 04 97 13 42 20 - www.tpi-nice.org

« Les Français devant Nice » vu par Wagner !

Richard Wagner écrira un premier livret intitulé « La noble fiancée » pour un opéra en cinq actes en 1836 et envoyé à Scribe, lors de son séjour à Paris, qui va le traduire en français. La composition musicale ne fut jamais écrite. Il reviendra sur ce texte, le remaniera et le donnera à son ami Johann Friedrich Kittl pour son opéra « Les Français devant Nice » qui fut joué à Prague en 1848. Wagner avouera ne jamais l’avoir entendu. En fait l’œuvre était déjà connue sous le nom de « Bianca und Giuseppe ». Wagner s’est inspiré d’un romancier allemand à succès, probablement Henri Kœnig.

Wagner en 1840
En 1854 le Figaro évoque même cet opéra dans un article sur la musique en Bohème :« Il y a même dans la musique tchèque un opéra qui met en scène des Français Bianca et Giuseppe ou les Français devant Nice; le compositeur Kittl en est inconnu chez nous; on connaît mieux l'auteur du poème. Richard Wagner! »

C’est donc ce samedi 19 novembre qu’une conférence, organisée par le Cercle Richard Wagner, expliquera la genèse de ce texte de jeunesse de Wagner. Elle sera présentée par André Peyrègne, le directeur du conservatoire. Rendez-vous à l’opéra de Nice à 16 heures. Pour en savoir plus : 06 09 88 85 05

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

Alain Lestié - Pour Suite

Entrer dans l'univers d'Alain Lestié, c'est pénétrer dans un clair obscur ou l'ombre et la lumière se situent entre réel et abstraction, c'est se fondre dans un environnement presque magique ou les noirs, les gris et les blancs composent une atmosphère à la fois irréelle et familière, une expérience de pensée, à partir de phénomènes purement mentaux... C. D.

Alain Lestié, Route nocturne, 134 x 40 cm
La raison chancèle... La raison qui cherche à voir et à mettre de l'ordre. Qu’il s’agisse de l’ordre dans la dis- position des objets, de celui de la logique, ou de celui de la narration, aucune réponse. Ou trop de réponses. La raison chancèle, le questionnement s'agite et l'imagination s'emballe. Le "sujet" se dérobe. Le sujet: en- tendons bien, à propos de Lestié, le pluriel de ce mot. Le sujet: ce dont il est question, la peinture; celui qui énonce la question, le peintre; celui qui se pose la question, le regardeur... Voici une peinture qui n'est donc pas sans sujet. Voici une peinture qui met le sujet en question. Raphaël Monticelli (extrait de «Un art de la déroute»)

D’œuvre en œuvre, de prise en prise, de déprise en reprise, Alain Lestié tient tête au jour, au monde, à ce qui en face toujours se dresse au nom d’un inconnu à jamais inconnu, l’ouvert d’un rien, l’éclaircie d’un bond, d’un saut de côté....
A persister comme le fait Alain Lestié cela fait signe non vers un épuisement du désir, une faillite de l’énergie mais au contraire affirme une fidélité à l’acte de création quand il cherche à en finir avec l’illu- sion. Alors un désir se déploie dans l’espace de la composition. Alain Freixe (extrait de «Révocation de la grande image»).

Exposition jusqu’au 30 novembre 2013 - 18 avenue des fleurs 06000 Nice - Tél 04 93 96 40 96 - galerie.depardieu@orange.fr

lundi 14 octobre 2013

Lionel Scoccimaro dans l'Espace à Vendre

Pour l'exposition inaugurale de la galerie d'art contemporain , 2, rue Assalit à Nice, l'Espace à Vendre renoue avec l'artiste marseillais Lionel Scoccimaro en collaboration avec la galerie Robert, Paris.

Lionel Scoccimaro s'intéresse à la surface de la sculpture, il s'inscrit dans une esthétique d'après la modernité, mais qui n'est pas "post-moderne" au sens d'une appropriation parodique des formes passées. 

Lionel Scoccimaro, Buche, 2013, hetre, peinture de carrosserie, vernis et acier chrome 65X15X15 cm
Il nous fait entrer de plain-pied dans des cultures de l'objet industriel, du jeu, de la surface, en allant puiser ses images dans les cultures marginales, minoritaires ou encore populaires.

Ce qui renvoie la lumière fait exploser la matière et la densité de l'objet. Lionel Scoccimaro s'intéresse à la peau. Il retrouve en cela la passion pour la patine d'un Brancusi...

Dans cette exposition l'artiste nous évade par l'épurement. . Pour maîtriser le hasard il choisit l'équilibre. Des oeuvres mystérieuses d'une élégance ravageuse..

Simone Dibo-Cohen

jeudi 10 octobre 2013

Cocteau : une carrière éblouissante au fil des rencontres.

Il y a cinquante ans, le 11 octobre 1963, Jean Cocteau va disparaître. Il est dans sa maison à Milly-la-Forêt et il déclare « C'est le bateau qui achève de couler. C'est ma dernière journée sur cette terre ». Il est treize heures. Il a appris que le matin à sept heures, à Plascassier, Edith Piaf venait de mourir. Edith sa grande amie, qu’il avait fait débuter au théâtre dans « Le bel indifférent ». Le poète n’est plus.

Né en 1889 à Maisons-Laffitte, Jean Cocteau sera traumatisé par le suicide de son père et deviendra un élève médiocre au point de rater deux fois son bac. Mais dès 1908, il n’a que dix-neuf ans, on donnera une matinée poétique avec ses œuvres au théâtre Femina. A partir de ce moment-là il va vivre au hasard de ses rencontres avec des artistes exceptionnels.


Tout d’abord les russes : Serge Diaghilev, Nijinski. Puis il collabore à la création du Dieu Bleu sur la musique de Reynaldo Hahn et enfin à « Parade » le ballet réalisé avec les décors et les costumes de Picasso. Il va participer au mouvement Dada et sera le porte-parole du groupe des Six.

En 1918 Max Jacob lui présente Raymond Radiguet. Cocteau ne le quitte plus et fera tout pour que « Le diable au corps » soit publié chez Grasset. Il n’ira pas à son enterrement et plongera dans l’opium, habitude qu’il a prise avec à l’opéra de Monte-Carlo lors d’une tournée des ballets russes. Pour se sevrer il écrira alors son livre le plus célèbre : « Les enfants terribles ». Le livre est inspiré de la rencontre avec la famille Bourgoint qui a eu lieu à l’hôtel Welcome à Villefranche-sur-Mer.

En 1930 il a une liaison avec la fille d’un grand-duc de Russie. Elle tombe enceinte mais se fait avorter, probablement par nécessité, du fait de la consommation de l’opium. Cocteau accuse Marie-Laure de Noailles d’avoir provoqué cet avortement.

Trois ans plus tard il prend un compagnon, Marcel Kill (de son vrai nom Mustapha Marcel Khelilou ben Abdelkader), qu’il fera jouer dans « La machine infernale ». Ils partiront faire le tour du monde et Cocteau écrira alors « Mon premier voyage ».

Villefranche sur Mer : la rue obscure
Au retour il entretient des relations avec Jean Marais et avec Edouard Dermit qui devient son fils adoptif et son amant. Edourd Dermit, surnommé Doudou, épousera un mannequin de chez Dior et sera le légataire universel de Cocteau. Cocteau aura également une liaison avec Panama Al Brown, un boxeur noir panaméen très célèbre en Europe qui se produira même dans la « Revue nègre » de Joséphine Baker.

Son attitude pendant la guerre de 39 est ambiguë ; il est profondément pacifiste, mais il accueille à Paris Arno Breker le sculpteur du troisième Reich et protégera sa consœur Leni Riefenstahl après la guerre. Lorsque « La machine à écrire » sera interdite en 1941, la propagande allemande interviendra pour la faire représenter.

Dans les années cinquante il est devenu célèbre. Il va même présider deux années de suite le festival de Cannes. Il rencontre alors Francine Weisweiller, l’épouse de l’héritier Shell. Il passe quelques jours à Santo Sospir au cap Ferrat et dessine un apollon sur les murs de la villa. Matisse lui conseille de continuer et il couvrira tous les murs. Trois ans avant sa mort il tournera « Le testament d’Orphée » financé par François Truffaut.

Santo Sospir à Saint Jean Cap Ferrat
Pour nous, azuréens, Jean Cocteau est très présent. Outre le très beau musée de Menton, on peut visiter la chapelle Saint-Pierre de Villefranche, la salle des mariages de la mairie de Menton et découvrir, en divers endroits, les 300 céramiques qu’il a conçues à Villefranche. Il était particulièrement attaché à Villefranche-sur-Mer puisqu’il disait « Quand je vois Villefranche, je revois ma jeunesse, fasse les hommes qu'elle ne change jamais ». Sur sa tombe il est écrit « Je reste avec vous ». Il est là.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

mardi 8 octobre 2013

Le Paraphile de Loïc Swiny

Inauguré le 10 mai dernier, " Le 22 " est un nouvel espace d’art contemporain situé au cœur du quartier Libération à Nice.

Dans le cadre de sa programmation, " Le 22 " présentera du 18 octobre au 8 novembre 2013 un évènement consacré au design graphique et proposera de découvrir " Le paraphile", projet iconographique de Loïc Swiny dédié à l’univers des paraphilies.



Issu des pratiques liées aux nouveaux médias, le projet visuel de Loïc Swiny, designer graphique de profession, s’inscrit dans la mouvance du data-art.

Dans la lignée de ce mouvement d’expression info-artistique, Loïc Swiny a élaboré à partir d’une nomenclature " exhaustive " des pratiques sexuelles dites " inhabituelles " une série de graphismes épurés proches du logotype.



Initié par la rencontre entre Loïc Swiny et le psychothérapeute comportementaliste Fabien Berrais, ce projet propose de donner une définition graphique, terminologique et étymologique pour chacune des paraphilies présentées.


A l’occasion du vernissage, qui aura lieu le vendredi 18 octobre 2013 à partir de 18h30, " Le 22 " présentera une sélection de tirages uniques issue de cette série ainsi que l’ouvrage en édition limitée* compilant les 133 visuels.


Cet évènement est proposé en partenariat avec Espace A VENDRE

" Le 22 ", 22 rue de Dijon, 06000 Nice - Tram Libération – Parking Gare du Sud
Tel : 06 78 99 22 61 - Mail : contact@le22ruededijon.com

mercredi 2 octobre 2013

Rêverie pour un futur au château de Carros

Le 10 mai 1940, à l’aube, Bruxelles fut bombardée par les nazis. Jean Raine, belge, va s’en souvenir en 1983 et réaliser une série de huit toiles, où dans un délire coloré et violent apparaissent des croix gammées. La série est en place au château de Carros pour cette exposition exceptionnelle conçue par Marcel Bataillard et Frédérik Brandy, le directeur du CIAC.

Jean Raine - "Les évidences non évidentes"
Jean Raine fut un autodestructeur, il se considérait probablement comme un artiste maudit. La peinture va être pour lui l’ouverture vers la lumière, un moyen de dire, d’exprimer une souffrance interne, profonde. Mais c’est également un homme de l’écrit et les titres de ses tableaux complètent l’œuvre elle-même, en y apportant souvent de la dérision, de l’humour même, mais toujours une explication complémentaire de la toile ou du dessin. Aux Etats-Unis, perdant suite à un accident la vision de la couleur, il va se rabattre sur le noir et blanc et acquérir encore plus de force dans ses traités de l’image.

Jean Raine
Son œuvre c’est le chaos. Pas un instant de relâchement, de détente ; non, bien au contraire une violence permanente avec des traits noirs, épais qui recouvrent souvent des couleurs vives pour créer une nature sans repos et sans tendresse. Peu d’espaces libres, pas de calme : une toile intitulée « Passion en forme de cauchemar » semble être la quintessence de cet artiste victime des ses propres relations conflictuelles. Une visite s’impose véritablement au château de Carros et la découverte de Jean Raine sera violente, certes, mais remuera votre for intérieur.

Jean Raine
Le CIAC a choix d’accompagner cette exposition par de jeunes artistes. Oan Kim est musicien et il fut le leader d’un groupe nommé « Film noir ». Est-ce une coïncidence avec ses photos en noir et blanc qui décrivent une ville fantôme ou errent parfois un chien, et au loin un personnage totalement dominé par son environnement ? Un cadrage très cinématographique s’allie à des blancs trop blancs et à des noirs très noirs. Des murs en béton, une flaque d’eau et un univers est créé, qui s’il rentre en contradiction avec la violence de Jean Raine, le rejoint dans une forme de désespérance engendrée par le vide urbain. Oan Kim admire De Chirico et le dépeuplement est parfois comparable.

Oan Kim
Tous ces mondes sont en perpétuelle mutation et Jérémie Bennequin va les faire disparaître. Il efface le texte de la recherche du temps perdu à coup de gomme depuis dix ans. Les petits feuillets sont exposés sur un mur. Mais pourquoi effacer Proust ? Peut-être parce qu’on l’a compris, que le temps passe, et que l’action même recrée une nouvelle poésie. L’effacement génère de la poussière et elle est présente soit en tas, soit enfermée dans de petits flacons. On passe du livre-objet au texte-objet. Sa disparition des pages imprimées engendre une matérialisation de l’impression qui laisse place à la mémoire, donc au rêve et à l’imaginaire.

Jérémie Bennequin
« Rêverie pour le futur » est en place au château de Carros cet automne. Une sortie qui ne vous laissera pas insensible.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

Centre International d’Art Contemporain

Château de Carros – Tél : 04 93 29 37 97 - Mail : ciac@ville-carros.fr - fermé le lundi et les jours fériés – 10h-12h30 et 14h-17h30

Etaient présents : Simone Dibo-Cohe, Christian Gallo

dimanche 29 septembre 2013

Une histoire d’amour photographiée

Le Sept Off continue ses vernissages et ses expositions, la dernière en date ayant eu lieu à la chapelle des Pénitents blancs à Vence. D’une part Zia Zeff à la découverte de ses origines sud-américaines qui découvre les chamans de l’Amazonie péruvienne, et de l’autre Zàira Mantovan avec « le fabuleux destin d’Amélia et Enrico Mantovan ».


C’est une saga familiale, une histoire d’amour entre une mère et son fils, totalement silencieuse (les bouches sont toujours fermées) et qui témoigne d’une foi insoupçonnée. Il n’est plus très jeune et elle est âgée ; on sent qu’entre eux les paroles ont disparu, le simple geste et le regard suffisent pour témoigner de ce cordon ombilical indestructible que même la mort ne rompra pas.

La dernière image, très mise en scène, une piéta, allie le bonheur de l’enfant dans un état presque fœtal et cette mère sans âge aux jambes couvertes de varices et au regard dirigé sur son fils. Là, tout devient éternel.
Hélas, la chapelle des Pénitents blancs est aménagée le long des murs avec des stalles et les photographies sont accrochées au dessus. Des tirages médiocres, ridiculement petits, cloués sur des planchettes en bois, ne mettent pas en valeur ce travail remarquable, cette courte saga familiale, qui mérite beaucoup mieux.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

Chapelle des Pénitents Blancs – Vence – jusqu’au 5 octobre du lundi au samedi

jeudi 26 septembre 2013

Les minéraux à l’origine de l’Art

Conférence par Karine Mari de l’association des Naturalistes de Nice et des Alpes-Maritimes

C'est au Paléolithique supérieur qu'apparaissent les premières formes d'art, par le modelage, la gravure mais surtout par la peinture.

L'homme de Cro-Magnon va inventer un moyen visuel de transmettre un message.
Dés lors l'homme n'aura de cesse de trouver des matériaux colorés et stables dans le temps afin de s'exprimer. Le premier pigment utilisé sera minéral : l'ocre rouge.
Mais très vite les progrès humains et techniques vont permettre la découverte de nouveaux pigments minéraux mais aussi leur transformation. 



Dans un premier temps tout simplement lavés, les hommes vont apprendre à broyer, à chauffer, à associer ces matériaux bruts.
Les Egyptiens, les Grecs, les Etrusques, mais aussi le Moyen-âge occidental et jusqu'à la Révolution Industrielle, chaque époque, chaque civilisation va permettre aux artistes d'enrichir leur palette.

Du bleu d'Alexandrie au jaune de Naples en passant par le vert Véronèse, vous découvrirez au cours de cette conférence comment le règne minéral permit les plus audacieuses créations artistiques...

Maison de l’Environnement - 31 avenue Castellane - 06100 Nice
Entrée libre sur réservation : 04 97 07 24 60

mardi 24 septembre 2013

Le printemps de la Renaissance

La sculpture et les arts à Florence - 1400-1460

Cette exposition, organisée par le musée du Louvre et la fondation du Palazzo Strozzi, retrace la genèse de cet immense mouvement artistique et culturel qui naît à Florence au début du XVe siècle.

Elle présente les oeuvres conçues à partir des innovations majeures, souvent liées à l'antiquité classique, qui transformèrent la conception de l'art en Occident.

La sculpture tient une place majeure dans ce renouveau. C'est le sujet central de cette exposition, 140 oeuvres, qui rassemble de grands chefs-d'oeuvre de la première Renaissance.



Dix sections s'enchainent en mettant l'accent sur les thèmes et les styles, à travers le contexte social et culturel qui sert de matrice aux oeuvres. Et pour permettre de comprendre le secret de l'éclosion de cette Renaissance florentine:

L'héritage des Anciens s'ouvre sur une vue panoramique de la Pré-Renaissance.

L'aube de la Renaissance et La romanité civique et chrétienne démontrent comment la statuaire s'approprie une nouvelle monumentalité et une force expressive nouvelle.

Les spiritelli entre sacré et profane, thèmes majeurs de l'antiquité classique transformés pour ce nouveau langage. Ils deviennent un signe visible du nouveau style.



Les monuments équestres, évoquent de façon spectaculaire le renouveau de ce genre, promis lui aussi à un brillant avenir.

La peinture sculptée et l'Histoire en perspective, linéaire ou atmosphérique qui se conjuguent pour offrir un espace ouvert, rationnel et infini.



La peinture sculptée. La sculpture, et tout particulièrement la statuaire, exerce une profonde influence sur les plus grands peintres du temps.

Diffusion de la beauté et Beauté et Charité. Les nouveaux canons de la sculpture mis au point par les grands maîtres à partir des années 1420 sont représentés dans l'exposition par des chefs-d'oeuvre, comme la "Vierge Pazzi' de Donatello.

De la cité au palais. Les nouveaux mécènes. L'exposition s'achève sur une mutation importante. La composante civique laisse place au mécénat privé qui va jouer un rôle déterminant. Une magistrale galerie de portraits en buste clôture le parcours.

L'exposition qui s'ouvre sur l'évocation de la coupole de Brunelleschi, se clôt avec la maquette en bois du Palazzo Strozzi. Exceptionnel!

Musée du Louvre - Tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 17h45, les mercredi et vendredi jusqu'à 21h45

Celia Mores